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Les déneigeurs sont aussi touchés par la pénurie de main-d’œuvre

Une déneige dans une rue du Vieux-Québec

Certains déneigeurs à Québec vont commencer à baliser dès la semaine prochaine.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

La neige n’est pas encore tombée et les professionnels qui s’occupent de la ramasser se demandent comment ils vont s’organiser pour honorer leurs contrats. Ils ne parviennent pas à recruter.

À l’approche de la saison froide, Jean-Philippe Perron n’est pas tranquille. Le copropriétaire d’Entretien PJP à Beauport, peine à compléter son équipe. Il possède 25 véhicules et il lui faut autant de chauffeurs. Son effectif actuel atteint difficilement la vingtaine.

On envoie des demandes d’emploi, on n’a pas de retour. On met beaucoup d’offres sur Facebook, on investit 150, 200 $ par semaine sur Facebook, mais rien. Même pas de retour de gens qui n'ont jamais fait ça.

Car Jean-Philippe Perron en est au point où il accueillerait à bras ouverts un débutant. Dans ces conditions, le chef d’entreprise a décidé de limiter le nombre de ses clients. Pas le choix!

On mettra pas une machine de plus ou loader les runs plus qu’on est capable d’en faire, prévient-il.

Hausse des prix

Mais pour lui, ce n’est pas une solution satisfaisante, encore moins pérenne.

Si j’ai moins de clients et moins de chauffeurs, mes frais fixes, ils ne diminuent pas. Surtout que cette année, les prix des pièces des machines ont monté encore, quasiment 25 à 30 %. Et là, on a des hausses au niveau du pétrole.

Le déneigeur de Beauport se prépare à revoir ses tarifs. Ce qui se fera au détriment du consommateur.

Le prix d’une petite cour qui est en moyenne de 360 à 375 $ va passer facilement à 400 $ au-dessus.

Un homme pose devant un engin de déneigement.

Jean-Philippe Perron, dans le déneigement depuis 2007, peine à recruter du monde pour l'hiver prochain.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Le cas de Jean-Philippe Perron n’a rien d’exceptionnel. Annie Roy, directrice générale de l’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec (APMLQ), entend régulièrement ce genre d’histoire. On le voit partout au Québec. Saguenay, Montréal, Québec... c’est partout pareil.

Un travail contraignant

Ces dernières années, le salaire des déneigeurs a été réévalué. On est rendu entre 25 et 30 $ de l’heure. Et ça dépend des régions. Si on est à Montréal, c’est plus dispendieux, indique-t-elle.

Pas assez pour convaincre les travailleurs de sortir par mauvais temps aux commandes d’un véhicule afin de dégager les entrées résidentielles et commerciales enneigées. Le métier a ses contraintes.

Jean-Philippe Perron l’admet. C’est rare qu’il neige 40 heures par semaine. Donc on a du mal à donner un salaire de 40 heures garanties à tout le monde.

Annie Roy renchérit : C’est une industrie exigeante. Tu ne travailles pas toute l’année et faut que tu te lèves des nuits, durant les fériés, durant les vacances.

Ce n'est guère compatible avec la tendance du moment. Les gens veulent maintenant de la qualité de vie, travailler pour le même employeur de façon stable, avoir des horaires connus à l’avance. C’est très contre la nature même du déneigement, fait remarquer la DG de l’APMLQ.

Repenser son rapport à la neige

Cette saison, Jean-Philippe Perron compte sur l’indulgence de ses clients, et ce alors qu’ils sont devenus, à l’écouter, très pointilleux.

Ils se plaignent pour des détails. Ils courent après les tracteurs. Des fois, il reste une motte de neige, on n’est pas dans le tour de finition, on va repasser dans une heure ou deux. Mais non, le client veut avoir ça bien cleané quand il tombe 10 cm dans un avant-midi.

Ce qui laisse Annie Roy pensive. La responsable d’association suggère un changement des mentalités. Quand on va ailleurs dans la nordicité, il y a beaucoup plus de tolérance envers la neige que chez nous. On a été gâtés, les Québécois, avec le déneigement.

Une femme en entrevue par visioconférence. On la voit dans une voiture, assise côté passager.

Annie Roy, directrice générale de l’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec, estime que le travail des déneigeurs n'est pas assez reconnu.

Photo : Radio-Canada

D’autant que cet hiver pourrait être moins exceptionnel que celui de l’an passé, qui avait été anormalement doux et peu enneigé.

Dans son dernier rapport paru en août, l’Organisation mondiale de météorologie (OMM) laissait entendre une morte saison plus froide et des précipitations plus importantes, en partie en raison de l’évolution du phénomène La Nina au-dessus de l’océan Pacifique.

Faire une prévision sur l’hiver qui arrive, ça reste très compliqué, et c’est tôt. On a d’autres phénomènes à surveiller dans les prochaines semaines, souligne Jean-Charles Beaubois, météorologue et directeur de MétéoGlobale.

L’OMM publiera son prochain bulletin à la fin du mois.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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