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Grèves tournantes dans les CPE jusqu’à vendredi

« J'aime mon CPE » est inscrit sur une affiche en carton.

Une manifestation en marge de la grève en CPE organisée par la Centrale des syndicats du Québec, au parc des Faubourgs à Montréal, le 12 octobre 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La semaine s’annonce laborieuse pour les parents de jeunes enfants québécois, puisque près de 200 centres de la petite enfance (CPE) seront en grève au cours des prochains jours.

Mardi et mercredi, ce sont d’abord les travailleuses syndiquées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui seront en débrayage pour les deux premières journées d'un mandat de six jours de grève.

Mardi, la grève tournante touche Montréal, Laval, Lanaudière, la Montérégie et l'Estrie. Celle-ci se déplacera mercredi dans les régions de Québec, de Chaudière-Appalaches et de l'Abitibi.

Au total, 110 installations seront fermées et plus de 8000 enfants seront privés de service au cours de cette première vague de débrayages. Environ 3000 éducatrices en garderie seront en grève au Québec.

Jeudi et vendredi, ce sera au tour de 11 000 syndiquées de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliées à la CSN, d’entrer en grève partout au Québec.

D’autres fermetures de CPE sont aussi à prévoir lundi et mardi prochain, les 18 et 19 octobre, car ce seront les travailleuses de services de garde affiliées à la FTQ qui tiendront les deux premiers jours de grève d’un mandat de 10 jours.

Les éducatrices souhaitent intensifier la pression pour faire entendre leurs revendications tandis qu'elles négocient actuellement leur nouvelle convention collective avec le gouvernement du Québec.

Grève dans les CPE dans plusieurs régions du Québec

Salaires trop bas et conditions épuisantes, disent les syndiquées

Les syndicats réclament de meilleurs salaires pour les éducatrices, mais aussi pour tout le personnel des CPE.

Actuellement, ce qui est envisagé, c’est 2 % par année [sur trois ans] pour toutes les travailleuses dans les CPE et un supplément de 6 % pour les éducatrices. Donc, on est loin du coup de barre qu’il faut donner dans notre réseau pour améliorer les conditions de travail, indique la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, Valérie Grenon.

« C’est pour dire non aux offres du gouvernement qui nous offre actuellement 50 ¢ de l’heure par année en augmentation. C’est insuffisant. »

— Une citation de  Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec
Des enfants d'âge préscolaire passent avec leur éducatrice devant la manifestation.

Une manifestation en marge de la grève en CPE prévue par la Centrale des syndicats du Québec, au parc des Faubourgs à Montréal, le 12 octobre 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La CSQ demande pour sa part des augmentations allant de 21 % à 27 %, selon le corps d’emploi et l’échelle salariale.

Un peu plus pour attirer la relève. Et jusqu’au top de l’échelle, on parle de 21 % d’augmentation, précise Mme Grenon, qui fait remarquer qu’avec un diplôme d’études collégiales, les éducatrices de CPE commencent au bas de l’échelle salariale à 19 $ l'heure. Au dernier échelon, elle gagnent 25,15 $/h.

On est le DEC le moins bien payé au Québec. […] C’est clair qu’il n’y a rien d’attirant avec le salaire qu’on offre dans notre réseau, dénonce-t-elle, rappelant que plusieurs CPE doivent actuellement fonctionner avec des interruptions de service en raison du manque de personnel.

On appelle les parents pour leur dire qu’on ne peut pas accueillir leurs enfants. C’est du jamais vu, déplore-t-elle. Elle rappelle que selon les estimations, il manquera 13 000 éducatrices dans les cinq prochaines années pour répondre aux besoins des familles québécoises.

La représentante syndicale est toutefois consciente que ces demandes sont exigeantes. Elle juge néanmoins que Québec a les moyens de les satisfaire grâce à l’entente conclue avec Ottawa, qui s'est engagé à injecter 6 milliards de dollars d'ici cinq ans dans le système de garderies subventionnées de la province.

Gabriel Nadeau-Dubois dans une manifestation.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, lors d'une manifestation en marge de la grève en CPE prévue par la Centrale des syndicats du Québec

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les augmentations de salaire ne seront cependant pas suffisantes pour retenir le personnel et en attirer du nouveau, pense Valérie Grenon, qui insiste sur le fait qu’il faut améliorer le soutien fourni aux éducatrices.

Nos intervenantes sont épuisées actuellement. Il y a une hausse d’enfants avec des besoins particuliers [...] et très peu d’éducatrices spécialisées. Et avec la pandémie, nous manquons de préposées. Il faut désinfecter les jouets, désinfecter les locaux. Il faut s’assurer d’avoir du personnel en place pour soutenir nos intervenantes, insiste-t-elle.

On a une clientèle de plus en plus lourde avec des enfants à besoin particulier et on a peu de soutien dans notre travail au quotidien, a renchéri une manifestante.

Plusieurs personnalités politiques se sont jointes aux manifestantes pour les soutenir et appuyer leurs revendications, dont la porte-parole du Parti québécois pour la famille, Véronique Hivon, qui estime que ça n'a aucun sens ce que l'on vit dans le réseau. La députée a rappelé que les centres de la petite enfance sont l'un des joyaux du Québec.

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s'est aussi déplacé pour marcher aux côtés des éducatrices et dénoncer les offres qui leurs sont faites par le gouvernement Legault.

« Les travailleuses que j’ai rencontrées aujourd’hui m’ont parlé de la proposition du gouvernement de leur ajouter du temps supplémentaire, voire du temps supplémentaire obligatoire. On l’a vue ce que ça a fait en santé. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, chef parlementaire de Québec solidaire

Depuis trois ans, avec le gouvernement de la CAQ, non seulement il ne crée pas de place dans les services de garde, [mais] les éducatrices et les intervenantes sont laissées à l’abandon, a pour sa part déploré le député libéral Marc Tanguay, porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille.

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