•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des bouchers débordés en plein cœur de la saison de la chasse

Des pièces d'orignaux en chambre froide

En plus du temps de dépeçage, les boucheries doivent aussi prévoir beaucoup d'espace pour refroidir et laisser vieillir les quartiers d'orignaux. (archives)

Photo : Radio-Canada

Des bouchers spécialisés dans le débitage du gibier doivent refuser des clients en pleine saison de l'orignal. Alors que la chasse connaît une grande popularité, la profession manque de relève.

Comme à chaque automne, Robin St-Gelais, propriétaire de Dépeçage La Bête à Matane, est occupé du matin au soir à entreposer, débiter, emballer et livrer les originaux de ses clients.

Cette année, il remarque une augmentation marquée du nombre de clients provenant de l’extérieur.

S’il pense que le service de qualité qu’il offre aux chasseurs contribue à la popularité de son service, il reconnaît aussi que la rareté de débiteurs y est pour quelque chose.

On constate aussi que dans le milieu, il y a des centres de débitage qui n’ont pas ouvert cette année, indique-t-il.

Robin St-Gelais, copropriétaire de l'entreprise Dépeçage La Bête

Robin St-Gelais, copropriétaire de l'entreprise Dépeçage La Bête. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Alors que la récolte d’orignaux à l’arc a été relativement faible en 2021 selon M. St-Gelais, il prévoit beaucoup d’abattage à la carabine, dont la saison a lieu un peu plus tard.

On s’attend encore, comme chaque année, à une explosion des abattages et on ne pourra pas répondre aux demandes de tout le monde, explique-t-il.

Chaque saison, le boucher doit refuser au moins une cinquantaine de bêtes à débiter. Il indique que les chasseurs doivent souvent sortir de la région pour trouver une boucherie capable de débiter leur prise.

Portrait similaire en Haute-Côte-Nord, où André Morneau, copropriétaire, boucher et charcutier à la Boucherie Escoumins, remarque une demande accrue cette année.

Les Québécois ont décidé d’aller à la chasse dans notre région et on s’est un peu fait prendre, indique-t-il, ajoutant au passage que les prix du débitage ont aussi nettement augmenté.

Le boucher doit refuser environ 25 % des clients potentiels parce qu’en plus du débitage, les boucheries doivent aussi avoir de l’espace pour entreposer les carcasses au froid et pour les laisser vieillir.

Un orignal

Des chasseurs de partout au Québec convergent vers la Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie pour chasser l'orignal. (archives)

Photo : Radio-Canada

À la recherche de relève

Pour André Morneau, le recrutement de travailleurs est un défi de taille. Il travaille présentement seul avec l’autre copropriétaire de sa boucherie.

C’est une période donnée. C’est assez compliqué de convaincre un travailleur de venir s’installer sur la Côte-Nord pour travailler un mois et demi, sans arrêt, explique l’entrepreneur des Escoumins.

Les candidats, en plus d’avoir une formation en boucherie, doivent aussi sortir de leur zone de confort pour travailler le gibier, qui peut se présenter sous différentes conditions.

Du côté de Matane, Robin St-Gelais se considère chanceux puisqu’il est épargné par la rareté de main-d'œuvre. C’est stable, on est chanceux. On n’a pas plus de gens, pas moins, indique le boucher propriétaire.

En moyenne, cinq personnes travaillent simultanément dans sa boucherie. Le boucher prévoit toutefois que globalement, l’offre du service de boucherie ira en diminuant en raison du manque de relève. Faut pas se cacher que les bouchers d’aujourd’hui sont souvent, si je me fie à mes collègues, semi-retraités ou en fin de carrière. Le métier de boucher est en perte de vitesse, observe-t-il.

Tant Robin St-Gelais qu’André Morneau invitent les chasseurs à prévoir le débitage de leur prise, mais aussi de s’assurer de refroidir leur gibier rapidement et de le manipuler dans les règles de l’art pour l’amener en bonne condition à la boucherie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !