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Un programme de traitement de toxicomanie d’Ottawa montre des résultats prometteurs

Boite de médicament "hydromorphone".

Le programme administre de l'hydromorphone, un type d'opioïde injectable, en plus d'offrir un logement avec assistance.

Photo : Radio-Canada / Ashley Burke

Radio-Canada

Un programme unique qui fournit aux utilisateurs d'opioïdes un approvisionnement sécuritaire en stupéfiants de qualité pharmaceutique et un endroit où vivre donne des résultats prometteurs.

Une étude publiée dans l'International Journal of Drug Policy en août décrit plusieurs résultats positifs parmi le premier groupe de participants inscrits au Programme d’opioïdes contrôlés (POC), géré par le Ottawa Inner City Health (OICH), au cours de la première année suivant son lancement en août 2017.

Après un an, plus des trois quarts des 26 participants étaient toujours en traitement, tandis que près de la moitié ont complètement cessé de consommer des opioïdes en vente libre. Près de 60 % des adhérents au programme n’ont jamais fait de surdose.

Les chercheurs ont également mesuré d'autres résultats de bien-être découlant du programme. Environ les trois quarts des personnes passant par le POC ont renoué avec des membres de leur famille éloignés et près du tiers ont commencé à travailler ou étaient inscrits à un programme de formation professionnelle.

Lorsque nous les intégrons au programme pour la première fois, nous leur demandons " Qu'espérez-vous accomplir ? ", a déclaré Amanda LaBelle, infirmière coordonnatrice au OICH qui travaille directement avec les personnes inscrites au POC.

Le succès dans le programme est plutôt fluide. Ce n'est pas toujours à la hausse. Ce n'est pas toujours à la baisse, mais … c'est vraiment gratifiant de voir les gens réussir.

Des opioïdes et un logement

Le programme de traitement de la toxicomanie d'Ottawa se distingue de la plupart des autres au Canada parce qu'il offre un approvisionnement sûr en médicaments ainsi qu’une chambre privée dans un environnement de logement communautaire.

Afin d'adhérer au programme, les participants doivent vivre en situation d''itinérance et souffrir de dépendance aux opioïdes sans ordonnance, tels que l'héroïne ou le fentanyl. Le traitement est spécialement conçu pour les personnes qui ont échoué à d'autres types de programme utilisant par exemple de la méthadone ou du suboxone.

Ce groupe de personnes, il n'y a rien qui puisse les sortir de cette instabilité et de ce chaos autre qu'un programme comme celui-ci, a déclaré le Dr Jeff Turnbull, directeur médical au OICH.

Lorsqu'ils entrent dans le programme, ils reçoivent un approvisionnement contrôlé d'opioïdes injectables de qualité pharmaceutique, soit de l'hydromorphone ou du Dilaudid.

L'homme, qui porte un stéthoscope autour de son cou, s'adresse à un journaliste.

Le Dr Jeff Turnbull, directeur médical au Ottawa Inner City Health, estime que le programme permet aux participants à surmonter «l'instabilité et le chaos». (Archives)

Photo : Radio-Canada

La priorité du programme est la sécurité, souligne le Dr Turnbull, car il accueille certaines des personnes les plus vulnérables de la ville. Une partie de cette sécurité comprend la fourniture d'un approvisionnement en médicaments non toxiques, contrairement à ce qu'ils pourraient autrement acheter dans la rue qui pourrait contenir des substances mortelles telles que le fentanyl.

Des résultats qui répondent aux attentes

Les résultats du programme concordent à ceux provenant des études similaires menées en Colombie-Britannique et à des décennies de recherche menées en Europe, selon Miriam Harris, professeure de médecine à l'Université de Boston et auteure principale de l'étude.

Dans l'ensemble, c'est très prometteur, et j'aimerais vraiment […] avoir accès cet outil pour beaucoup de mes patients qui prennent de la méthadone et du suboxone, a-t-elle déclaré.

Mme Harris a toutefois mis en garde contre une surestimation des résultats, car l'étude reposait sur un petit échantillon et les participants ont tous été sélectionnés à la main par le personnel du OICH.

Reste que pour Mme LaBelle, les résultats positifs comme ceux observés dans la première cohorte du programme sont ce qui rend son travail intéressant.

Ce travail peut être tellement stressant et angoissant, donc, quand vous avez ces petites victoires, il faut les célébrer, a-t-elle déclaré. Je sais que cela aide énormément les gens.

Selon les informations de Ben Andrews de CBC

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