•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination obligatoire : possible pénurie de personnel dans le secteur de la santé

Chargement de l’image

L'obligation de vaccination concerne les foyers de soins de longue durée et les hôpitaux. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le secteur de la santé de l'Ontario se prépare à une possible aggravation des pénuries de personnel en raison de l’arrivée de la date à laquelle la vaccination y devient obligatoire.

La vaccination sera obligatoire pour les travailleurs des foyers de soins de longue durée en Ontario dès le 15 novembre. Elle l'est aussi dans certains hôpitaux de la province. Or, certains intervenants souhaitent que cette obligation soit étendue à l'ensemble du secteur de la santé.

Des centaines de travailleurs ontariens des établissements de soins de longue durée pourraient être suspendus sans solde au cours des prochaines semaines parce qu'ils n'ont pas été vaccinés contre la COVID-19. Cette situation pourrait compliquer davantage la pénurie de personnel.

Selon la présidente d'un syndicat représentant les travailleurs des soins de longue durée, des hôpitaux et des maisons de retraite, il y a un problème de personnel dans le secteur, et il serait dû aux bas salaires, au manque d'emplois à temps plein et aux mauvaises conditions de travail. Or, selon elle la vaccination obligatoire pourrait aggraver la situation.

Cela aura un impact sur les niveaux de dotation en personnel qui sont déjà à un point critique, a déclaré Sharleen Stewart de SEIU Healthcare en entrevue avec La Presse canadienne. Cela a en quelque sorte déclenché une tempête parfaite.

Le personnel des établissements de soins de longue durée de l'Ontario doit se faire vacciner avant le 15 novembre. Les établissements décideront du sort de ceux qui refusent de le faire.

De nombreux établissements avaient déjà pris la décision de rendre la vaccination obligatoire avant la décision de la province et ont déjà commencé à suspendre sans solde les employés qui refusent de recevoir la vaccination contre la COVID-19.

Le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef de la province, a déclaré que l'Ontario surveillait de près la conséquence involontaire des pénuries de personnel liées à la vaccination obligatoire mais a maintenu qu’elle était nécessaire.

Chargement de l’image

Le Dr Kieran Moore est le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Une porte-parole du ministre des Soins de longue durée a déclaré que le ministère collaborera avec les foyers pour fournir des soutiens si nécessaire.

Le syndicat SEIU Healthcare fait partie de ceux qui demandent que la politique s'applique à l'ensemble du système de santé, car il craint que les travailleurs des soins de longue durée non vaccinés ne passent à des domaines connexes.

Un hôpital de Windsor, où une politique de vaccination obligatoire est en vigueur, a annoncé la semaine dernière qu'il avait suspendu sans solde 57 personnes qui ne s'étaient pas fait vacciner avant la date limite fixée. Un groupe d'hôpitaux de la région de Waterloo, en Ontario, a donné au personnel jusqu'à mardi prochain pour se faire vacciner ou être suspendu. L'hôpital Grand River de Kitchener a déclaré vendredi que 93 % de son personnel avait été vacciné avant la date limite, tout en reconnaissant les perturbations possibles à venir.

Nous reconnaissons également qu'il pourrait y avoir un impact sur certains services et sur les temps d'attente et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que nous atténuons cet impact , a déclaré le PDG Ron Gagnon dans un communiqué.

L'University Health Network, qui affiche un taux de vaccination de 97 %, a donné à ses employés jusqu'au 22 octobre pour se faire vacciner ou perdre leur emploi.

Selon la directrice de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, Doris Grinspun, l'impact de la vaccination obligatoire pourrait être atténué si la province appliquait la politique à l'ensemble du système de santé.

Chargement de l’image

Selon Doris Grinspun, des employés qui refusent de se faire vacciner pourraient chercher à travailler où la vaccination n'est pas obligatoire. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Les gens ont besoin de travailler, a déclaré Mme Grinspun en entrevue. Combien vont partir si [la vaccination est obligatoire] à travers tout le système? Où vont-ils aller?

Les syndicats et les employeurs affirment tous deux travailler avec le personnel non vacciné pour surmonter leur hésitation.

Un foyer de soins de longue durée de Toronto a récemment perdu 36 % de ses employés parce qu'ils ont refusé de se faire vacciner.

22 résidents du Copernicus Lodge sont morts en raison de la COVID-19 lors d’éclosions précédentes. Une porte-parole du foyer de Toronto, qui a un haut pourcentage de résidents d’origine polonaise, a déclaré que le fait d'éviter d'autres décès avait motivé la mise en place de la politique de vaccination obligatoire au début du mois de septembre.

Marla Antia a indiqué que 32 des 111 travailleurs qui avaient été mis en congé sans solde ont déclaré avoir reçu au moins une dose de vaccin depuis.

Le foyer prévoit de continuer à organiser des séances de vaccination pour les personnes qui changent d'avis, et n'a pas encore décidé ce qu'il adviendra des personnes qui ne se conforment pas à la loi après la date limite.

Nous avons vu l'aiguille bouger un peu, donc cela nous donne de l'espoir, a déclaré Mme Antia en entrevue. Nous aimerions que tout le monde soit de retour.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !