•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pandémie et hausses de prix coupent le souffle aux banques alimentaires à T.-N.-L.

D'après un organisme terre-neuvien, près de 15 % des ménages de la province vivaient déjà de l'insécurité alimentaire avant le début de la pandémie de COVID-19.

Un homme souriant près d'étagères où sont déposés quelques paquets et boîtes d'aliments.

Jody Williams gère la banque alimentaire Bridges to Hope à Saint-Jean à T.-N.-L.

Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault/CBC

Radio-Canada

Un organisme sans but lucratif à Terre-Neuve-et-Labrador qui milite pour la sécurité alimentaire craint qu'une hausse de l'inflation rende plus difficile l'accès à des aliments nutritifs abordables pour les ménages de la province.

D'après Food First NL, près de 15 % des ménages de la province vivaient déjà de l'insécurité alimentaire avant le début de la pandémie de COVID-19.

La pandémie jumelée à la hausse de l'inflation et des prix des aliments a sans doute aggravé la situation, selon Josh Smee, PDG de Food First NL.

Femme poussant un panier d'épicerie rempli de denrées.

Une femme poussant un panier d'épicerie.

Photo : Radio-Canada

Nous ne disposons pas encore de données fiables quant aux effets du contexte actuel sur les taux d'insécurité alimentaire, mais je crois qu'on peut conclure qu'ils auront bondi, estime Josh Smee.

En août dernier, le taux d'inflation a atteint 4,1 %, le niveau le plus élevé depuis 2003.

Selon Josh Smee, le prix des aliments a grimpé de 5 % en 2021.

Les effets se font déjà sentir à la banque alimentaire Bridges to Hope à Saint-Jean, qui existe depuis 30 ans.

Selon le gérant Jody Williams, l'organisme a récemment vu une hausse notable de nouveaux clients. Or, l'organisme lui-même a de plus en plus de difficulté à fournir de la nourriture à sa clientèle, en raison de la hausse des prix des aliments et d'une baisse des dons de la part d'individus et d'entreprises.

« Nous sommes passés d'une situation où 90 % de nos aliments provenaient de dons, à une situation où nous devons tout acheter.  »

— Une citation de  Jody Williams, gérant, banque alimentaire Bridges to Hope

Cette situation est intenable pour nous à long terme. Je pense aux années qui viennent et je me demande, comment allons-nous faire?, admet Jody Williams.

Une femme d'âge mûr devant une étagère où s'empilent des boîtes de carton.

Madonna Galway est la présidente de la banque alimentaire Northeast Avalon à T.-N.-L.

Photo : Radio-Canada / Henrike Wilhelm/CBC

La banque alimentaire Northeast Avalon à Torbay a réussi à répondre à la demande de boîte de nourriture grâce aux dons provenant d'épiceries et entreprises locales.

Selon la présidente de l'organisme, Madonna Galway, l'accès aux denrées périssables comme les oeufs et la viande est plus difficile.

Je m'inquiète pour Noël, avec les dindes qui se vendent à 60, 70 dollars. Nous avons commencé à solliciter des dons. Nous n'aurons pas les moyens d'acheter des dindes pour 100, 150 familles, reconnaît Mme Galway.

L'organisme doit aussi composer avec une baisse des dons individuels. Madonna Galway dit espérer que la situation s'améliorera et que les gens feront des dons afin que la banque alimentaire puisse en tout temps offrir des boîtes pleines de nourriture, sans attendre les repas de fête de l'Action de grâce ou de Noël.

Prévoir l'avenir

Josh Smee ne s'attend pas de sitôt à voir la situation changer en ce qui a trait aux prix des aliments.

À son avis, plutôt que d'agir sur la hausse des prix, il faudrait intervenir en amont, en haussant le salaire minimum, ce qui pourrait atténuer la pression.

« Les banques alimentaires constituent déjà une solution de fortune. Elles ne peuvent pas répondre aux besoins de sécurité alimentaire dans la province et ce n'est pas leur rôle. »

— Une citation de  Josh Smee, Food First NL
Un homme souriant près d'un micro, devant un mur portant le nom et le logo de l'organisation.

Josh Smee est le PDG d'un organisme qui milite pour la sécurité alimentaire à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault/CBC

Entre-temps, l'organisation Bridges to Hope et son dirigeant Jody Williams fondent beaucoup d'espoir sur des collectes de nourriture qui se tiennent à l'Action de grâce.

M. Willliams ne peut dire pendant combien de temps son organisation pourra continuer à fournir de la nourriture, si le prix des aliments continue à augmenter. Nous avons eu de la chance jusqu'à présent, nous avons réussi à nous accrocher. Mais les trois ou quatre années à venir m'inquiètent.

D'après un reportage d'Henrike Wilhelm, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !