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Éolien : des inquiétudes soulevées par l’Alliance de l’Est

Une éolienne, derrière une rangée d'arbre.

Le dernier projet éolien réalisé dans l’Est-du-Québec est le parc Nicolas-Riou, construit dans la MRC des Basques en 2012. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Roxanne Langlois

Une technicalité dans le processus prévu pour le dépôt de projets de production d'énergie éolienne auprès d'Hydro-Québec préoccupe l'Alliance de l'Est, qui revendique une saine compétitivité entre les promoteurs privés désirant faire valoir leurs initiatives.

Le regroupement a acheminé une lettre à la présidente-directrice générale (PDG) de la société d’État, Sophie Brochu, à la fin du mois de septembre, concernant la plateforme Oasis.

Cette missive est cosignée par le président de la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Simon Deschênes, le président de la Régie intermunicipale de l’énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, ainsi que par le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers.

En entrevue avec Radio-Canada, Michel Lagacé explique qu’Hydro-Québec considère, en quelque sorte, que les projets privés déposés via le portail Oasis seront automatiquement réalisés, ce qui peut poser problème.

Ça fait en sorte que lorsqu’arrivent d’autres compétiteurs, d’autres promoteurs privés qui pourraient s’allier avec nous pour déposer les projets, Hydro-Québec fait comme si elle devait construire à nouveau des lignes de transport. Il y a des coûts d’interconnexion qui sont très dispendieux, vulgarise Michel Lagacé.

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé.

Michel Lagacé, est également maire de Saint-Cyprien et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup. (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

En conséquence, les nouveaux projets qui pourraient être soumis deviennent ainsi, selon lui, peu ou pas compétitifs.

L’Alliance demande donc que les projets déjà déposés dans le système soient retirés d’Oasis en prévision de l’appel d’offres relié à la production de 300 mégawatts d’énergie éolienne, qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année par Hydro-Québec.

Si ce n’est pas le cas, le blocage appréhendé deviendra réalité, ce qui ramènera les régions et les communautés à la case départ, peut-on lire dans la lettre dont Radio-Canada a obtenu copie.

Les trois élus à l’origine de la missive soulignent d’ailleurs leur inquiétude et rappellent la capacité restreinte du réseau de transport dans l’Est-du-Québec.

Des préfets prennent la pose pour la photo.

Des préfets de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent prenaient la pose, en juillet dernier, à l'issue d'une rencontre portant sur le projet éolien que souhaite déposer l'Alliance de l'Est à Hydro-Québec. (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Ils demandent donc que les coûts d’intégration au réseau d’Hydro-Québec, ainsi que les coûts de transport de l’énergie en provenance des projets éoliens, ne soient pas pris en compte dans l’analyse des soumissions.

De l’espoir pour l’Alliance de l’Est

L’Alliance de l’Est espère profiter du prochain appel d’offres d’Hydro-Québec, annoncé en juillet dernier. On est en discussion avec de nombreux promoteurs privés, qui veulent s’associer avec l’Alliance de l’Est et les MRC de l’Islet et de Montmagny, pour déposer des projets, rappelle Michel Lagacé, enthousiaste.

En juillet, plusieurs entreprises avaient déjà manifesté leur désir de s’associer aux municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine pour remporter cet appel d'offres.

« Gagner 300 mégawatts, ce serait excellent pour le Bas-Saint-Laurent et pour la Gaspésie, de même que pour les MRC de l’Islet et de Montmagny. »

— Une citation de  Michel Lagacé, président de la Régie intermunicipale de l’énergie du Bas-Saint-Laurent

Québec prévoit que les entités publiques, comme les MRC ou les municipalités, participeront à hauteur d'environ 50 % des projets proposés lors de l'appel d'offres. L'autre moitié sera assumée par un partenaire privé.

L’Alliance aimerait également profiter du contrat récemment conclu entre Hydro-Québec et New York. Je dirais que pour tout ce qui va se présenter, on va être présents, résume M. Lagacé.

Hydro-Québec réagit

De passage au début du mois au congrès de la Fédération québécoise des municipalités, la PDG d’Hydro-Québec Sophie Brochu a confirmé à Radio-Canada avoir reçu la lettre de l’Alliance de l’Est.

On a un processus d’appels d’offres et on invite les promoteurs du Québec à déposer des soumissions. Nous, on encadre ça avec une grille de pointage qui est soumise à la Régie de l’énergie [du Québec], indique la dirigeante d’Hydro-Québec.

Sophie Brochue, photographiée dans un corridor du Centre des congrès de Québec.

Sophie Brochu, photographiée lors de son passage au congrès de la Fédération québécoise des municipalités du Québec, événement durant lequel la gestionnaire a notamment fait une allocution.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Mme Brochu invite les personnes intéressées à s’exprimer quant aux critères en vigueur à le faire auprès de
cette régie.

On ne peut pas dire qu’on ne prendra pas en compte les coûts d’interconnexion. Ce serait faire fi d’une réalité qui est importante. Comme je vous dis, Hydro-Québec va aller au bout de son processus d’appel d’offres et on va voir où l’on est rendus, mentionne la gestionnaire.

L’Alliance de l’Est n’avait pas eu, samedi dernier, de retour de la société d’État relativement à sa lettre.

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