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Éthiopie : offensive de l’armée contre les rebelles tigréens en Amhara

Des hommes armés à bord d'un camion.

Des membres de la milice de la région d'Amhara, en Éthiopie

Photo : Reuters / TIKSA NEGERI

Agence France-Presse

Les forces gouvernementales éthiopiennes et des milices régionales alliées ont engagé une offensive aérienne et terrestre contre les rebelles tigréens dans la région d'Amhara, voisine de celle du Tigré, en guerre, ont indiqué vendredi à l'AFP des sources humanitaires et tigréennes.

Les opérations militaires se déroulent dans diverses zones de la région depuis jeudi, ont indiqué des sources humanitaires sous le couvert de l'anonymat, dans un contexte de craintes croissantes d'une possible reprise des combats au Tigré.

Il s'agit d'une offensive massive, a indiqué Getachew Reda, le porte-parole des rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), en conflit depuis 11 mois dans le nord de l'Éthiopie avec les forces gouvernementales.

L'offensive inclut des bombardements d'artillerie et aériens, notamment par drones, a ajoute Getachew Reda en dénonçant une concentration de dizaines de milliers de troupes en Amhara, notamment dans les zones de Gondar et de Wollo.

Nous sommes prêts à faire face à cette offensive sur tous les fronts. Nous tiendrons nos positions jusqu'à la levée du siège, a-t-il ajouté.

Des responsables de la région d'Amhara ainsi que des sources fédérales et militaires n'ont pas répondu aux demandes de commentaires sur ces offensives, qui n'ont pu être vérifiées de manière indépendante par l'AFP.

Lundi, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a été investi pour un nouveau mandat de cinq ans, et si la guerre au Tigré suscite de sévères critiques, notamment de Washington, un allié d'Addis-Abeba, le premier ministre a promis de ne pas plier malgré la pression internationale.

Aucune amitié ne devrait se faire au prix du sacrifice de l'honneur de l'Éthiopie.

Une citation de :Abiy Ahmed, premier ministre éthiopien

Le Tigré est en proie aux combats depuis novembre, quand Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, y a envoyé l'armée éthiopienne pour renverser les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti longtemps au pouvoir à Addis-Abeba, qu'il accuse d'avoir orchestré des attaques contre des camps militaires fédéraux.

Le conflit s'est enlisé durant plusieurs mois, avant que les combattants pro-TPLF reprennent de manière inattendue le contrôle de la région fin juin et que les troupes gouvernementales s'en retirent largement.

Depuis, les combats ont gagné les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. Le Tigré est soumis à ce que l'ONU qualifie de blocus humanitaire de facto, alimentant les craintes d'une famine de grande ampleur à l'image de ce qu'avait vécu l'Éthiopie dans les années 1980.

Des spéculations ont récemment émergé sur une possible offensive gouvernementale avec la fin de la saison des pluies et une mobilisation massive dans tout le pays, notamment dans la région de l'Amhara.

Jeudi, le porte-parole de cette région indiquait sur Twitter : Attendu qu'une opération pour libérer notre peuple en difficulté à cause des terroristes du TPLF peut être menée à n'importe quel moment, sur tous les fronts, nous devons être vigilants 24 heures sur 24.

Mouvement vers l'indépendance

Parallèlement, les habitants de six zones administratives de la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (SNNP) ont approuvé massivement, lors d'un référendum en septembre, leur séparation de celle-ci et leur regroupement au sein d'une nouvelle région du Sud-Ouest, selon les résultats annoncés samedi par la radiotélévision Fana BC, affiliée à l'État.

La Chambre haute du Parlement doit désormais entériner la création de cette 11e région du pays, lequel est gouverné selon un système de fédéralisme ethnique au sein duquel les régions, découpées sur des bases ethniques, sont dotées d'une large autonomie.

Les réformes lancées à son arrivée au pouvoir en 2018 par Abiy Ahmed, nommé premier ministre au terme de grandes vagues de manifestations contre le pouvoir fédéral, ont ravivé les tensions régionales, notamment les ambitions autonomistes en SNNP, mosaïque d'ethnies.

La Constitution éthiopienne permet à tout groupe ethnique de réclamer un référendum pour former une nouvelle région, mais le gouvernement fédéral a longtemps refréné toute velléité en ce sens, parfois violemment.

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