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La spiritualité innue prend racine au CHUL

L'arbre situé à quelques mètres de l'entrée du CHUL a été l'hôte d'une cérémonie, samedi.

L'arbre situé à quelques mètres de l'entrée du CHUL a été l'hôte d'une cérémonie, samedi.

Photo : Radio-Canada

La spiritualité autochtone prend officiellement racine au CHUL. Une cérémonie a sacralisé un arbre sur le terrain du centre hospitalier de Sainte-Foy, samedi matin, en mémoire de la guérison d’un nouveau-né innu qui a échappé à la mort après que son père ait prononcé ses prières au frêne.

Le CHU a décidé d’honorer le jeune miraculé et de rendre hommage au personnel qui l’a sauvé. Une plaque, placée devant l’arbre aux feuilles jaunies par l’automne qui pousse à quelques mètres de l’entrée du CHUL, commémore désormais l’événement.

À Sept-Îles, le 5 décembre 2011, naissait BB Lucien St-Onge en détresse. Il est réanimé et, d’urgence, transféré au CHUL de Québec, commence ainsi l’histoire.

Une plaque commémorative avec, au bas, la photo d'un enfant innu en habit de neige.

La plaque commémorative rappelle le recueillement et la ténacité du père de BB Lucien au moment où son fils reposait entre la vie et la mort.

Photo : Radio-Canada / Félix Morrissette-Beaulieu

Pendant que son fils à peine né luttait déjà pour sa vie, le père de BB Lucien St-Onge, Joachim, se recueillait chaque jour devant l’arbre, implorant l’esprit du créateur de faire preuve de miséricorde, déposant du tabac au pied du tronc en guise d’offrande.

L'arbre a procédé au message pour le créateur, parce que c'est le créateur qui décide de tout dans nos vies, raconte le grand-père du jeune garçon, Lucien St-Onge. C'est lui qui donne la vie aussi.

Le projet de sacralisation a commencé par une lettre, envoyée par la grand-mère de BB Lucien, Caroline, au maire Régis Labeaume. Ce dernier a reçu chaleureusement la demande, mais a indiqué que l’arbre se trouvait sur le terrain du CHUL. La grand-mère s’est alors adressée au CHU de Québec : dès le lendemain, elle recevait une réponse favorable.

Des gens, de dos, se recueillent autour d'un grand arbre situé à proximité d'un hôpital.

La famille de BB Lucien St-Onge et des représentants du CHU de Québec se recueillent autour de l'arbre sacralisé.

Photo : Radio-Canada / Félix Morrissette-Beaulieu

Ç’a été, pour nous, une démarche éducationnelle absolument incroyable, rapporte Martin Beaumont, le PDG du CHU de Québec. Une période d’apprentissage et une prise de conscience importantes, poursuit-il.

D’autant plus que les ponts sont à bâtir entre les peuples autochtones et le réseau de la santé québécois, encore marqués par le décès de la patiente atikamekw Joyce Echaquan, décédée à l’hôpital de Joliette sous les insultes des infirmières responsables de la soigner.

Un lieu d'espoir et un symbole de réconciliation

Au cours de la cérémonie de sacralisation, de la nourriture et des objets rituels ont été déposés au pied du frêne pendant que les discours, les prières et les chants autochtones s’envolaient vers sa cime.

C’est une petite cérémonie pour honorer l’arbre, explique Lucien St-Onge.

« Les autochtones, bien des fois, il n'y a pas de place dans les hôpitaux. Il y a des chapelles, oui, mais dans le contexte qu'on a vécu avec les missionnaires et tout ça, il y a, des fois, des gens qui sont un peu perdus. »

— Une citation de  Lucien St-Onge
Une femme innue chante devant un arbre pendant que ses proches se recueillent autour d'elle.

La cérémonie a eu lieu à quelques pas du manoir Ronald McDonald situé près du CHUL.

Photo : Radio-Canada / Félix Morrissette-Beaulieu

Il aimerait d’ailleurs que de tels lieux de recueillement, sacrés en vertu des croyances autochtones, se multiplient dans l’ensemble des hôpitaux du pays.

De bébé miraculé à garçon enjoué

Grâce au dévouement du personnel soignant du CHUL, le jeune Lucien St-Onge, aujourd'hui, porte fièrement sa casquette du Canadien de Montréal en embrassant la plaque commémorative qui raconte ses premières heures de vie.

En raison de la détresse qu’il a vécue à la naissance, il porte quelques séquelles de son expérience. Mais le pire a pu être évité.

Une famille entoure un jeune innu, debout derrière une plaque commémorative plantée devant un arbre.

La famille de BB Lucien St-Onge participe au dévoilement du la plaque commémorative qui salue le dévouement du personnel du CHUL et qui souligne le caractère sacré du frêne.

Photo : Radio-Canada / Félix Morrissette-Beaulieu

Mon fils a dit : ‘’je demande juste une chose du créateur, c'est qu'il puisse se nourrir par lui-même'', se rappelle le grand-père du garçon. Qu'il ne puisse pas marcher, tous les handicaps dont ils nous ont parlé, ça n'a pas d'importance parce qu'il va être bien dans notre communauté, dans notre famille. Il va être heureux.

Aujourd’hui, BB Lucien marche, court - et se nourrit sans aide.

La communauté innue de Maliotenam a remis au CHUL, en guise d’amitié, un grand capteur de rêves dont le centre tressé rappelle la silhouette d’un arbre.

Il trônera, a promis le PDG du CHU de Québec, près des nouveau-nés et de leurs parents qui fréquentent le CHUL, dans l’unité d’obstétrique. 

Avec les informations de Félix Morrissette-Beaulieu

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