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Qu’arrivera-t-il au budget de la police d’Edmonton après les élections?

Une voiture du Service de police d'Edmonton.

Le budget de la police d'Edmonton est la plus grande dépense municipale, comptant pour environ 15,7 % du budget de la Ville en 2021.

Photo : Radio-Canada

Malgré moult débats et recommandations, la question d’un possible gel du budget de la police d'Edmonton est restée irrésolue à l’approche des élections municipales. Le prochain conseil municipal devra se pencher sur la question avant avril. Coup d'œil sur ce qu’en pensent certains candidats.

Faut-il ralentir l’augmentation du budget du Service de police d’Edmonton (EPS), geler ce budget ou même le diminuer afin de redistribuer une part des fonds à des services sociaux et de prévention?

Parmi les principaux aspirants à la mairie d’Edmonton, Mike Nickel a la réponse la plus claire : non.

Avec la hausse des crimes violents dans notre ville, il est complètement irresponsable de suggérer qu’il faut définancer la police, déclare-t-il.

En tant que conseiller municipal sortant, il a également voté contre toutes les motions qui visaient à limiter ou réduire l’augmentation prévue au budget de l’EPS cet été.

Une photo de Mike Nickel, avec le slogan écrit en grosses lettres.

« Définancer la police? C'est non », clame Mike Nickel dans une image qu'il a partagée sur Twitter.

Photo : Twitter / Mike Nickel

Ses adversaires ont pour la plupart des positions plus nuancées, souvent absentes des plateformes publiées en ligne.

Questionné à ce sujet, Amarjeet Sohi reconnaît que la police se retrouve souvent occupée par des appels auxquels des organismes communautaires pourraient mieux répondre.

Il croit qu’il faut investir dans [les organismes et les gens] qui s’attaquent aux problèmes sociaux, pour alléger la pression sur les services policiers et leur permettre de se concentrer sur leurs responsabilités.

Il refuse toutefois de dire s’il serait prêt à redistribuer une partie du financement de la police pour cela. Il dit que tout le budget municipal doit être étudié et évalué de façon holistique et non un item à la fois.

Un politicien sourit.

Amarjeet Sohi a déjà été conseiller municipal avant de devenir ministre sous le gouvernement Trudeau. Il brigue désormais la mairie.

Photo : Twitter / Ressources naturelles Canada

Kim Krushell, pour sa part, propose de revoir l’organisation de la police de fond en comble.

Elle souhaiterait que la Ville d’Edmonton partage sa police et les coûts associés à cette dernière avec les autres municipalités de la région, incluant Leduc, le comté de Strathcona et Saint-Albert entre autres. Ces régions sont présentement desservies par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

[Ce plan] permettra de faire des économies d’échelle et de libérer d’importantes ressources policières qui pourront être redéployées dans d’autres domaines préoccupants, précise-t-elle par courriel.

Tout comme Amarjeet Sohi, elle ne veut cependant pas s’engager à geler le budget de l’EPS tant qu’elle n’a pas eu l’occasion de s’y pencher avec le nouveau conseil municipal.

Michael Oshry, quant à lui, s’engage à réduire l’ensemble des dépenses municipales, mais ne mentionne pas spécifiquement la police sur sa plateforme.

Un budget qui enfle depuis des années

De 2010 à 2020, le budget opérationnel annuel de l’EPS est passé de 237 millions à 373 millions de dollars, soit une augmentation de 57 %.

En mars dernier, un rapport commandé par le conseil municipal soulignait qu’Edmonton dépensait plus par habitant pour la police que des Villes avec des populations comparables, comme Ottawa, Winnipeg et Hamilton À noter que Calgary est une exception et dépense plus que la Ville d'Edmonton.

Ce rapport, intitulé La sécurité pour tous, contenait 14 recommandations pour moderniser l’approche municipale en matière de sécurité publique et de traitement des communautés marginalisées.

Ailleurs sur le web :

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La Ville a été assez rapide à agir sur 13 des 14 recommandations, remarque Irfan Chaudhry, chargé de cours en criminologie à l’Université MacEwan et un des membres du comité de travail qui a rédigé le rapport.

Celle qui est restée sur la table : revoir la formule de financement de l’EPS et geler temporairement son budget pour le ramener à un niveau semblable à celui de villes canadiennes comparables.

Le chef de police d’Edmonton, Dale McFee, a notamment fait part de ses inquiétudes, disant que ça nuirait aux activités de sensibilisation, de prévention et de diversification de l’EPS.

Le candidat Mike Nickel dit également privilégier un retour à une approche de police communautaire pour améliorer les relations entre l’EPS et la population.

Le maire sortant, Don Iveson, a dit que les décisions concernant le prochain cycle de financement de l’EPS devraient être prises par le prochain conseil municipal.

Je suis surpris que ça n’ait pas fait davantage partie des plateformes [électorales] [...] J’étais convaincu que quelqu’un aurait pris cela pour pilier.

Une citation de :Irfan Chaudhry, co-auteur du rapport La sécurité pour tous

Un sujet effleuré pendant la campagne

Brian Breezy Gregg, un artiste habitant Edmonton-Centre, est le seul des huit candidats à la mairie à explicitement parler du financement de la police dans sa plateforme électorale.

Il promet de geler le budget de la police et d’investir dans des stratégies alternatives pour réduire le crime et les problèmes liés aux dépendances et à la santé mentale.

Quelques rares candidats aux postes de conseillers municipaux défendent aussi cette position.

Haruun Ali, qui se présente dans le quartier Papastew, croit que le budget doit même être diminué.

[Il faut] cesser de demander à la police de gérer les problèmes de santé mentale et de société et les laisser se concentrer sur les crimes majeurs et les enquêtes, explique-t-il.

Le financement pour la santé mentale et sociale pourrait être alloué à des organismes qui feraient du meilleur travail.

Cette proposition n’est cependant pas toujours bien accueillie. Lors d’un forum, cette semaine, un électeur a réagi avec une violence surprenante à cette suggestion, raconte le jeune candidat.

Il m’a dit qu’il devrait carrément me défoncer le crâne pour avoir dit ça.

Irfan Chaudhry croit que bien des candidats craignent peut-être de s’engager dans un débat polarisant et incompris par plusieurs citoyens à l’aube du scrutin.

Toutefois, s’ils sont élus, ils seront certainement appelés à prendre position.

L’administration municipale devrait présenter une analyse plus détaillée de la formule de financement de l’EPS et des modifications suggérées par le rapport La sécurité pour tous au conseil municipal au cours du premier trimestre de 2022.

Le prochain cycle de financement de l’EPS commence en 2023.

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