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Vaccination contre la COVID-19 : les paris du Canada ont été payants

Une infirmière portant un masque rose et des gants bleus prépare une dose de vaccin.

Des données canadiennes sur la vaccination contre la COVID-19 indiquent qu'allonger le délai entre deux doses de vaccin a été efficace.

Photo : Reuters / Emily Elconin

Radio-Canada

Les stratégies consistant à allonger le délai entre deux doses de vaccin contre la COVID-19 et à mélanger les types de vaccin administrés ont conduit à une forte protection contre l'infection et l'hospitalisation, même contre le variant Delta, révèlent des données préliminaires de chercheurs du British Columbia Centre for Disease Control (BCCDC) et de l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ).

L'analyse de dossiers de près de 250 000 personnes en Colombie-Britannique entre le 30 mai et le 11 septembre a démontré que deux doses de l'un des trois vaccins contre la COVID-19 disponibles au Canada, soit AstraZeneca-Oxford, Pfizer-BioNTech et Moderna, ont été très efficaces contre l'hospitalisation, à 93 % pour le premier et à 98 % pour les deux autres. La combinaison d'AstraZeneca et de l'un des deux autres vaccins a été encore plus efficace, à 99 %.

La protection contre les infections de ceux qui avaient reçu deux doses du vaccin d'AstraZeneca était quant à elle plus faible, à 72 %, que celle des personnes ayant reçu un vaccin à ARN messager, à 91 % pour Pfizer et à 92 % pour Moderna.

Quant à la protection contre l'infection de ceux qui avaient reçu une première dose d'AstraZeneca et une seconde dose d’un vaccin à ARN messager, elle était aussi bonne que celle des personnes ayant reçu deux vaccins à ARN messager. C'est un résultat très important de cette analyse, affirme la Dre Danuta Skowronski, auteure principale de l'analyse et responsable de l'épidémiologie au BCCDC.

La recherche a également montré que la protection contre la COVID-19 grâce à deux doses du vaccin de Pfizer augmentait considérablement lorsque la première et la deuxième injection étaient espacées. Cette protection était de 82 % après trois ou quatre semaines, de 92 % après sept ou huit semaines et de 93 % après quatre mois.

Afin d'avoir une meilleure idée de l'efficacité du vaccin dans la population générale, les chercheurs ont exclu des données les résidents des établissements de soins de longue durée, qui présentent généralement un risque accru d'hospitalisation et de décès dû à la COVID-19.

Les données québécoises

Au Québec, les résultats d'une autre étude ont été similaires. Sur les 181 personnes décédées de la COVID-19 entre le 30 mai et le 11 septembre dans la province, seules trois avaient été entièrement vaccinées. Selon les chercheurs, sur la base d'une analyse des dossiers de près de 1,3 million de personnes, cela correspond à une efficacité vaccinale contre les décès de plus de 97 %.

À l'instar des données de la Colombie-Britannique, la recherche québécoise a également montré une protection de 94 % contre les hospitalisations avec le vaccin d'AstraZeneca, et de 96 % et 98 % avec Pfizer et Moderna respectivement, contre tous les variants du coronavirus, y compris le Delta. La combinaison d'AstraZeneca et d'un vaccin à ARN messager a fourni de son côté 97 % de protection, d'après l'étude.

« Quel que soit le vaccin que les gens ont reçu, s'ils ont eu deux doses, ils doivent considérer qu'ils sont très bien protégés contre la COVID-19 grave. »

— Une citation de  Le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l'INSPQ

L'analyse québécoise a aussi révélé que les vaccins de Pfizer et de Moderna étaient efficaces respectivement à 90 % et à 93 % pour prévenir la COVID-19, un taux de protection comparable à celui de la combinaison des vaccins d'AstraZeneca et à ARN messager, à 91 %.

Pour les personnes ayant reçu deux doses d'AstraZeneca, l'étude suggère un niveau de protection contre l'infection légèrement inférieur, mais qui reste élevé, à 82 %.

Une troisième dose est-elle nécessaire?

Selon le Dr Gaston De Serres, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) et le Comité d'immunisation du Québec (CIQ) examinent la possibilité d'administrer des doses supplémentaires à ceux ayant reçu deux doses d'AstraZeneca, mais il ajoute que la situation n'est pas urgente étant donné la forte protection contre l'hospitalisation que ce vaccin apporte.

S'il est recommandé de vous administrer une dose supplémentaire d'un vaccin à ARN messager, vous le saurez en temps voulu, assure M. De Serres. Mais sachez que ce que vous avez est encore très bon pour vous protéger contre ce que nous craignons le plus, à savoir la COVID-19 grave.

Pour sa part, la Dre Skowronski croit qu'il faut garder le cap sur l’objectif de préserver la capacité du système de soins de santé et de prévenir les souffrances inutiles.

Nous n'allons pas éviter tous les cas de COVID-19. Notre objectif n'a jamais été de prévenir les reniflements, mais de prévenir les conséquences graves, affirme-t-elle.

Par ailleurs, les données de la Colombie-Britannique et du Québec ne montrent aucun signe de baisse de l'immunité dans la population générale cinq mois après une deuxième dose de vaccin à ARN messager. L'INSPQ estime le maintien d'une protection d'environ 85 % contre l'infection.

L'analyse ne va pas au-delà de cinq mois, mais les chercheurs vont continuer à surveiller l'efficacité des vaccins.

D'après un texte d'Adam Miller, de CBC News

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