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Les talibans demandent à Washington de ne pas déstabiliser leur gouvernement

Des talibans habillés de blanc.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Muhajid, lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Kaboul, le 31 août 2021.

Photo : Getty Images / WAKIL KOHSAR

Agence France-Presse

Les talibans ont exhorté les États-Unis à ne pas « déstabiliser » leur gouvernement à Kaboul, lors des premiers pourparlers directs entre Américains et talibans depuis le retrait de Washington d'Afghanistan, a affirmé samedi à Doha le ministre taliban des Affaires étrangères.

Les États-Unis ont maintenu leurs contacts avec les nouveaux maîtres de l'Afghanistan après leur prise de Kaboul en août, mais ce sera la première réunion qui aura lieu en personne avec deux délégations.

Nous leur avons dit clairement que tenter de déstabiliser le gouvernement en Afghanistan n'est bon pour personne, a affirmé Amir Khan Muttaqi à l'agence de presse afghane Bakhtar.

De bonnes relations avec l'Afghanistan profitent à tous. Rien ne devrait être fait pour affaiblir l'actuel gouvernement en Afghanistan; cela pourrait engendrer des problèmes pour le peuple, a-t-il affirmé dans une déclaration enregistrée.

Ces propos interviennent au premier de deux jours de pourparlers entre les talibans et une délégation américaine au Qatar, sous la direction du représentant spécial adjoint du département d'État américain Tom West et de la chef de l'Agence des États-Unis pour le développement international, Sarah Charles.

Les États-Unis n'ont pour le moment pas commenté les propos du ministre taliban.

L'Afghanistan reste économiquement paralysé depuis l'arrivée des talibans au pouvoir et le gel immédiat de tous les avoirs du pays qui sont dans des banques étrangères et des aides internationales qui le maintiennent sous perfusion.

Au bord d'une grave crise humanitaire, le tiers de la population afghane est menacée de famine, selon les Nations unies.

Pas de reconnaissance du nouveau régime

La rencontre à Doha ne signifie en aucun cas que les États-Unis reconnaissent le régime taliban en Afghanistan, a insisté le département d'État américain.

Nous continuons de dire clairement que toute légitimité doit être méritée par les actions des talibans, a déclaré le porte-parole de Washington.

Les États-Unis comptent d'ailleurs profiter de la rencontre pour en suggérer quelques-unes.

Nous allons pousser pour que les talibans respectent les droits de tous les Afghans, dont les femmes et les filles, et forment un gouvernement inclusif bénéficiant d'un large soutien, a dit le porte-parole.

Au moment où l'Afghanistan fait face à la possibilité d'une grave récession économique et d'une crise humanitaire, nous allons aussi pousser pour que les talibans accordent un libre accès aux zones en difficulté aux agences humanitaires, a-t-il ajouté.

Les représentants américains insisteront également sur la priorité de Joe Biden d'obtenir le départ d'Afghanistan des citoyens américains et afghans ayant aidé l'armée américaine au cours des 20 ans de conflit.

Washington a noté que les talibans ont jusqu'ici coopéré afin de faciliter le départ des ressortissants américains.

Une centaine sont toujours en Afghanistan, pour la plupart des Américains aux liens étroits avec l'Afghanistan et qui n'ont pas encore décidé de quitter le pays, selon des responsables américains.

Le groupe armé État islamique

Cette réunion s'est tenue au lendemain d'un attentat-suicide dans une mosquée chiite de Kundunz revendiqué par le groupe armé État islamique (EI) en Afghanistan. L'attentat a fait plus de 60 morts, le plus meurtrier depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

La communauté chiite du pays, qui représente de 10 à 20 % de la population, est régulièrement visée par des attaques des groupes armés sunnites.

Pour les talibans, cependant, la principale menace vient désormais de l'EI-K (groupe armé État islamique au Khorasan), qui disposerait de 500 à quelques milliers de combattants sur le territoire afghan, selon l'ONU.

Cette organisation sunnite rivale des talibans est résolue à reprendre le monopole de la force et du djihad aux nouveaux maîtres du pays, qu'elle considère comme des apostats.

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