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Le piètre état de l’école Sophie-Barat inspire ses élèves à monter une pièce de théâtre

Des vélos stationnés près de clôtures amovibles à l'extérieur de l'école Sophie-Barat.

Les élèves de l'école Sophie-Barat ont créé un spectacle pour parler de l'état de leur école et de son patrimoine.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despaties

La décrépitude de l'école Sophie-Barat, située dans Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, a inspiré ses élèves de quatrième secondaire. Ils ont monté une pièce de théâtre dans laquelle ils réfléchissent au sort du bâtiment patrimonial et sur la façon d'investir les 164 millions de dollars consentis par Québec pour sa rénovation.

Le spectacle s’intitule Habiter les ruines. Il s'agit d'un parcours théâtral autour d’une école au passé riche, mais négligée au point d’être condamnée en partie depuis août 2020. Les élèves de première, deuxième et troisième secondaire ont été délocalisés.

Leurs aînés n’ont plus accès à la cafétéria ni à la bibliothèque qui venait d’être rénovée. Une centaine d’entre eux participent au spectacle qui est présenté au public cette fin de semaine.

La classe de français de Michel Stringer est située au bout d’un escalier étroit. Tout en enseignant la grammaire et le vocabulaire, il amène ses élèves à réfléchir. Le thème du patrimoine bâti s’est imposé l’an dernier.

Le reportage d'Anne-Louise Despatie

Moi, ça fait 25 ans que j’enseigne ici et j’ai vu le bâtiment dépérir au fil des années. En août 2020, quand on a appris que le toit était en train de s’effondrer, ça a été un drame pour l’école, raconte-t-il.

« Mon rôle comme enseignant de français, c’est de les faire lire, de les faire écrire, de les placer dans des situations où ils peuvent prendre la parole. »

— Une citation de  Michel Stringer, enseignant

Pour plusieurs élèves, leur école est apparue d’abord comme un château ou comme la célèbre école Poudlard de la série Harry Potter. Cependant, ils ont vite noté l’état délabré des lieux et du bâtiment. Fenêtres cassées, murs abîmés, locaux surchauffés… Leurs observations tissent la trame du spectacle.

La façade de l'école Sophie-Barat, à Montréal, en automne.

L'école Sophie-Barat a été construite en 1855.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despaties

Moi, j’ai peur que l’école s’écroule et qu’on soit obligés de finir nos cours dans les ruines, les toilettes des gars sont pleines de bibittes, j’ai peur qu’on laisse l’école se dégrader, qu’on ajoute encore plus de grillages, plus de clôtures, nos casiers étaient rouillés et quand ils les ont changés, ils ont été remplacés par des casiers trop petits, mais c’est une école publique, donc c’est normal : les élèves ne mâchent pas leurs mots pour raconter leur quotidien.

Le spectacle déambulatoire a été vu par quelque 400 personnes jusqu'à présent.

Un homme et sept adolescents dans un local abandonné posent pour la caméra.

L'enseignant Michel Stringer dans la bibliothèque abandonnée avec ses élèves qui participent au spectacle «Habiter les ruines».

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despaties

Un patrimoine riche

Le site de l’école Sophie Barat est pourtant rempli d’histoire. Fondée en 1855, l’école de la Congrégation des Dames du Sacré-Cœur était située près du village du Sault-au-Récollet, le long de la rivière des Prairies.

L’organisme Passerelles, qui œuvre dans la conservation du patrimoine, a également collaboré à l'élaboration de l'oeuvre.

Andréanne Nadeau et Frédérique Gagné-Thibault posent pour la caméra devant l'école Sophie-Barat en été.

Andréanne Nadeau et Frédérique Gagné-Thibault sont chargées de projet en patrimoine à l’organisme Passerelles.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despaties

Le site témoigne aussi de l’évolution de l’éducation au Québec, parce qu’on avait au départ un pensionnat privé pour jeunes filles puis, dans les années 70, c'est devenu un [établissement] secondaire public ouvert aux garçons, explique Frédérique Gagné-Thibault, chargée de projet en patrimoine pour Passerelles. C’est un bâtiment qui est complexe parce que beaucoup d’ailes se sont ajoutées au fil du temps, ajoute-t-elle.

« On ne peut pas faire revivre un passé qui n’existe plus, mais je pense que la meilleure façon de le conserver, c’est de le respecter dans une architecture qui peut être plus contemporaine, mais qui respecte cet esprit d’addition de bâtiments. »

— Une citation de  Frédérique Gagné-Thibault, chargée de projet en patrimoine pour Passerelles

L’école Sophie-Barat est la plus vieille du Centre de services scolaire de Montréal et aussi son projet le plus important de rénovation et d’agrandissement. Le gouvernement du Québec y a consenti 164 millions de dollars.

Cette somme permettra entre autres d’ajouter de 200 à 250 places à l’école, qui compte quelque 1400 élèves inscrits. Le projet est à l’étape de la planification et il n'y a pas encore d'échéancier précis.

Les élèves de Michel Stringer souhaitent être entendus par ceux qui vont décider de la façon dont sera investie cette enveloppe destinée à la rénovation et à l’agrandissement de l’école.

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