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Un ex-commandant accusé d’inconduite sexuelle réembauché par l’armée canadienne

Danny Croucher a bénéficié d'une libération volontaire malgré des actes répréhensibles, avant de retrouver un poste à la même base navale, mais en civil.

Danny Croucher en uniforme.

Ancien commandant de la marine, Danny Croucher a été visé par une enquête pour inconduite sexuelle.

Photo : Danny Croucher/LinkedIn

Radio-Canada

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a ordonné une enquête après les révélations de CBC au sujet d'un ancien commandant de la marine qui a été accusé d’inconduite sexuelle et qui travaille désormais, en civil, à la base navale d'Halifax.

Lorsque le ministre a entendu parler de cette situation en fin d'après-midi hier, il a été consterné par le manque apparent de jugement, a rétorqué à CBC Todd Lane, porte-parole du ministre Sajjan, en faisant référence au commandant à la retraite Danny Croucher.

En juin 2020, la marine a temporairement écarté M. Croucher de son poste de directeur de l'École navale des Forces armées canadiennes (BFC) à Halifax, a confirmé le ministère de la Défense, et ce, à la suite d’une plainte alléguant qu'il avait fait des commentaires inappropriés et préjudiciables de nature sexuelle, selon plusieurs sources au fait du dossier.

Ces sources ont également déclaré qu'une enquête interne avait bien révélé des actes répréhensibles de la part de Danny Croucher. On s'attendait à ce qu'il reçoive une libération involontaire de l'armée (laquelle peut découler d’une sentence rendue par une cour martiale ou d’un rendement insatisfaisant, entre autres).

Au lieu de cela, la demande de libération volontaire de M. Croucher a été accordée, ce qui lui a permis de décrocher ensuite un emploi civil à la base navale de Halifax en juin, ont confirmé les sources.

Enquête interne

Les Forces armées canadiennes examinent l'affaire pour déterminer si elles ont enfreint leurs propres règles en approuvant la demande de M. Croucher de quitter volontairement la marine avant que son cas atteigne le stade disciplinaire.

Les résultats de l’enquête pourraient mener à des mesures administratives ou disciplinaires si des actes répréhensibles sont constatés, a déclaré le ministère, en assurant que l’affaire vient seulement d'être portée à l'attention de sa haute direction.

CBC News a demandé au ministère de la Défense nationale qui a pris la décision de libérer volontairement M. Croucher, en vain.

Les règlements stipulent que, si un commandant ou le chef d'état-major de la Défense signe une libération volontaire, il doit certifier que ce n'est pas pour permettre au militaire de se soustraire aux conséquences d'une inconduite.

Les militaires ont agi comme s'ils étaient au-dessus de la loi et pouvaient faire ce qu'ils voulaient, a commenté Michel Drapeau, expert en droit militaire et colonel à la retraite.

« Nous voilà avec un officier supérieur qui a, en quelque sorte, échappé à toute responsabilité. »

— Une citation de  Michel Drapeau, expert en droit militaire et colonel à la retraite

C'est la deuxième fois, au cours de la même semaine, que les médias révèlent qu'un haut responsable militaire impliqué dans une affaire d'inconduite sexuelle a recommencé à travailler discrètement dans un nouveau rôle.

Le quotidien Ottawa Citizen a rapporté, lundi, que le major général Dawe était de retour à un poste-clé de l'armée après avoir perdu celui de commandant des Forces d'opérations spéciales canadiennes pour avoir soutenu un soldat reconnu coupable d'agression sexuelle en rédigeant pour lui une lettre de recommandation positive en 2017.

En avril, l'ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour a été mandatée par Ottawa pour réaliser un examen indépendant du traitement par l'armée des agressions sexuelles, du harcèlement et d'autres inconduites.

Avec les informations d'Ashley Burke, de CBC News

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