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Des entreprises tentent d’obtenir la certification biologique, mais à quel prix?

Un plant de tomates dans une serre.

Des tomates en serre aux Potagers du Pouce Vert.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Malgré l’augmentation du nombre d'entreprises agricoles certifiées biologiques dans les dernières années en Abitibi-Témiscamingue, l'obtention de la certification demeure compliquée pour plusieurs exploitants.

En 2012, on comptait 7 entreprises agricoles avec la certification biologique ou en voie de l’obtenir en Abitibi-Témiscamingue, alors qu'en 2020, on en dénombrait 44.

Cependant, les étapes à franchir pour détenir la certification biologique comportent des embûches.

La propriétaire des Potagers du Pouce Vert, Christine Dakuyo, avait la certification biologique depuis plus de cinq ans, mais cette année, elle perd sa certification parce qu'elle a égaré un registre de 2019.

Je n’arrive pas à digérer le fait que ce soit juste à cause des papiers, reconnaît Christine Dakuyo.

Christine Dakuyo en train de cueillir des tomates dans un plant dans une serre.

Christine Dakuyo produit aujourd'hui une variété de légumes, mais elle a commencé à cultiver de l'ail en 2014.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Elle doit recommencer le processus de certification à zéro. J’étais choquée que je puisse perdre la certification juste pour un registre. On m’aurait dit que j’avais mis des intrants chimiques et que j'avais perdu [la certification], ça m’aurait fait moins mal, affirme-t-elle.

La copropriétaire de la ferme Clariferme, Réjeanne Veillette, croit également que la certification biologique requiert beaucoup de paperasse et rapporte peu de nouveaux clients.

Je ne sais pas si j’ai été chercher deux ou trois clients qui sont venus à moi parce que j'ai été certifiée biologique, estime-t-elle. Les autres, ce sont des clients que j’avais. On leur parlait de comment on élevait leurs animaux, et ils adhéraient à ça et ils étaient déjà rassurés avec ça; le bien-être animal, l'alimentation et que nos vaches étaient dehors, nos veaux étaient dehors, nos cochons dans un enclos dehors.

Nombre d’entreprises possédant une certification ou une précertification biologique

MRC

Entreprises possédant une certification ou une précertification biologique

Abitibi

7

Abitibi-Ouest

7

Rouyn-Noranda

5

Vallée-de-l'Or

5

Témiscamingue

20

Total

44

Réjeanne Veillette constate que ses clients préfèrent choisir des produits locaux plutôt que des produits biologiques.

Je ne pense pas que la demande des consommateurs soit là, dit-elle. Présentement, c’est le produit local que les gens veulent. Qu’ils soient biologiques ou pas, je pense qu’ils vont tous les vendre pareil.

« Le cahier de charges qu’ils nous envoient, c’est plus gros qu’un bottin de téléphone. C’est sûr que ça fait peur au début. »

— Une citation de  Kamylle Béchard-Plourde, copropriétaire des Jardins Tomates et Camomille

Certains producteurs cultivent sans engrais chimiques ni pesticides, mais ne vont pas chercher la certification biologique en raison de la complexité des démarches. C’est le cas de la jeune ferme les Jardins Tomates et Camomille, démarrée il y a cinq ans.

Les propriétaires ont tenté d’obtenir la certification il y a deux ans, mais ont remis le projet à plus tard.

On n'était pas capable de mettre les efforts que nous demandait la certification, c’est-à-dire de remplir tous les registres qu’ils nous demandent, les registres de production, de tout ce qu’on met dans nos jardins, nos registres de rendement, nos registres de vente. Ils nous demandent beaucoup de paperasse à remplir et nous, on n’était pas encore rendu là dans notre cheminement, on était encore en apprentissage, explique la copropriétaire Kamylle Béchard-Plourde.

Kamylle Béchard-Plourde sourit à la caméra dans une serre, à côté d'un plant de tomates.

Kamylle Béchard-Plourde, copropriétaire des Jardins Tomates et Camomille (archives)

Photo : Radio-Canada / Vanessa Limage

La ferme Nordvie a obtenu la certification biologique pour tous ses champs en 2019. La copropriétaire, Madeleine Olivier, souligne que pour les petits producteurs, la certification biologique peut être moins avantageuse.

Des fois, en grande culture, c’est que tu vas aller obtenir un meilleur prix pour ta récolte tout en gardant une même surface. [Pour les] maraîchers, parfois il faut voir si c’est nécessaire dans la façon dont les produits sont vendus, indique-t-elle. Est-ce que ce sont des paniers qui sont déjà tous vendus de toute façon et la certification serait juste un ouvrage supplémentaire niveau paperasse?

Au Québec, le nombre d’entreprises agricoles certifiées biologiques a plus que doublé entre 2016 et 2019. On en comptait 1222 en 2016 et 2638 en 2020, selon les données du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

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