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TPL : tout le monde n’en parle pas

Parce que le trouble de la personnalité limite (TPL) reste méconnu, Josée et sa fille Myriam ont voulu partager leur histoire.

Une mère souriante qui regarde sa fille devant un paysage d'arbres à l'automne.

Au côté de Josée, sa maman, Myriam parle sans détour du trouble de la personnalité limite (TPL).

Photo : Radio-Canada / Jhade Montpetit

Aïda Semlali

Longtemps, Josée n’a pas su comment aider sa fille Myriam à affronter ses démons. Idées suicidaires, anxiété, crises intempestives, dépression, problèmes de socialisation, de drogue… Des premiers signes de détresse au diagnostic posé, près de dix ans se sont écoulés avant que mère et fille puissent enfin mettre des mots sur le mal-être de Myriam, aujourd’hui âgée de 19 ans: trouble de la personnalité limite.

Aussi appelé TPL ou trouble de la personnalité borderline, le trouble de la personnalité limite est non seulement peu connu, mais surtout difficile à reconnaître. Un état mental où l’on est quotidiennement à la limite de tout faire péter, à n’importe quel moment, tente de définir Myriam avec des mots simples.

Elle a tout juste 8 ans lorsqu’un après-midi, son professeur d’éducation physique se présente à la maison. L’enseignant fait part à sa mère des idées suicidaires exprimées par Myriam à l’école. Pour Josée, c’est le choc.

L’annonce n’est pas prise à la légère, et plusieurs consultations avec divers spécialistes vont s’enchaîner. Tous les "euthes", les "ogues" et les "atres", on en a vu plein, se souvient Josée. Une longue exploration aux allures de montagnes russes, ajoute la maman. Jusqu’au diagnostic posé pour Myriam, vers ses 17 ans.

La vaste majorité des gens qui pensent au suicide ne passent pas à l’acte, il est possible de surmonter la détresse avec de l’aide.
TAO Tel-Aide : 819 775-3223 (Gatineau) ou 613 741-6433 (Ottawa)
Ligne de crise en santé mentale d'Ottawa : 613 722-6914
Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553)

La vie vaut la peine d’être vécue

Myriam garde un souvenir parfaitement clair de la détresse exprimée dans son enfance. Encore aujourd’hui, ce n’est pas facile. Puis même si j’y pense encore des fois, je me dis que la vie vaut la peine d’être vécue. C’est pour ça que maintenant, je veux aider les autres jeunes, et même les adultes, à se sentir mieux, affirme-t-elle, convaincue que parler, c’est aider les autres.

Après une adolescence tumultueuse marquée par l’usage de drogues et des relations tendues avec ses parents, Myriam dit avoir trouvé de l’aide dans la médication qui lui est prescrite depuis ses 18 ans, peu après le diagnostic. Associée à d’autres médicaments indiqués pour lutter contre la dépression, la quétiapine l’aide à juguler ses anxiétés.

Je n’avais pas de préjugés [sur ce médicament]. J’ai été une adolescente qui a malheureusement consommé beaucoup, beaucoup de drogues. Le médicament n’était donc pas quelque chose qui me faisait peur. Je me disais: "Au moins, pour une fois, ma douleur va être contrôlée, je ne la contrôlerai pas avec n’importe quoi, trouvé n’importe où", explique Myriam. Ça aide énormément, énormément à ce que j’aille mieux.

Cette dernière tient cependant à souligner que la médication n’est pas la panacée et qu’elle trouve aussi beaucoup de plaisir à faire des choses simples. Juste aller prendre une marche dehors, juste avoir mon chien avec moi, pouvoir sortir, m'épanouir […] ça m’aide beaucoup, ajoute la jeune femme.

À 52 ans maintenant, Josée est une maman fière. Si l’émotion se mêle parfois à sa voix lorsqu’elle évoque ce long parcours parsemé d’embûches, de douleurs, voire de séparation avec sa fille, c’est avec admiration qu’elle parle de la personne qu’est devenue Myriam. Je vois une femme formidable s’épanouir. Je ne peux pas être plus heureuse. Je veux juste que ça continue, espère Josée.

Je sais qu’il va y avoir des embûches. Mais j’entrevois la vie avec optimisme, assure-t-elle. Je crois en elle. Elle a tellement de potentiel. Elle est hyper intelligente, elle a quelque chose à dire, puis elle peut aider les gens. Puis moi aussi, j’ai envie d’aider les gens, conclut la maman.

Avec les informations de Jhade Montpetit pour l'émission Les malins

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