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Les Albertains sont nombreux à tenter leur chance aux élections municipales

Des pancartes électorales annoncent le nom de plusieurs candidats

Dans certaines municipalités, les candidats sont nombreux à se présenter.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Evelyne Asselin

Pour les élections municipales du 18 octobre, les électeurs de plusieurs municipalités de l'Alberta ont l'embarras du choix sur leur bulletin de vote.

À Calgary par exemple, 27 candidats tentent leur chance à la mairie et 100 candidats rivalisent pour l’un des 14 postes de conseillers.

La situation est similaire à Edmonton, Medicine Hat, Red Deer, Lethbridge, Peace River.

L’une des circonscriptions de la municipalité régionale de Wood Buffalo compte à elle seule 23 candidats.

Selon le professeur en science politique à l'Université de Calgary, Jack Lucas, ce genre de situation survient lorsque peu de gens cherchent à se faire réélire.

Les candidats titulaires ont tendance à faire fuir la compétition, explique-t-il.

Si tu as un intérêt pour le poste de maire et que tu sais que le maire sortant se représente, souvent, tu te dis, je vais attendre le prochain tour, il va sûrement gagner de toute façon. Soudainement, une course ouverte [ndlr: sans candidats titulaires] survient et tous ces gens qui attendaient le bon moment sautent dans l’arène.

Autant de choix peut rendre la tâche difficile pour l’électeur qui n’a pas nécessairement le temps de se familiariser avec autant de plateformes électorales, ajoute-t-il.

C’est déroutant pour les électeurs. La bonne nouvelle c’est que des élections compétitives mènent à des taux de participation plus élevés, croit Jack Lucas. Plus de candidats, ça veut aussi dire plus d’idées, une diversité de perspectives et d’expériences. Je crois que tout le monde s’entend pour dire que c’est une bonne chose.

Autre aspect positif selon lui, une élection ouverte permet de faire de la place à une plus grande diversité dans les conseils municipaux.

Plusieurs groupes sont sous-représentés dans nos gouvernements municipaux. Les femmes, les résidents racialisés par exemple. Dans une situation où la majorité d'un conseil municipal change, ces schémas de sous-représentation peuvent changer rapidement.

Une citation de :Jack Lucas, professeur agrégé du département de science politique de l'Université de Calgary

Peu de candidats titulaires

À plusieurs endroits, seuls deux ou trois candidats tentent de se faire réélire.

C’est le cas notamment à Okotoks où seulement deux conseillers se représentent, laissant la porte grande ouverte pour de nouveaux venus.

Un portrait de Bill Robertson

Bill Robertson a été élu maire d'Okotoks pour la première fois en 2010.

Photo : Municipalité d'Okotoks

Le maire sortant Bill Robertson est décédé en juillet d’un cancer, ce qui a beaucoup affecté le conseil municipal selon la candidate à la mairie Naydene Lewis.

Le maire avait de nombreux partisans au sein du conseil. Il était très aimé de toute la communauté. Je crois qu’après plusieurs mandats, plusieurs ont juste réalisé qu’il était temps d’apporter de nouvelles idées au conseil municipal. De plus, la communauté grandit, nous avons besoin de nous renouveler, explique Naydene Lewis.

Naydene Lewis tient des pamphlets électoraux qu'elle distribue dans un quartier d'Okotoks

Naydene Lewis était conseillère pour la municipalité d'Okotoks de 2007 à 2010. Elle se présente maintenant à la mairie.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Le manque d’expérience au conseil pourrait rendre la tâche difficile pour les nouveaux élus selon la conseillère sortante Tanya Thorn, qui tente aussi sa chance à la mairie.

J’étais bombardée d’informations et c’était réconfortant d’être entourée de gens qui avaient de l’expérience, se souvient-elle.

Je crois que ce sera difficile pour les élus. Nous entrons dans une période budgétaire et tout de suite après dans la planification stratégique. Le monde continue de tourner. Ils n’auront pas six mois pour se familiariser.

Selon le politologue Jack Lucas, la pandémie de COVID-19 aurait aussi joué un rôle dans la décision de plusieurs conseillers municipaux et maires de ne pas se représenter.

Ce fut un mandat très épuisant pour tous ces représentants municipaux. En peu de temps et de façon soutenue, ils ont dû prendre énormément de décisions en plus d’accomplir toutes leurs tâches régulières requises par la politique municipale.

Tanya Thorn se tient devant l'édifice municipal de la municipalité d'Okotoks

Tanya Thorn siège au conseil municipal d'Okotoks depuis 2013. Elle espère se faire élire comme maire pour le prochain mandat. C'est l'un des deux seuls candidats qui se représentent à Okotoks.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

L’aspirante mairesse est d’accord avec cette analyse.

Aucun politicien n'aurait pu s'attendre à faire face à une crise aussi longue de 20 mois, explique Tanya Thorn. Nous n’avions jamais fait face à quelque chose de similaire. Il n’y a pas de guide en place sur comment gérer ce genre de situation.

Un manque de candidats parfois

Si plusieurs municipalités ont fait le plein de candidats cette année, le contraire existe aussi.

L'élévateur à grain de Falher se dresse le long de la route.

À Falher, il manque de candidats pour pourvoir tous les postes de conseillers. C'est une situation qui survient parfois dans les milieux ruraux selon le directeur général James Bell.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Certaines régions n'ont pas assez de candidats pour pourvoir tous les postes de conseillers de leur municipalité, comme à Falher dans le nord de la province.

Malgré un sursis de six jours à la date butoir pour obtenir des candidatures, seulement cinq des sept postes disponibles ont été comblés.

Le directeur général de Falher James Bell a envoyé une lettre au ministère des Affaires municipales pour expliquer la situation, comme le demande la procédure.

Eux autres, ils peuvent décider de laisser la municipalité continuer avec un nombre de candidats comme cinq. D'habitude, c’est ce qu’ils décident. Ils peuvent aussi dire : "continue comme ça, mais dans six mois, tu dois avoir une élection partielle.”

La municipalité n’a toujours pas reçu de réponse, précise-t-il.

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