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Pourquoi le prix de l’essence bat des records partout au Canada

L'affiche d'une station-service avec le prix de l'essence.

À Québec, le prix de l'essence frôle 1,50 $ par litre.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Peu importe où vous vous trouvez au Canada, si vous avez l'intention de profiter d'une température digne des beaux jours de l'été pour faire une longue balade en voiture durant le week-end de l'Action de grâce, ce périple va vous coûter plusieurs dollars de plus que si vous aviez eu la même idée il y a un an.

Le prix de l'essence frôle ou fracasse des records depuis quelques heures un peu partout aux quatre coins du pays. Dans les villes nordiques comme Labrador City (1,69 $) et Whitehorse (1,56 $) ou celles réputées pour leur coût de la vie élevé telles que Vancouver (1,64 $), le coût à la pompe est exorbitant. Dans l'ensemble de ces villes, l'essence se vend environ 40 cents plus chers du litre qu'à pareille date l'année dernière.

Dans les régions métropolitaines du Québec, les consommateurs paient environ 1,50 $ le litre vendredi matin. Du jamais-vu dans la métropole depuis 2012 et dans la capitale depuis 2008, à l'été du 400e anniversaire de la ville, selon CAA-Québec.

L'Action de grâce en cause?

De nombreux consommateurs croient que cette hausse est liée à l'arrivée du long week-end.

Ils font ce qu'ils veulent avec ça et on est dépendants, déplore Simon Dessureault au moment de faire le plein à Québec. Pour deux ou trois dollars de plus, on n'a pas le choix d'y aller pareil, ajoute Olivier Bélanger, un autre consommateur.

Un panneau indicateur du prix de l'essence à Québec, le 8 octobre 2021

Le coût à la pompe atteint des sommets

Photo : Radio-Canada

Toutefois, l'explication ne date pas d'hier et se situe plutôt de l'autre côté de l'Atlantique, selon Carol Montreuil, vice-président de l'est du Canada de l'Association canadienne des carburants.

Ce qu'on vit présentement, c'est une situation mondiale. Les prix sont toujours la résultante d'un équilibre entre l'offre et la demande. Ce qui met une pression énorme sur les prix présentement, a-t-il indiqué à la journaliste-présentatrice Martine Defoy sur les ondes de RDI.

L'expert identifie trois facteurs explicatifs principaux.

Le postconfinement

La forte augmentation des déplacements à l'ère post-confinement est d'abord montrée du doigt par M. Montreuil.

La demande a vraiment augmenté. La reprise postpandémique, elle est très importante en termes de reprise économique. Certains économistes évoquent même l'inflation qui serait déjà à plus de 4 %. L'économie roule à fond. Les gens consomment beaucoup, donc ça met une pression sur la demande en énergie, a-t-il expliqué.

Un automobiliste fait le plein.

La hausse est mondiale. En Grande-Bretagne, le premier ministre Boris Johnson a prévenu ses concitoyens qu'il faudra patienter encore un temps avant que la situation ne revienne à la normale.

Photo : La Presse canadienne / AP0/Frank Augstein

L'effet domino de la crise énergétique

La crise énergétique entourant le gaz naturel, qui se vit principalement en Europe et en Asie, a fini par gagner l'Amérique, mentionne également l'expert.

L'Europe a mis beaucoup ses oeufs dans le même panier [en ce qui a trait à l'énergie intermittente] comme l'éolien. Ça a été une année en Europe avec peu de vent, relate-t-il.

Pas de vent, pas d'éolien, donc pas d'électricité. Donc, ça a mis une pression énorme sur le gaz naturel. Certains Européens vont voir cette année leur facture de chauffage tripler. Cette crise énergétique a un effet domino en Amérique du Nord.

Une citation de :Carol Montreuil, vice-président de l'est du Canada de l'Association canadienne des carburants
Un parc d'éoliennes.

Les éoliennes fonctionnent grâce à des vents forts. Le problème, c'est qu'il vente peu en Europe depuis un an. (archives)

Photo : Reuters / Toby Melville

L'offre ne répond plus à la demande

À l'ère où l'environnement est au cœur des préoccupations, le recours à la voiture électrique est désormais bien vu. Les slogans réclamant de bouder le pétrole sont aussi à la mode.

On ne veut plus investir dans le pétrole, on veut se retirer de l'investissement dans le pétrole.

Une citation de :Carol Montreuil, vice-président de l'est du Canada de l'Association canadienne des carburants
Une petite voiture électrique est rechargée dans un stationnement.

L'utilisation des véhicules électriques est à la mode. Mais le changement de philosophie est-il trop drastique?

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Ce changement de philosophie est peut-être trop draconien, analyse M. Montreuil.

Pendant ce temps, la consommation en produits pétroliers n'arrête pas d'augmenter. Donc, on envoie un message au marché financier quand on n’investit pas dans un secteur, alors qu'on a pourtant besoin d'investissements pour continuer à produire du pétrole, observe-t-il.

On est en transformation, mais en voulant aller trop rapidement, ça amène des chocs. Il y a des coûts à vouloir faire trop vite.

Une citation de :Carol Montreuil, vice-président de l'est du Canada de l'Association canadienne des carburants

Par ailleurs, les automobilistes qui parcourront le territoire québécois au cours du prochain week-end sont invités à ne pas avoir le pied pesant, et ce, non seulement pour économiser de l'essence, mais aussi pour éviter des contraventions salées. La Sûreté du Québec portera en effet une attention particulière à la vitesse sur le réseau routier au cours du long week-end.

Avec la collaboration de Hadi Hassin

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