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Exportation et développement Canada défend son aide au secteur pétrolier

Une pelle minière remplit un camion de transport sur une mine de sables bitumineux près de Fort McMurray, en Alberta.

Exportation et développement Canada veut atteindre la carboneutralité d’ici 2050, malgré ses investissements dans le secteur pétrolier (archives).

Photo : La Presse canadienne

La Presse canadienne

Même si Exportation et développement Canada (EDC) veut atteindre la carboneutralité d’ici 2050, la société d’État fédérale va continuer à soutenir les entreprises du secteur gazier et pétrolier, a dit Maired Lavery, sa présidente et chef de la direction, lors d’une allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) jeudi.

Le secteur gazier et pétrolier représentait 8 % des participations d’EDC en 2020. Nous croyons que nous pouvons atteindre nos objectifs en étant un partenaire du secteur plutôt qu’un opposant, a-t-elle dit lors d’une allocution prononcée en anglais.

Cette position ne fait pas le bonheur de ceux qui aimeraient voir les investisseurs institutionnels et les sociétés d’État quitter ce secteur polluant. Qu’il en soit ainsi!, répond-elle avec aplomb.

Abandonner le secteur pétrolier d’un coup perturberait l’économie et aurait des conséquences néfastes, poursuit-elle. Après, que ferions-nous? Que ferions-nous des 180 000 travailleurs du secteur ou des 400 000 travailleurs indirects? Qu’en serait-il de près de 8 % du produit intérieur brut [PIB] canadien ou de 20 % des exportations canadiennes?

Une femme donne un tour guidé des installations de Suncor, au nord de Fort McMurray, en Alberta.

Une travailleuse sur le site de Suncor, près de Fort McMurray, en 2014 (archives)

Photo : Reuters / Todd Korol

Elle ajoute que chaque industrie a un impact environnemental. Le rôle d’EDC est d’aider les entreprises à réduire leur empreinte environnementale, selon elle. Nous avons un plus grand impact qu’en nous défilant.

En entrevue en marge de la conférence, la dirigeante assure que cette stratégie n’est pas contradictoire avec l’objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050, annoncé en juillet. Nous allons continuer d’avoir des émissions, mais elles seront contrebalancées par des activités compensatrices, ce qui nous permettra d’atteindre la carboneutralité pour l’ensemble de nos activités.

Le discours survient quelques jours après la publication d’une analyse de l’organisme britannique Carbon Brief, qui démontre que l’humanité s’approche de la limite d’émissions de carbone qu’elle peut encore émettre si elle ne veut pas dépasser un réchauffement climatique de 1,5 degré Celsius. Cette limite pourrait être atteinte d’ici 10 ans. Le Canada a d’ailleurs été montré du doigt comme l’un des pires émetteurs par habitant.

Satisfaite des progrès de SNC-Lavalin et Bombardier

EDC est également satisfaite des progrès de SNC-Lavalin et de Bombardier en matière d’éthique. En entrevue, Mme Lavery dit que la société d’État continue de suivre de près l’éthique et la conformité au sein de ces deux sociétés québécoises.

EDC avait suspendu ses liens d’affaires avec SNC-Lavalin de 2014 à 2017. L’entreprise a quitté la liste noire après une analyse complète de ses pratiques et des changements qu’elle comptait apporter.

En 2019, EDC avait embauché à nouveau un conseiller juridique interne concernant un reportage de CBC disant qu’elle avait soutenu la firme de génie-conseil en lien avec un contrat remporté en Angola par corruption.

Un homme marche devant le siège social de SNC-Lavalin, à Montréal.

Quatre filiales de SNC-Lavalin sont non admissibles aux appels d'offres publics au Québec jusqu’à janvier 2025.

Photo : Getty Images / JULIEN BESSET

Nous continuons de suivre leur système continuellement, ajoute-t-elle. Nous continuons de travailler avec SNC-Lavalin tandis qu’ils transforment leur entreprise et nous analysons différentes occasions à travers le monde, répond Mme Lavery.

Chaque fois qu’une affaire de corruption refait surface dans l’actualité ou que des accusations sont portées, SNC-Lavalin insiste sur le fait que les faits allégués ont été commis par un nombre restreint d’employés et que la société a procédé à un grand ménage de ses pratiques éthiques.

Rappelons qu’en décembre 2019, SNC-Lavalin avait plaidé coupable à une accusation de fraude en lien avec des projets en Libye et avait payé une amende de 280 millions de dollars. Cela mettait fin aux procédures criminelles qui avaient ébranlé le cabinet du gouvernement Trudeau.

En avril 2021, la société montréalaise a quitté la liste noire de la Banque mondiale, qui a retiré son nom deux ans plus tôt que prévu après avoir sévi à son endroit en 2013 à la suite d’affaires de corruption survenues au Bangladesh et au Cambodge.

 L’intérieur du Challenger 350

L’intérieur du Challenger 350, un récent avion développé par Bombardier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au sujet de Bombardier, EDC avait commandé un examen externe en 2019 dans la foulée d’informations entourant un contrat de matériel ferroviaire de 340 millions de dollars entaché par des accusations de corruption en Azerbaïdjan. L’agence fédérale n’était pas impliquée dans la transaction.

En février 2020, EDC a conclu qu’il y avait place à amélioration en matière d’éthique et de conformité chez Bombardier, mais estimait que la société était sur la bonne voie. La société s’est engagée à améliorer ses pratiques et nous les rencontrons régulièrement pour évaluer leurs progrès, affirme Mme Lavery.

Maintenant concentré sur les jets d’affaires, Bombardier est une entreprise différente depuis la vente de sa division Transport à Alstom complétée au début de l’année 2021, ajoute celle qui y a occupé des postes de direction durant 16 ans avant de joindre EDC en 2014.

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