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Captage du carbone : les pétrolières veulent qu’Ottawa paie 75 % des installations

Site d'exploitation des sables bitumineux dans la région de Fort McMurray.

L'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) a fait cette demande au ministère des Finances en août dernier, tout juste avant le déclenchement des élections fédérales.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Reuters

Les entreprises pétrolières canadiennes ont demandé au gouvernement fédéral de concevoir un crédit d’impôt qui paiera 75 % des coûts pour bâtir des installations de captage et de stockage du carbone afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) a fait cette demande au ministère des Finances en août dernier, tout juste avant le déclenchement des élections fédérales. Le crédit d’impôt en question serait à un niveau assez élevé pour générer un retour, selon le vice-président des sables bitumineux pour l’ACPP, Ben Brunnen.

Le captage du carbone est perçu comme un élément clé des efforts mondiaux pour contenir les émissions de GES provenant de la production de combustibles fossiles. Le Canada est le quatrième producteur mondial de pétrole, et il a pour objectif d’être carboneutre d’ici 2050.

Le carbone relâché au cours de la production de gaz naturel et de pétrole est moins concentré que dans d’autres secteurs d’activité polluants comme la fabrication d’engrais. Les pétrolières doivent donc débourser plus d’argent par tonne de carbone captée, selon M. Brunnen.

À cause de ça, ce crédit doit être conçu pour favoriser un équilibre et refléter les réalités économiques, a-t-il expliqué. Le rôle du gouvernement devrait être de préparer le terrain pour permettre aux entreprises de faire ces investissements.

Le gouvernement libéral avait lancé des consultations avec l’industrie en juin pour dresser le portrait de ce dont pourrait avoir l’air un crédit d’impôt pour le captage du carbone. Réélue pour un troisième mandat, l’administration Trudeau devrait reprendre les discussions avant de finaliser les détails du crédit d’impôt l’an prochain.

Aucun porte-parole du ministère des Finances n’était disponible au moment de la rédaction de ces lignes.

Le gouvernement n’a pas non plus indiqué à quel taux s’élèverait le crédit d’impôt qu’il envisage. À 75 %, il serait comparable au soutien qu’offrent les États-Unis lorsque les élus américains auront bonifié leur incitatif, a estimé M. Brunnen.

De nombreux groupes environnementalistes s’opposent au captage du carbone pour s’attaquer au réchauffement climatique. Il s’agit d’un processus coûteux qui prolonge la production de combustibles fossiles.

On parle d’une industrie qui a créé ce problème et qui a fait des milliards de dollars au cours des 40 dernières années en sachant que les changements climatiques étaient un problème, a lancé Cam Fenton, le responsable canadien du groupe 350.org.

Si le gouvernement désigne la mesure qu’il envisage sous le nom de crédit d’impôt, l’ACPP voudrait que le tout fonctionne davantage comme une subvention. Ottawa rembourserait aux parties qui captent du carbone un pourcentage de leurs coûts de construction au fur et à mesure qu’avancerait le chantier, a noté M. Brunnen.

Plusieurs entreprises ont des plans pour établir des pôles de captage du carbone en Alberta, notamment Shell, TC Energy et un consortium formé des cinq plus importantes pétrolières du pays.

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