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La pétrolière CNRL rend la vaccination obligatoire

Une plateforme industrielle installée dans une mine de sables bitumineux.

CNRL compte actuellement quatre éclosions actives, dont deux qui perdurent depuis octobre 2020.

Photo : CNRL

Radio-Canada

L'une des plus grandes sociétés pétrolières et gazières de l'Alberta, Canadian Natural Resources (CNRL), imposera dès le 1er décembre que ses employés et ses contractuels tant à son siège social de Calgary que sur ses sites d'exploitations soient vaccinés.

CNRL explique notamment cette décision par l'état d'urgence décrétée par la province et l'augmentation des cas de COVID-19.

Dans le but d'améliorer les mesures de sécurité déjà en place, nous continuons à mettre en œuvre des mesures supplémentaires pour renforcer notre réponse collective face à la COVID-19, indique un courriel envoyé à CBC/Radio-Canada..

La politique mise en place prévoit des exemptions pour raisons médicales ou religieuses. CNRL n'a cependant pas précisé ce qu'il adviendrait des employés à qui une exemption ne sera pas accordée et qui refuseront la vaccination.

Une initiative observée par les autres pétrolières

Selon Perry Berkenpas, directeur général de l'Alliance communautaire des sables bitumineux , même si la nécessité d'assurer la sécurité des employés est essentielle, l'effet d’une telle mesure sur la main-d'œuvre l'inquiète.

« Avec le variant Delta et le nombre de cas dans la province, il y aura probablement des impacts sur l'industrie. Pourrons-nous avoir des travailleurs? Y a-t-il des travaux qui devront être arrêtés en raison de tests positifs? », se questionne-t-il.

CNRL compte actuellement quatre éclosions actives, dont deux remontant à octobre 2020. Selon les autorités de la santé, il y a en ce moment 77 cas actifs liés à CNRL.

Perry Berkenpas s'attend à ce que d'autres entreprises soient intéressées par une politique comme celle de CNRL.

D'autres vont la considérer, mais ils vont aussi se demander : avons-nous encore besoin d'utiliser des tests rapides sous une forme ou une autre?, dit-il.

Du côté de l’entreprise Imperial Oil, la vaccination n'est pour le moment pas obligatoire, cependant les travailleurs du site de Kearl, au nord de Fort McMurray, sont tenus de fournir une preuve de vaccination ou de subir un test rapide toutes les 72 heures, selon la porte-parole Lisa Schmidt.

La vaccination n'est pas non plus obligatoire chez Suncor, mais elle est encouragée, selon le porte-parole Leithan Slade.

Droit du travail

La politique de CNRL n'est pas surprenante pour Adam Savaglio, expert en droit du travail chez Scarfone Hawkins, car les employeurs tentent de trouver un équilibre entre la sécurité au travail, les opérations, les exigences du gouvernement et la résistance des employés à la vaccination.

Finalement, nous arriverons à un point où cela deviendra courant, étant donné le fardeau qui pèse sur les employeurs, prédit-il.

Il rappelle que les employeurs ne sont pas tenus de fournir d'autres aménagements aux personnes qui choisissent de ne pas se faire vacciner et qui ne disposent pas d'exemption.

Ils peuvent résilier le contrat de travail et cela deviendra ensuite une question d'indemnité de départ et de préavis, dit-il.

Lluc Cerda, directeur au bureau de Calgary de Samfiru Tumarkin, remarque que les politiques de vaccination obligatoire deviennent de plus en plus courantes. Il déplore toutefois que ces politiques ne laissent pas toujours de place à des solutions de rechange telles que des tests rapides ou permettant aux gens de travailler à domicile.

La question qui reste sans réponse est : qu'arrive-t-il à un employé qui continue de ne pas vouloir du vaccin?, mentionne-t-il en ajoutant que si une personne perd son emploi car il ne veut pas se faire vacciner il pourrait avoir droit à une indemnisation de départ. Et si l'employé fait partie d'un syndicat, celui-ci pourrait déposer un grief.

Avec les informations de Jamie Malbeuf

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