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Un prix pour rendre la cybersécurité plus attrayante et encourager la relève

Un homme tape des lignes de code sur un ordinateur portable.

La pénurie de main-d'œuvre est criante en cybersécurité.

Photo : iStock / Yurich84

Stéphanie Dupuis

Pénurie de personnel, attaques au rançongiciel, fuites de données… Les enjeux de la cybersécurité font les manchettes, mais rarement pour de bonnes nouvelles. Devant ce constat, l’organisme École Cybersécurité a décidé d’agir en lançant le trophée CyberTalent, qui vise à apporter un regard plus positif sur le domaine, tout en encourageant la relève.

Ce qu’on veut avec ce trophée, c’est donner une visibilité aux parcours inspirants de la nouvelle génération en cybersécurité, que les lauréats et lauréates deviennent des modèles, résume Gabrielle Botbol, conseillère en sécurité offensive à Desjardins et formatrice à l’École Cybersécurité, qui offre des formations abordables pour les personnes initiées en cybersécurité.

Portait d'une femme en tailleur qui s'accote la tête sur son poing.

Gabrielle Botbol s'est jointe comme formatrice à l'École Cybersécurité en 2021.

Photo : Gabrielle Botbol

Ça peut être un entrepreneur ou quelqu’un très impliqué dans la communauté, qui participe à des conférences ou qui les organise; une personne qui se démarque par sa motivation, son engagement et ses réalisations, suggère celle qui s’est jointe à l’organisme au début de l’année.

Les personnes seront récompensées dans quatre catégories – scolarité, réalisation, engagement, entrepreneuriat – et recevront des bourses en argent, du mentorat, des stages en entreprise et des places à divers événements portant sur le thème de la cybersécurité. Tous des incitatifs qui visent à attirer la relève vers ce domaine qui peine à recruter.

Démocratiser l’accès à la formation

Depuis 2019, Julien Hivon, fondateur et directeur de l’École, fait de la création de vocations en cybersécurité une affaire personnelle.

Portrait d'un homme dans une salle avec des sièges verts.

Le fondateur et directeur de l'École Cybersécurité se désole que les prix décernés dans le domaine soient seulement accordés à des pros avec une grande carrière.

Photo : Julien Hivon

Par la nature de son poste de directeur de projet en sécurité chez Desjardins, il est aux premières loges pour constater la pénurie de main-d'œuvre.

« Parfois, on a des offres d’emploi en cybersécurité qui sont non comblées pendant 4 à 6 mois. »

— Une citation de  Julien Hivon

Selon lui, l’un des freins repose sur l’accessibilité des formations. Alors qu’une certification en cybersécurité coûte environ 700 $ (hors cégep et université), il faut débourser tout au plus 50 $ pour celles offertes en ligne par l’École Cybersécurité.

Nos formations sont peut-être moins reconnues internationalement, mais elles sont plus abordables et montrent un certain engagement du point de vue de l’employeur, souligne-t-il.

Le directeur de l’École Cybersécurité constate aussi un immense fossé des inscriptions entre le cégep et l’université dans les domaines connexes.

« Ce ne sont pas tous les élèves en informatique qui veulent poursuivre leurs études à l’université. Et les formations au cégep ne s’attardent pas toujours en profondeur à la question de la cybersécurité. »

— Une citation de  Julien Hivon

Aidé par une poignée de bénévoles et de partenaires de l’École Cybersécurité, Julien Hivon se rendait avant la pandémie dans des classes de cégep pour compléter la formation des élèves.

Des élèves dans une classe remplie d'ordinateurs regardent une télévision avec du code.

Avant la pandémie, l'École Cybersécurité offrait des compléments de formation dans des classes de différents cégeps. Depuis avril, 150 formations en cybersécurité ont été données en ligne.

Photo : École Cybersécurité

On voulait de cette manière connecter les jeunes avec des spécialistes dans le domaine, leur montrer les vrais visages de la cybersécurité, explique-t-il.

Maintenant, le travail se poursuit, mais en ligne, précise-t-il.

Changer l’image de la profession

Car le portrait actuel d’une personne œuvrant en cybersécurité n’est pas nécessairement le plus attrayant, selon lui.

Quelle est l’image qu’on se fait de quelqu’un qui travaille en cybersécurité? C’est un homme dans un sous-sol sombre qui porte un [coton ouaté], déplore-t-il.

« Dans l’industrie du jeu vidéo, on a réussi à changer cette image, en la rendant plus cool et en intégrant davantage les femmes. »

— Une citation de  Julien Hivon

Selon le fondateur de l’École Cybersécurité, le manque de diversité dans les profils en cybersécurité est tout aussi criant que la pénurie.

[Lors d’une discussion avec des profs], j’ai appris qu’à Polytechnique, on compterait environ 90 % d’hommes en génie informatique. Pourtant, de l’autre côté de la rue à l’Université de Montréal en criminologie, on compterait 70 % de femmes, mentionne-t-il.

Avec le trophée CyberTalent, une première récompense pour la relève en cybersécurité, un nouvel élément est en place pour que le vent tourne. Mais beaucoup de chemin reste à parcourir pour y arriver.

« Ce que j’aimerais voir dans un monde idéal, ce sont des campagnes publicitaires pour que la cybersécurité devienne une hygiène de vie, qu’elle s’inscrive dans la culture populaire. »

— Une citation de  Gabrielle Botbol

Les candidatures pour le trophée CyberTalent sont accueillies jusqu’au 31 octobre prochain.

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