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Un rapport détaille les efforts de Trump pour infirmer l’issue du vote de 2020

Devant un micro, Donald Trump pointe son doigt devant lui.

Juste avant l'invasion du Capitole, le président américain Donald Trump a participé à Washington à un rassemblement pour contester la certification des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 par le Congrès.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Associated Press

Un rapport dévoilé jeudi par la majorité démocrate du Comité de la justice du Sénat des États-Unis détaille les efforts déployés par l'ancien président Donald Trump pour infirmer l'issue du scrutin de 2020, acculant le département de la Justice au bord du gouffre et poussant certains des principaux responsables du département et de la Maison-Blanche à menacer de démissionner.

Le rapport jette un nouvel éclairage sur la manière dont le président républicain sortant a tenté d'imposer sa volonté au département de la Justice, en demandant à ses dirigeants de déclarer que le vote était corrompu et en dénigrant publiquement ceux qui, selon lui, n'en faisaient pas assez pour infirmer le résultat.

Les agissements de M. Trump ont poussé le département au bord d'une rébellion qui ne s'est calmée que lorsque des responsables ont mis en garde contre des démissions de masse. Un avocat de la Maison-Blanche a décrit les efforts pour infirmer le vote comme un pacte de meurtre-suicide.

En tentant de recruter le département de la Justice à des fins personnelles et politiques pour maintenir son emprise sur la Maison-Blanche, Trump a gravement abusé des pouvoirs de la présidence et a possiblement contrevenu à une loi fédérale qui interdit à quiconque d'ordonner à des employés fédéraux de participer à des activités politiques, ajoute le rapport.

Si on connaît depuis un moment les grandes lignes de ce qui s'est produit après le vote du 3 novembre, l'enquête sénatoriale s'appuie sur un examen de documents et sur des entretiens avec d'anciens dirigeants. Elle expose au grand jour à quel point M. Trump a tout tenté pour se maintenir au pouvoir.

Elle révèle que l'ancien président a pu compter sur l'appui d'un avocat obscur du département de la Justice, Jeffrey Clark, qui a défendu sa contestation du vote. Elle démontre aussi que d'autres dirigeants de premier plan du département ont fait front commun pour s'y opposer – une situation qui illustre la fragilité d'un système électoral qui dépend de l'intégrité des responsables gouvernementaux.

Des allégations mensongères

La campagne de M. Trump, qui fait maintenant l'objet d'une enquête de l'inspecteur général du département de la Justice, a ultimement échoué et Joe Biden a été assermenté le 20 janvier. Malgré tout, les allégations mensongères au sujet du vote continuent de diviser le pays et des millions d'Américains croient toujours, erronément, que le scrutin a été volé.

Des partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole.

Les partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole après un rassemblement avec le président le 6 janvier dernier.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

Des milliers de partisans enragés de M. Trump ont pris le Capitole des États-Unis d'assaut le 6 janvier, dans l'espoir d'empêcher le Congrès de confirmer la victoire de M. Biden. La violence a fait au moins cinq morts et causé des dommages évalués à 1 M$ US. Plus de 630 personnes font maintenant l'objet d'accusations. Il s'agit de la plus grosse poursuite de l'histoire du département de la Justice.

Les républicains, qui sont essentiellement demeurés loyaux à M. Trump depuis l'insurrection, ont publié leur propre rapport. Ils minimisent les inquiétudes soulevées par les démocrates, présentent M. Trump comme un héros qui a fait la sourde oreille aux suggestions de l'avocat Clark et prétendent qu'il a refusé de congédier des dirigeants du département de la Justice.

Ils vont même jusqu'à dire que M. Trump se préoccupait d'abord et avant tout de l'intégrité du système électoral, et non de sa propre victoire, ce qui surprend quand on sait qu'il luttait publiquement pour rester au pouvoir et qu'il réclamait l'aide du vice-président Mike Pence à cette fin.

Gros plan de WIlliam Barr en conférence de presse.

William Barr, ancien secrétaire à la Justice et procureur général des États-Unis

Photo : Getty Images / AFP/BRENDAN SMIALOWSKI

M. Trump avait commencé à préparer le terrain pour une éventuelle contestation du résultat plusieurs semaines avant le scrutin, mais il a redoublé d'efforts après le jour du vote et la démission, en décembre, du procureur général William Barr.

Un front commun

Lors d'une rencontre à la Maison-Blanche, dont les détails ont été partagés avec les enquêteurs du Sénat, l'adjoint de M. Barr, Jeffrey Rosen, a décrit comment M. Trump, dans l'espoir de déclencher une enquête du département, a présenté des vidéos de quelqu'un livrant une valise de bulletins de vote.

M. Rosen aurait alors dit au président qu'il aurait avantage à profiter de ses dernières semaines au pouvoir pour mettre en valeur ses réussites, comme la mise au point d'un vaccin contre la COVID-19.

Jeffrey Rosen devant un logo du département de la Justice.

Jeffrey Rosen était l'adjoint du procureur général des États-Unis William Barr à l'automne 2020.

Photo : Associated Press / Olivier Douliery

M. Trump et ses alliés auraient demandé au département de la Justice de présenter à la Cour suprême des États-Unis un document qui, selon le rapport sénatorial, était rempli d'allégations fausses et déboulonnées. Le département a refusé.

Le conflit a culminé lors d'une longue rencontre à la Maison-Blanche le 3 janvier, pendant laquelle M. Trump a ouvertement envisagé de confier le département de la Justice à Jeffrey Clark. Selon le rapport démocrate, il aurait lancé à M. Rosen : On sait une chose, c'est que toi, Rosen, tu ne feras rien pour contester l'élection.

M. Clark, qui semblait plus réceptif aux allégations de fraude de M. Trump, a refusé de répondre aux questions du comité sénatorial. Toutefois, lors de la rencontre du 3 janvier, plusieurs dirigeants importants auraient prévenu M. Trump qu'ils démissionneraient s'il nommait M. Clark à la tête du département.

Ces dirigeants auraient été particulièrement outrés par une lettre que M. Clark proposait d'envoyer aux dirigeants de la Géorgie pour leur demander d'organiser une session spéciale de l'Assemblée législative afin de discuter du vote. C'est à ce moment que M. Trump aurait été prévenu qu'une vague de démissions dont l'ampleur était impossible à prédire menaçait de déferler.

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