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75 % des cégeps de Montréal en manque d’espace d’ici 2029

L'entrée du cégep du Vieux-Montréal.

D'ici la fin de la décennie, la grande majorité des cégeps montréalais n'auront pas assez de locaux pour accueillir tous leurs étudiants.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Nancy Caouette

Les cégeps ont le vent dans les voiles. Après avoir connu des années de déclin, la population étudiante au collégial ne cesse d'augmenter. Si bien qu’en 2029, il y aura plus de 36 000 étudiants supplémentaires sur les bancs des cégeps, par rapport à 2019... et la majorité des établissements montréalais n’ont pas l’espace pour les accueillir.

C’est l’heure du dîner au Collège Ahuntsic, à Montréal. Des jeunes mangent, discutent et jouent à la toupie sur des tables pleines à craquer. Et la situation ne risque pas de s’améliorer. D’ici 2029, la population du cégep passera de 7000 à 8000 étudiants, selon les projections du ministère de l’Éducation supérieure.

La cafétéria est un des centres névralgiques du collège; comme vous voyez, on est déjà à l’étroit. Et puis on se dit, avec 1000 étudiants de plus, comment allons-nous faire? C’est pour ça qu’on a dû repenser tout ça , lance la directrice générale du cégep, Nathalie Vallée.

Aucun détail n’a été oublié : les escaliers ont été élargis et l’aire de service sera agrandie pour faciliter le flot des étudiants à l’heure du dîner. Mais pour ce qui est des classes, aucun local n’est libre pour accueillir de nouveaux étudiants. Plusieurs cégeps regardent pour des classes modulaires ou pour louer des locaux, nous, on ne veut pas envisager ça, indique encore Mme Vallée.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse d’inscriptions dans les cégeps, notamment l’augmentation de la population adulte qui effectue une reconversion professionnelle. Le nombre d’étudiants âgés de 40 ans et plus est passé de 9636 en 2017 à 12 386 en 2021, soit une hausse de 28 % en cinq ans.

Autre facteur important, selon le ministère de l’Éducation supérieur : l’augmentation très importante du nombre d’élèves au secondaire, notamment dû à une hausse des natalités au milieu des années 2000 et à l’arrivée d’immigrants.  À Montréal, les enfants de cette génération ont connu les unités mobiles, souligne le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay. Si bien que selon le gouvernement québécois, 9 cégeps montréalais sur 12 se retrouveront en déficit d’espace d’ici 2029.

Craintes pour 2029

Pour l’instant, seuls les collèges Dawson et Ahuntsic ont reçu le feu vert de Québec sur l’île, auxquels s’ajoute le cégep Édouard-Montpetit à Longueuil. C’est trop peu aux yeux du président-directeur-général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, qui croit que le réseau ne sera pas prêt pour 2029.

On n'est plus maîtres de nos constructions. Il faut dans certains cas transiger avec la Société québécoise des infrastructures qui, à travers ça, a des demandes d’hôpitaux, de maisons des aînés, alors c'est prenez un numéro… On parle de jeunes qui ne sont pas obligés de venir au cégep et qu'on doit stimuler pour qu'ils obtiennent le diplôme que la société a besoin qu'ils obtiennent, note-t-il.

La Fédération des enseignantes et enseignants de cégep redoute, pour sa part, qu’à défaut d’investir pour agrandir les cégeps, Québec décide de se tourner vers des cours à la distance ou en formule comodale où l’enseignant donne simultanément son cours en présence et en ligne.

Autant dans un cas que dans l’autre, c’est loin d’être la panacée. Ce n’est pas facile pour la majorité des étudiants et aussi pour les enseignants qui se retrouvent avec trois formes différentes de pédagogie, souligne le vice-président du regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec, Yves de Repentigny.

Il ajoute que certains étudiants ne sont pas suffisamment équipés pour suivre une formation en ligne et que les cours à la distance rendent plus difficile le dépistage de difficultés scolaires. On s’arrange pour avoir de gros problèmes de réussite et de persévérance scolaire, avertit M. de Repentigny.

Dans un courriel, le ministère de l’Enseignement supérieur affirme avoir discuté au cours des derniers mois avec les cégeps qui accueilleront plus d’étudiants dans les prochaines années et qu’un portrait des besoins sera tracé et évalué afin de voir comment y donner suite.

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