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Il y a 60 ans, la victoire surprise de l’équipe de balle rapide d’un petit village

Des joueurs de baseball devant une affiche.

En 2010, la Ville de Kapuskasing a commémoré l'exploit des Braves de Brunetville Val-Albert en nommant un parc en leur nom.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Le triomphe de David contre Goliath : c’est de cette façon dont les Braves de Val-Albert Brunetville se remémorent leur victoire aux championnats provinciaux de balle rapide face à Toronto. Retour sur une expérience inoubliable avec des acteurs des deux équipes.

Action de grâce 1961: l’équipe dirigée par Raymond Lemieux est couronnée championne de l’Ontario au parc Fairbank à Toronto.

Dans une série 2 de 3, l’équipe nord-ontarienne a eu le dessus sur l’équipe locale menée par un jeune Tom Watt.

Une photo d'une équipe championne en 1961.

En 1961, les Braves de Val-Albert Brunetville ont surpris le monde du sport à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Un homme qui deviendra une véritable icône dans le domaine sportif. Il remporte le trophée Jack Adams, meilleur entraîneur dans la Ligue nationale de hockey, en 1982.

Joint à sa résidence d'Etobicoke, l’homme de 86 ans n’a pas oublié les souvenirs reliés au championnat provincial disputé dans le quartier qui l’a vu grandir.

Ça va faire 60 ans, dit-il au bout du fil, visiblement heureux de replonger dans ses souvenirs. Je dois vous avouer que je n’avais aucune idée d'où se situait Val-Albert. Je le sais maintenant.

Le petit village inconnu

Il est bien normal qu’en lisant ce texte vous vous demandiez où se trouve Val-Albert. En 1964, les villages de Val-Albert, Brunetville et West Riverside fusionnent avec Kapuskasing.

L’un des joueurs de l’équipe championne, Jean-Paul Goulet, avoue qu’il n’y avait pas grand-chose dans le village dans lequel il venait d’emménager en 1961.

J’arrivais de Rouyn-Noranda et mes parents n’ont pas eu trop de problèmes pour se trouver une terre. Il y avait deux ou trois rues d’un côté du chemin de fer et deux, trois de l'autre.

Son coéquipier Robert Labelle ajoute que ça ressemblerait à un village de bûcheron.

Robert Labelle avec mitaine à la main.

Robert Labelle évoluait à la position de receveur.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Chaque sou était compté pour éviter de débourser les frais d’hôtel, comme en témoigne Raymond Lemieux.

On faisait 500 kilomètres le matin pour jouer à North Bay et on revenait après la partie dormir à la maison. Je n’avais pas d’argent, moi-là, saluant aux passages les parents bénévoles qui faisait 12 heures de voitures dans une journée en plus d'assister à la partie, dit l'entraîneur.

Jeune ouvrier, début vingtaine, Raymond Lemieux n’avait pas beaucoup d’argent. Il n’était pas encore marié. Impossible pour lui d’offrir des uniformes pour les parties à son équipe.

On jouait à la balle en jeans et en running shoe, précise Robert Labelle, ce à quoi son coéquipier Jean-Paul rétorque : un avait une couleur de gilet, l’autre avait une couleur. On n’avait pas de costume.

On était la risée

Contre toute attente, la petite équipe de Val-Albert obtient son billet pour le championnat provincial après avoir défait Cochrane, Timmins et North Bay.

Direction Toronto pour le championnat provincial pour y affronter l’équipe locale commanditée par la Légion Fairbank.

C’était la légion qui nous avait commandité les frais d’entrée et nos chandails, raconte Tom Watt, qui est aujourd’hui recruteur pour les Maple Leafs de Toronto.

Un équipe de baseball.

Jeudi soir, l'entraîneur des Braves Raymond Lemieux avait organisé un banquet afin de commémorer le 60e anniversaire de l'évènement. Jean-Paul Goulet, Robert Labelle et Ben Goulet avait notamment répondu à l'appel.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Raymond Lemieux veut aussi que son équipe ait fière allure pour le championnat. Une fausse bonne idée lui vient alors à l’esprit pour habiller ses joueurs de 15 et 16 ans.

« Val-Albert avait une équipe [de baseball] d’hommes: Starlite Taxi Restaurant. On a emprunté leur chandail. Bob [Robert Labelle] pesait peut-être 120 livres toute trempe. Les uniformes étaient beaucoup trop grands. »

— Une citation de  Raymond Lemieux, entraîneur des Braves de Val-Albert Brunetville

On avait l’air des clowns, c’était tout jaune et trois fois trop gros, ajoute JP Goulet.

Le mot se passe chez leurs adversaires torontois et on se moque rapidement d’eux.

C’était comme des jeunes dans une cour d’école. Ça se parlait : on va te les battre à mort ces petits colons-là du Nord, mais ça a été l’inverse, se remémore celui qu’on surnomme Bob.

Pour une première fois, depuis 1946, le championnat de balle rapide est remporté par une équipe du Nord de l’Ontario.

L'écusson commémorant l'exploit des Braves.

L'écusson commémorant l'exploit des Braves de Val-Albert Brunetville.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Les membres des Braves de Val-Albert Brunetville devenu grand-père, aujourd’hui, inspirent leurs petits-enfants avec cette histoire digne d’un film : ne jamais juger par les apparences. 

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