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Faire un rêve et tout plaquer : la vie mouvementée d’un écrivain

Isidore Guy Makaya est dehors.

Isidore Guy Makaya est membre du jury du Prix de la nouvelle Radio-Canada 2022.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Mylene Gagnon

Un rêve. Un simple rêve et Isidore Guy Makaya a tout abandonné, quitté Montréal pour déménager 5000 kilomètres plus loin, à Yellowknife, sans argent et avec pour seul objectif de trouver une Linda.

D’origine congolaise, l’écrivain Isidore Guy Makaya a immigré en France, puis en Espagne avant de s’installer à Montréal, en 2005. Même si Montréal lui plaisait, l’envie de sortir de sa zone de confort était plus forte. Je ne voyais pas ce qui pouvait me distinguer, ce que je pouvais apporter de plus au Québec. Il y a déjà assez d’intellectuels. Aussi, je vieillis et j’avais envie de calme, de la nature.

Et puis il y a eu ce rêve, en 2016, qui le sommait de partir à la recherche d’une Linda, aussi loin qu’aux Territoires du Nord-Ouest. Celui qui considère le Québec comme une ex-blonde a envoyé ses valises par autobus, s’est acheté un billet d’avion et a réservé une place dans un camping.

Une quête impossible? Pas du tout! Aussitôt arrivé, il a été accueilli par le neveu d’une Linda. Une première rencontre a eu lieu, puis des années plus tard, cette même Linda est devenue sa patronne. On s’est aperçus qu’on avait la même date de naissance. On est nés le même jour et le même mois! On est devenus amis.

Une première maison d’édition francophone

Isidore Guy Makaya a vite remarqué qu’il n’y avait pas de maison d’édition francophone à Yellowknife. Décidé à incarner le changement, il a suivi des cours en ligne puis a fondé la maison d’édition Présence francophone en 2017. Au total, six livres ont été publiés : recueils de poésie et de nouvelles, essai et pièce de théâtre.

C’était quand même assez difficile, parce qu’il faut trouver un public lecteur. Là, il n’y en a pas. [...] La difficulté est aussi de trouver des collaborateurs, des gens qui peuvent s’impliquer et qui aiment vraiment la lecture.

La reconnaissance

Cet amour pour la lecture et l’écriture ne date pas d’hier. À 8 ans, il se cachait de sa tante pour pouvoir lire. Ma tante disait qu’il ne fallait pas lire, parce qu’on pouvait devenir fou. Elle disait que les livres sont magiques, que quand tu ouvres un livre, ton esprit peut sortir de ta tête et rentrer dans le livre. Si tu fermes le livre, tu peux y enfermer ton esprit.

Malgré cette mise en garde, Isidore Guy Makaya a continué. Beaucoup de gens n’allaient pas à l’école à cette époque. C’est ça qui m’a poussé à écrire et qui m’a donné l’envie de devenir écrivain.

À Montréal, l’écrivain a publié Le cas de Hyène et La légende de N`tu Saanda aux Éditions Dédicaces. Puis en 2010, le couperet tombe : il reçoit un diagnostic de cancer. Un faux diagnostic, précise-t-il, qui l’aura obligé à rester à la maison. Il profite alors de son temps libre pour retravailler un texte qu’il avait écrit des années auparavant. J’écoutais beaucoup Christiane Charette, j’aimais beaucoup cette dame. C’est là que j’ai appris qu’il y avait un concours à Radio-Canada.

Son texte, Le cas Makosso, lui a permis de remporter le Prix de la nouvelle Radio-Canada en 2010. La fable raconte, dans un style ironique, la mort insolite d’un homme mort debout dans un petit village africain. L’écrivain a vu dans ce prix une reconnaissance et un pied de nez à ceux et celles qui doutaient de lui. Il y a comme une revanche par rapport à ceux qui occupent des fonctions, qui sont devenus des avocats. Ils pensaient que j’étais quelqu’un qui vivait dans les nuages.

En complément :

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