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5000 fonctionnaires de moins, un coup dur pour l’économie de Québec?

Le Complexe G

L'édifice Marie-Guyart, communément appelé Complexe G, est l'un des symboles de la fonction publique à Québec

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

La Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) s'inquiète pour la vitalité économique de la capitale si le gouvernement Legault va de l'avant avec sa promesse électorale de transférer 5000 emplois de la fonction publique à l’extérieur de la région. Une étude détaillée sur les impacts réels d'une telle décision est réclamée.

La promesse électorale a été réalisée très partiellement dans les mois suivant la victoire caquiste. En novembre dernier, seulement 289 emplois de la fonction publique avaient été transférés ailleurs au Québec, dont 99 en Montérégie.

Le gouvernement caquiste a par contre annoncé à plus d'une reprise ces derniers mois que le télétravail permettra de faciliter ces transferts.

Selon les calculs de la CCIQ, ce transfert envisagé de milliers d'emplois de fonctionnaires signifierait la perte directe de 1,2 % des emplois dans la région métropolitaine de Québec et de 1,4 % dans la Capitale-Nationale.

Une terrasse du Vieux-Québec

La CCIQ craint de nouvelles fermetures de restaurants, déjà durement éprouvées par la pandémie, si le transfert de 5000 fonctionnaires se réalise.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Des pertes colossales

Les effets indirects d'un tel exode se traduiraient par la perte de près de 10 000 emplois et plus de 800 millions de dollars en pertes de revenus pour Québec, toujours selon le CCIQ. La communauté des gens d'affaires craint qu'il s'agisse d'un autre coup dur pour l'économie d'une capitale déjà durement éprouvée par la pandémie.

Cette volonté de transférer jusqu’à 5000 emplois de l’État vers les régions est dans l’air depuis quelques années, mais nous n’avons jamais vu d’étude détaillée quant à ses impacts pour notre économie. Alors que le gouvernement annonce son souhait de concrétiser cet engagement à court terme, il importe d’obtenir davantage de détails et de réponses. Les gens d’affaires de Québec sont inquiets, déplore le président et chef de la direction de la CCIQ, Steeve Lavoie.

Étude réclamée

La CCIQ réclame donc du gouvernement Legault de préciser le nombre d’emplois directs et indirects qui seraient rayées de la carte dans la capitale. L'étude devrait aussi traiter des conséquences sur l'ensemble de l'économie de Québec.

Les fonctionnaires représentent une manne importante de travailleurs bien rémunérés, dont les emplois sont stables et garantis et qui, avec leurs conjoint(e)s et leurs familles, consomment chaque jour dans nos commerces, nos restaurants, nos lieux culturels, etc. Nous ne pouvons sous-estimer les conséquences d’une telle décision, explique M. Lavoie.

Campagne municipale

Questionnés sur le sujet, les principaux candidats à la mairie de Québec ont tous soulevé des inquiétudes quant au déménagement de milliers de fonctionnaires.

Marie-Josée Savard souligne que les commerçants de Québec ont besoin au contraire que les fonctionnaires provinciaux reviennent travailler au centre-ville. Elle se demande si le gouvernement Legault ne devrait pas réviser ses objectifs en considérant les impacts de la pandémie sur les quartiers centraux de la capitale.

Chez Québec 21, le chef Jean-François Gosselin juge que Québec est la capitale nationale et ça doit toujours rester le lieu primaire du gouvernement du Québec.

Bruno Marchand, chef de Québec forte et fière, estime de son côté que c'est très préoccupant pour Québec. Il n'y a pas un maire de Québec qui va dire : "Bien oui, c'est une bonne idée."

Chômage

Selon les plus récentes données de l'Institut de la statistique du Québec, le taux de chômage dans la Capitale-Nationale se situait à 6,1 % en août dernier, soit exactement le taux moyen que la province.

Avant la pandémie, le taux de chômage dans la Capitale-Nationale oscillait autour de 3,5 %, comparativement à 5,1 % pour l'ensemble du Québec.

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