•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Limites du projet Tewin : les résidents sont sceptiques

Vue aérienne sur des maisons en construction.

De nouvelles maisons en construction dans Kanata, ce quartier de l'ouest d'Ottawa, en mai 2021 (Archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les résidents ruraux qui vivent en plein milieu de ce qui devrait devenir la prochaine banlieue d'Ottawa restent perplexes quant à la raison pour laquelle leur région a été choisie pour ce développement urbain. Ils ne voient pas comment des milliers de nouvelles maisons peuvent être construites dans le secteur.

Le personnel municipal a maintenant identifié la zone qui formera la banlieue qui s'appellera Tewin, après plusieurs rencontres avec les Algonquins de l'Ontario (AOO) – un organisme de négociation de traités qui comprend la Première Nation des Algonquins de Pikwakanagan – et leur partenaire, le promoteur Taggart.

La cartographie et la nouvelle limite urbaine feront partie du nouveau plan officiel, qui doit être approuvé par le conseil municipal à la fin du mois d'octobre.

Après un vote crucial du conseil l'hiver dernier, le personnel municipal a été invité à sélectionner le terrain pour le projet Tewin, d’une superficie d’environ 445 hectares, à partir d'une vaste zone à l'extrémité sud-est du territoire d’Ottawa.

Les conseillers municipaux ont décidé d'allouer aux Algonquins de l'Ontario environ un tiers de l'expansion urbaine globale de 1281 hectares afin qu'ils puissent se lancer dans leur vision d'une communauté durable. Le projet avait été qualifié d'acte de réconciliation par des élus d’Ottawa, ce qui avait d’ailleurs été dénoncé par des Algonquins.

La zone, qui s'étend entre les rues Leitrim et Thunder, et longe la rue Anderson, s'est avérée la plus appropriée, selon le directeur de la planification à long terme de la Ville, Don Herweyer.

Il a déclaré à CBC que la région a le moins de contraintes environnementales, qu'elle se trouve près de l'autoroute 417 et qu'elle pourrait être viabilisée.

Fondation instable

La rue Piperville traverse le milieu de la zone proposée pour Tewin. Ceux qui y vivent ne parlent guère que du plan qui a pour but d’accueillir jusqu'à 45 000 nouveaux résidents dans le secteur.

Monica et John Brewer ont été choqués par la décision impétueuse et soudaine de choisir leur région rurale pour cet immense projet.

Photo du couple devant leur résidence en milieu rural.

Monica et John Brewer disent qu'il est difficile d'imaginer comment une future nouvelle communauté de la taille d'une petite ville peut être construite sur les terres agricoles entourant leur maison rurale.

Photo : Radio-Canada / Kate Porter

La famille de Mme Brewer vit dans la région depuis les années 1970 et y a construit des maisons. Elle dit que l'argile pose des problèmes. Les voisins ont dépensé des dizaines de milliers de dollars pour réparer leurs fondations en raison de ce sol instable.

Il y aura des coûts permanents qui ne seront pas couverts, prévoit Monica Brewer.

J'aimerais que des ingénieurs me le disent et me convainquent... [comment] est-ce qu’un condo sans ascenseur de cinq étages ne va pas bouger? a ajouté M. Brewer, se référant aux bâtiments plus denses requis dans les nouvelles communautés.

Leurs voisins, Kelly et Shannon McInnis, vivent dans une maison construite plus récemment qui a des morceaux de polystyrène de 2,4 mètres d'épaisseur installés le long de ses fondations pour assurer que la structure ne bouge pas.

Études à venir

Les Algonquins de l'Ontario ont déclaré qu'une équipe d'ingénieurs expérimentés confirme que la zone peut être développée, et cela, malgré les préoccupations soulevées par le conseil sur les conditions du sol et les risques de tremblements de terre.

Trouver des réponses à des questions aussi importantes nécessite plus que les sept mois écoulés depuis la réunion de février, dit M. Herweyer, mais le personnel a dressé une longue liste de choses à faire, d'études détaillées que le conseil pourrait adopter, pour lesquelles les propriétaires de Tewin paieraient.

Le coût des infrastructures est une autre grande préoccupation puisque le secteur visé se trouve loin du cœur de la ville.

Carte Google Maps où on voit le tracé suggéré pour le projet résidentiel.

La Ville d'Ottawa a choisi cette zone de 800 hectares pour le projet Tewin, qui se trouve au sud du chemin Leitrim et au nord du chemin Thunder. La ville dit qu'un peu plus de la moitié de la zone sera développée.

Photo : Radio-Canada

Des responsables du ministère des Affaires municipales et du Logement de l'Ontario ont déclaré que Tewin semblait très loin des stations du train léger et ont recommandé à la ville de veiller à ce que l'expansion urbaine respecte les politiques de planification provinciales qui exigent que l'infrastructure soit rentable.

Le personnel municipal a rédigé un accord à signer avec les propriétaires de Tewin afin de garantir que Tewin paie pour Tewin et que les nouvelles résidences puissent couvrir une partie des coûts grâce à des frais d'aménagement supplémentaires.

CBC a calculé que la ville avait en fait cartographié environ 800 hectares pour le projet Tewin, mais M. Herweyer a déclaré que cela comprend des zones qui ne sont pas aménageables et que seuls les 445 hectares approuvés par le conseil pourront être utilisés pour la construction des édifices.

Les limites exactes de Tewin doivent également être affinées, même après l'approbation du plan officiel, a précisé M. Herweyer.

Il a également noté que le conseil municipal aura quatre ou cinq autres rencontres avant que le terrain ne soit développé. Ceci établit la ligne de base et les principes de Tewin, a affirmé M. Herweyer.

Des doutes sur les coûts futurs

Certains résidents de la rue Piperville se disent frustrés que ni la ville ni leur conseillère, Catherine Kitts, ne les aient informés ou consultés sur les grands projets de leur quartier.

Mme Kitts, qui a voté en faveur de Tewin, a déclaré que les commentaires des résidents étaient mitigés, mais qu'elle était attirée par l'idée de construire une communauté axée sur les transports en commun sans les problèmes de conception de banlieue passés.

Nous allons devoir nous assurer que "la preuve est dans le pudding" et poser ces questions difficiles , a dit Mme Kitts, qui souhaite que le personnel de la Ville assure aux conseillers que Tewin est viable et que les contribuables seront protégés.

Photo du couple dans un secteur boisé.

Shannon et Kelly McInnis disent qu'ils ne s'attendaient pas à ce que leur route rurale soit entourée d'une toute nouvelle "communauté urbaine".

Photo : Radio-Canada / Kate Porter

Certains de ses électeurs ne pensent pas que la Ville sera à l'abri des risques financiers.

Nous avons 60 ans. Nous ne sommes pas des enfants. Nous savons que ces choses sont promises et qu'ensuite, elles ne sont pas livrées, a rétorqué Monica Brewer.

C'est comme quand je reçois un appel téléphonique disant que j'ai gagné une croisière. Je n'y crois pas, a convenu Kelly McInnis.

Avec les informations de Kate Porter, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !