•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pénurie d’infirmières coûte très cher en heures supplémentaires en Outaouais

Des infirmières marchent de dos dans le corridor d'un hôpital.

En Outaouais, des infirmières ont perçu des salaires de plus de 200 000 $ l'an dernier, en raison des heures supplémentaires, ce qui représente presque trois fois le salaire normal.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

La pénurie d'infirmières dans le réseau de la santé coûte très cher en heures supplémentaires, en Outaouais. Des données du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, d’abord obtenues par le quotidien La Presse, démontrent que deux infirmières ont touché plus de 300 000 $ l’an dernier et que sept ont perçu des salaires de plus de 200 000 $.

Une assistante infirmière-chef, qui a travaillé à temps plein l’an dernier, a touché un salaire de 354 312,71 dollars.

De ce montant, 216 952,42 $ ont été perçus en raison des heures supplémentaires et 65 818,24 $ proviennent de primes; deux montants qui s'ajoutent à son salaire de base de 71 542,05 $.

Ces informations, rapportées d'abord par La Presse, figurent dans un document du CISSS de l’Outaouais obtenu via une demande d’accès à l’information par le quotidien montréalais et dont Radio-Canada a obtenu copie plus tard, mercredi.

En entrevue à ICI Ottawa-Gatineau, la présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Karine D’Auteuil, estime qu’il est inquiétant de savoir qu’une professionnelle en soins peut faire le travail pour deux, de faire autant [d’heures] supplémentaires. Ce n'est pas censé être ça.

Si les postes étaient tous pourvus, [avaient] tous leurs titulaires en poste et seraient comblés, il n'y aurait pas autant de possibilités de faire autant [d'heures] supplémentaire et [d'heures] supplémentaires obligatoires, ajoute Mme D’Auteuil. Parce qu'il ne faut pas oublier que dans le salaire, tout est compris : [les heures] supplémentaires volontaires, [les heures] supplémentaires obligatoires, les primes et tout. Donc, c'est inquiétant, à savoir qu'il y a autant de postes dépourvus de titulaires.

Selon la représentante syndicale, les détails et les modalités pour attirer de nouveaux employés dans le secteur se font toujours attendre de la part du ministre de la Santé, Christian Dubé.

En septembre, le gouvernement du Québec a promis d’offrir des primes allant jusqu’à 18 000 $ en Outaouais, pour combler la grave pénurie de main-d'œuvre dans le réseau public de la santé.

Il faut faire un geste concret. Il faut ces mots dans la marge, mais il ne faut pas que ça soit le seul geste, insiste Mme D’Auteuil. Il faut que ça vienne avec la réduction de la surcharge de travail en instaurant des relations sécuritaires professionnelles en soins et aux patients. Mais avant tout, il faut une ligne directrice nette, claire et précise pour les employeurs que [les heures] supplémentaires, ce n'est pas un moyen de gestion et que ça doit être banni.

Avec les informations de Laurie Trudel

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !