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L’Alberta se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale

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L'industrie pétrolière et gazière est extrêmement importante pour l'économie albertaine.

Photo : Getty Images / Don White

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L’Alberta est l’un des endroits dans le monde qui se réchauffe le plus rapidement. Depuis 1950, la température moyenne dans le sud de la province a augmenté de 1 à 2 degrés Celsius tandis que dans le nord de la province, elle a augmenté de 2,5 à plus de 3 degrés, selon des données compilées par un chercheur de l’Université de Lethbridge.

À titre comparatif, la température moyenne de la planète a augmenté d’un peu plus de 1 degré Celsius depuis 1880, selon la NASA.

C’est très grave et tout le monde doit en prendre conscience, affirme le spécialiste des changements climatiques de l’Université de Lethbridge Stefan Kienzle.

Dans certaines régions [le réchauffement] est deux à trois fois plus rapide, précise-t-il.

Le chercheur a créé un site Internet (Nouvelle fenêtre) (en anglais) sur lequel il est, entre autres, possible d’observer les écarts de température à travers 7000 régions de la province entre 1950 et 2017.

Les données ont été collectées par le gouvernement fédéral et différentes agences gouvernementales dans les stations météorologiques installées sur le territoire albertain.

Les informations révèlent qu’en près de 70 ans, les hivers se sont réchauffés de 4 à 5 degrés Celsius dans le sud de la province, contre 6 à 7 degrés dans le nord.

Le nombre de jours extrêmement froids durant lesquels les températures passent sous -20 degrés Celsius a également diminué de moitié en Alberta.

Ce qui m’a surpris, c’est le fait qu’il y a aussi davantage de vagues de froid en Alberta. Cela peut sembler contre-intuitif, mais s’explique par le fait que les changements climatiques se manifestent principalement par l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes, explique Stefan Kienzle.

Similaire à la Sibérie

David Sauchyn, un expert en changements climatiques basé à Régina, en Saskatchewan, explique que les changements climatiques sont plus importants dans les territoires nordiques.

Il compare la situation de l’Alberta à celle de la Sibérie, qui connaît de plus en plus de vagues de chaleur. Les deux territoires sont situés à une latitude similaire et au milieu d’un continent, loin des océans.

« À l’exception de l’Arctique, il n’y a pas beaucoup d’endroits dans le monde qui se réchauffent plus rapidement que l’Alberta. »

— Une citation de  David Sauchyn, directeur, Prairie Adaptation Research Collaborative

Saison agricole plus longue

Le réchauffement climatique de l’Alberta pourrait être une bonne nouvelle pour les agriculteurs.

Bien que les étés albertains se réchauffent moins rapidement que les hivers, la saison agricole s'est allongée de deux à cinq semaines par année.

C’est un aspect des changements climatiques qui est avantageux pour l’agriculture, soutient David Sauchyn, un expert en changements climatiques basé à Régina, en Saskatchewan.

Il précise toutefois que les fluctuations entre les années sèches et les années humides vont augmenter, ce qui pourrait causer plus de sécheresses et d’inondations.

C’est le genre de volatilité que l’industrie agricole devra surmonter, dit-il.

David Sauchyn ajoute que le réchauffement des hivers favorise la prolifération de parasites, ce qui est problématique pour les récoltes.

Plus de catastrophes naturelles

Les deux experts pensent que l’Alberta doit s’attendre à davantage de catastrophes naturelles comme des tempêtes de grêle, des inondations et des feux de forêt dans l’avenir.

Stefan Kienzle fait remarquer que l’incendie de Fort McMurray, dans le nord de l’Alberta, en 2016, est devenu l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses pour les assureurs de l'histoire du Canada.

Cet incendie s’est déclenché en raison de conditions météorologiques extrêmes engendrées par les changements climatiques, précise-t-il.

Le prix que nous payons en tant que contribuables est que nous devons dépenser beaucoup d’argent pour réparer les dégâts. [...] Pensez aussi à la qualité de l’air et au nombre de jours où nous n’avons pas pu faire du sport dehors, ajoute le chercheur.

Décarboniser

Selon Stefan Kienzle, les sables bitumineux dans le nord de la province ont un effet direct sur le réchauffement climatique dans la province.

Nous savons que les sables bitumineux produisent du CO2 et que ce dernier est responsable des changements climatiques, dit-il.

Il ajoute qu’une transition vers des énergies renouvelables est essentielle pour limiter les conséquences des changements climatiques.

Les changements climatiques sont déjà en cours. [...] Il faut agir dès maintenant, insiste-t-il.

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