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Sipekne’katik conduit une étude sur les impacts de sa pêche hors saison

Des homards avec les pinces attachées par des élastiques, dans un bac.

Des homards fraîchement pêchés.

Photo : CBC / Mark Crosby

Radio-Canada

La Première Nation de Sipekne'katik, en Nouvelle-Écosse, conduit une étude scientifique pour mesurer les impacts de sa pêche au homard sur la conservation de la ressource.

La communauté mi’kmaw détient des permis de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles.

La décision de ces pêcheurs autochtones de pêcher le homard hors des saisons réglementées par le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) et l’opposition de certains pêcheurs commerciaux est source de tension depuis l’an dernier en Nouvelle-Écosse.

Crayon à la main, Megan Bailey supervise des gens qui trient du homard sur un bateau.

À bord du bateau de pêche « Mamma Ain't Happy », Megan Bailey (à gauche) dirige la recherche à laquelle participent des membres de la Première Nation de Sipekne'katik.

Photo : CBC / Mark Crosby

Megan Bailey, de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance intégrée des océans et du littoral, dirige pour le moment cette étude, qu’elle entend confier par la suite à la communauté de Sipekne'katik, dont plusieurs membres participent activement à ses travaux en mer.

La professeure Bailey et les membres de la communauté qui l’assistent recueillent des données comme la taille et le sexe des homards, ou la fermeté de leurs carapaces.

Les homards trop petits, ou trop mous, sont remis à l’eau. Les crustacés qui portent des oeufs sont identifiés avant d’être remis à l’eau, afin de laisser savoir aux pêcheurs qu’ils ne doivent pas capturer une femelle reproductrice.

L’étude a été lancée au printemps 2021. Megan Bailey, qui est aussi professeure à l’Université Dalhousie, souligne que le MPO recueille des données sur la qualité des homards capturés durant les saisons de pêche commerciale, mais très peu hors saison, entre juin et octobre.

Sipekne'katik se donne comme objectif de poursuivre cette étude pendant au moins trois ans. Plus de 3000 homards ont été échantillonnés jusqu’à maintenant, mais une seule saison n’est pas assez pour tirer des conclusions, souligne la professeure Bailey.

Un autre objectif, ajoute-t-elle, est que les membres de la Première Nation apprennent comment diriger eux-mêmes cette étude à l'avenir.

Megan Bailey près de casiers à homard.

Megan Bailey, de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance intégrée des océans et du littoral.

Photo : CBC / Mark Crosby

Dans les zones de pêche 33 et 34, au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, la saison de pêche commerciale au homard se déroule de la fin novembre à la fin mai.

Cette année, la communauté de Sipekne'katik a lancé sa saison de pêche le 15 juillet, et compte y mettre fin lorsque la saison commerciale commencera.

Je crois que l’une des méprises courantes est de croire que lorsque la Première Nation effectue une pêche, elle la fait sans aucune règle, explique la professeure Megan Bailey.

Il y a un plan de gestion des pêches en place, avec des règlements, dit-elle, faisant référence au document de 23 pages que la communauté a rédigé. Même si elle ne suit pas les règlements du MPO, les pêches [de Sipekne'katik] sont quand même soumises à des règles.

Le plan de gestion est guidé par les principes traditionnels mi’kmaw appelés netukulimk, que Sipekne'katik définit comme l’atteinte et le maintien de standards adéquats de nutrition et de bien-être économique pour la communauté, sans mettre en péril l’intégrité, la diversité ou la productivité de notre environnement.

Photo prise par drone de bateaux de pêche s'éloignant du quai.

Des pêcheurs autochtones quittent le quai de Saulnierville pour aller pêcher, le 9 septembre 2021 en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC

Notre peuple est très fier de jouer un rôle de gardien et de protecteur de l’environnement, déclare Cheryl Maloney, une membre de Sipekne'katik qui est chargée de cours en science politique à l’Université du Cap-Breton.

Nous avons été écartés des efforts de conservation, de ce rôle de gardiens que nous avions depuis des temps immémoriaux. C’est donc un retour aux sources, dit Mme Maloney.

Les dirigeants de Sipekne'katik disent que la communauté utilise présentement 1000 étiquettes de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles, ce qui équivaut à 3 casiers à homard par membre de la communauté qui est pêcheur.

Au 31 décembre 2020, il y avait 943 bateaux de pêche commerciale qui détenaient des permis dans la zone de pêche 34, avec de 375 à 400 casiers à homard par bateau.

La Première Nation de Sipekne'katik a approché le ministère des Pêches et des Océans (MPO) au printemps dernier pour qu’il participe à l’étude scientifique.

Le ministère a décliné l’offre de participer au projet de la professeure Bailey, a indiqué dans un courriel un porte-parole du MPO.

Des représentants du ministère se sont cependant entretenus avec Mme Bailey et lui ont fourni des formulaires et des documents sur les méthodes normalisées d'échantillonnage pour l’aider dans ses travaux.

Megan Bailey dit détenir un permis scientifique du MPO, qui oblige Sipekne'katik à partager les données recueillies avec le ministère fédéral de façon continue.

Comme pour toute étude scientifique, celle-ci devra être soumise aux évaluations par les pairs, rappelle le MPO.

D’après le reportage de Nicola Seguin, de CBC

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