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Un système d’alarme pour mieux gérer les glissements de terrain sur la route de l’Alaska

Fabrice Calmels devant un glissement de terrain.

Le professeur Fabrice Calmels dirige un projet de système d'alerte visant à informer le gouvernement du Yukon de toute menace pour les conducteurs de la route de l'Alaska due au dégel du pergélisol ou à des phénomènes météorologiques extrêmes.

Photo : CBC / Anna Desmarais

Radio-Canada

Les scientifiques ont mis en place un système d’alarme qui permet d'être informé du dégel du pergélisol sur la route principale qui relie le Yukon et l’Alaska, dans le but de mieux gérer les glissements de terrain.

Au kilomètre 1456 de la route de l’Alaska se dresse une tige métallique, non loin d’une zone où la terre commence à s'affaisser à cause de la fonte du pergélisol. Il s’agit du premier outil d’un nouveau système d’alarme qui pourra prévenir le ministère des Routes et des Travaux publics du Yukon si l’état de la route est sous le coup d’une menace.

C’est vraiment inquiétant de voir ce type de chose se produire, l’effondrement, si proche du corridor routier, note Fabrice Calmels, titulaire de la chaire de recherche sur le pergélisol et en géoscience au Centre de recherche de l'Université du Yukon.

Il affirme que son équipe a donc cherché à développer un système qui peut protéger la route de ces dangers.

Un dégel très rapide

Le pergélisol est un sol complètement gelé pendant au moins deux années consécutives. Au Yukon, cela se traduit par une épaisse couche de glace sous la surface du sol.

Dans la zone mentionnée plus haut, nommée l’affaissement de Takhini (Takhini Slumps) par le professeur Calmels et son équipe, le dégel est plus rapide qu’il ne l’a jamais été.

Un glissement de terrain proche d'un fleuve au Yukon.

"L'affaissement de Takhini", comme l'appellent M. Calmels et son équipe de recherche, se trouve à environ 40 mètres de la route de l'Alaska.

Photo : CBC / Anna Desmarais

Les chercheurs s’y sont intéressés pour la première fois en 2019. À cette époque, ce glissement de terrain se situait à 95 mètres de la route. Aujourd’hui, 40 mètres le séparent de l’infrastructure.

Les températures records enregistrées cet été au Yukon, causées en partie par un dôme de chaleur venu s’abattre sur le Pacifique, ont accéléré la fonte du pergélisol. Cela signifie que le glissement de terrain s’est rapproché de cinq mètres de la route en seulement un mois, explique Fabrice Calmels.

À cette allure, il pourrait atteindre la route de l’Alaska d’ici trois ou quatre ans, assure le professeur.

La technicienne de systèmes d’information géographique (SIG), Cyrielle Laurent, qui fait partie de l’équipe de M. Calmels au centre de recherche de l’Université, affirme que les Yukonnais devraient savoir que le dégel du pergélisol peut avoir des conséquences réelles sur leur vie quotidienne.

La route est le seul accès que nous avons pour rejoindre l’Alaska. Donc si elle disparaît, certaines personnes n'auront plus accès à leur maison, à Whitehorse, à l'hôpital.

Récolte et analyse de données

Une tige métallique verte enfoncée dans le sol.

Le système d'alerte mis en place au kilomètre 1456 de la route de l'Alaska récolte des informations sur l'humidité, la température, ainsi que d'autres facteurs.

Photo : CBC / Anna Desmarais

Pour mettre en place leur système d’alarme, les chercheurs ont creusé des trous dans le sol et installé des capteurs qui mesurent l'humidité, la température et d'autres facteurs importants toutes les heures.

Ces données sont alors stockées puis analysées par un ordinateur. S'il remarque une menace, qu'elle soit imminente ou qu'elle puisse survenir en raison d'un événement météorologique extrême, il alerte le gouvernement du Yukon.

Ce système d’alarme est l’un des premiers à être installé au Canada, après ceux qui se trouvent au nord du Québec. À terme, il devrait aussi se retrouver le long de la route Dempster, côtés Yukon et Territoires du Nord-Ouest.

Cela concerne de nombreux endroits au nord du Canada. Quand vous vous trouvez dans des zones très éloignées, vous ne pouvez pas tout surveiller donc vous avez besoin d’un outil qui peut enregistrer des données spécifiques puis les analyser, à distance.

À ce stade, Fabrice Calmels affirme que lui et son équipe n’ont pas encore trouvé de solution pour ralentir l’affaissement de Takhini.

L’équipe a aussi quelques ajustements à réaliser sur son système avant qu’il ne devienne totalement opérationnel. Cela devrait être le cas avant la fin de l’année, soutient le professeur.

Avec les informations d'Anna Desmarais

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