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Crise du logement : le Yukon à la recherche de solutions

Plan d'ensemble de la salle de conférence du centre culturel Kwanlin Dün.

En rassemblant près d’une centaine d'acteurs du secteur pendant une journée et demie, en présentielle au centre culturel Kwanlin Dün de Whitehorse, et en visioconférence, le gouvernement du Yukon espère pouvoir travailler, au mieux, une réponse à la crise.

Photo : Radio-Canada

Qu'est-ce qu'une responsable d'une association, une propriétaire, un ministre, un maire et un entrepreneur du bâtiment ont en commun ? En tant que Yukonnais, ils connaissent, subissent, vivent, ou tentent de faire face à la crise du logement au territoire.

Pour répondre à cette crise du logement, le Yukon a organisé un sommet sur le sujet. L'objectif était de rassembler différents acteurs pour partager et échanger les idées, pistes de solutions et cartes de visite afin de mieux travailler ensemble.

Pour Philippe Mollet, le vice-président de la Société d'habitation du Yukon, ce sommet s'explique par le fait que trouver des solutions à cette crise est une responsabilité collective.

Le gouvernement, en organisant ce sommet, prend un rôle en tant que leader, mais nous ne sommes pas les seuls à travailler là-dessus. Nous pouvons nous aider, nous pouvons vous soutenir, mais nous ne pouvons pas tout faire.

Une citation de :Philippe Mollet, le vice-président de la Société d'habitation du Yukon
Portrait de Philippe Mollet au sommet sur le logement.

Pour Philippe Mollet, la solution à la crise doit venir de la collaboration entre tous les gouvernements et le secteur immobilier dans son ensemble.

Photo : Radio-Canada

D’après les chiffres du Bureau des statistiques du Yukon, entre 2000 et 2021, la population de Whitehorse est passée d'environ 19 000 à 33 000 habitants. Dans le même temps, le prix moyen d’une maison individuelle à Whitehorse est passé de 150 000 $ à près de 700 000 $.

Graphique représentant l'évolution de la population de Whitehorse et le prix moyen d'une maison.

Évolution de la population de Whitehorse et du prix moyen d'une maison individuelle dans la ville entre 2000 et 2021. Source : Bureau des statistiques du Yukon

Photo : Radio-Canada

Les participants pouvaient retrouver ces statistiques dans des documents sur leurs tables. Une courbe à la croissance exponentielle rappelle aussi que la situation n’ira pas en s’arrangeant si rien n’est fait : le territoire projette que sa population atteindra 55 000 habitants d’ici 2040. Dawson compterait 1 300 habitants de plus et Haines Junction verrait sa population augmenter de 60 %, passant de près de 1 000 à 1 600.

Graphique illustrant les prévisions d'évolution de la population du Yukon et de Whitehorse entre 2018 et 2040.

Prévision d'évolution de la population du Yukon et de celle de sa capitale, Whitehorse, d'ici 2040. Source: Bureau des statistiques du Yukon

Photo : Radio-Canada

D’un côté c’est bien de voir la population grandir, mais c'est aussi assez dramatique et je pense qu'on va avoir du mal à suivre confie Gord Curran, maire de Teslin et président de l'Association des collectivités du Yukon.

Il y a beaucoup de bonnes idées venant d'organismes à but non-lucratif, mais dans les collectivités rurales du Yukon, il n’y a pas vraiment de présence pour elles alors la question est de voir comment appliquer ces bonnes idées à de petites communautés avec des ressources et capacités limitées

Une citation de :Gord Curran, maire de Teslin et président de l'Association des collectivités du Yukon

Il explique que l’une des problématiques pour ces communautés est que la valeur du marché immobilier n’est pas la même qu’à Whitehorse et reste donc moins attrayante pour les promoteurs immobiliers. Les conséquences du manque de logement y sont donc très concrètes.

Portrait de Gord Curran au sommet sur le logement.

Gord Curran est satisfait de voir que le problème est "sur le radar du gouvernement." Pour lui, l'organisation de ce sommet est une première étape.

Photo : Radio-Canada

Un couple va peut-être partir et c’est potentiellement un pompiers et une employée de la garderie que l’on va perdre. L’impact est énorme pour les petites communautés.

Lee Bodie, le maire de Carmacks, fait le même constat. Un couple et un bébé ont dû quitter la ville faute de logement.

Il est aussi venu chercher des solutions au sommet. À Carmacks, on n'est pas différent du reste du Yukon constate-t-il. On a très peu de terrains disponibles, la plupart sont vendus avec l’obligation de construire en cinq ans, mais comme le gouvernement ne fait pas respecter cet impératif, nous restons là avec ces terrains vides.

Il explique qu’avec le manque de logements c’est tout le développement de la ville qui souffre. On ne peut pas embaucher les employés, le personnel dont on a besoin puisqu’ils n’ont nulle part où vivre.

Portrait de Lee Bodie au sommet sur le logement.

Lee Bodie est le maire de la Ville de Carmacks.

Photo : Radio-Canada

Le sommet lui a offert des pistes à explorer. Deux entrepreneurs sont venus vers moi en me disant qu’ils pouvaient aider à construire ces maisons. Il faut juste qu’on s'assoie et qu’on voie comment payer.

Même si ce n’est pas dans le mandat du maire de construire des logements, il affirme qu’il est prêt à aller au-delà de son mandat pour pouvoir offrir la meilleure qualité de vie possible à ses résidents.

Tous les acteurs doivent faire leur part

Parmi les entrepreneurs présents, on comptait Les Walker de la Première Nation Champagne Aishihik. Il appelle à la création d’un groupe de réflexion composé de citoyens et à une vision plus communautaire de la question afin de miser sur la réciprocité.

“Les gens d'affaires peuvent faire leur marge, tout en réduisant le coût du logement. Il y a plein d’options, bien plus que les miennes, c’est pour ça que l’on doit les mettre en commun dans un groupe de réflexion pour les présenter aux gouvernements et à l’industrie.

Portrait de Les Walker au sommet sur le logement.

Les Walker a pris la parole pour partager son expérience du secteur de la construction et des pistes d’amélioration possibles selon lui.

Photo : Radio-Canada

Puisque la responsabilité est collective, il répète que tout le monde à un rôle à jouer : un architecte qui dessine une belle maison pour son portfolio, mais qui n’a pas un bon rapport coût-efficacité n’aide pas à rendre le logement abordable. Un promoteur a-t-il besoin de faire 30-40 % de marge alors que 15-20 % pourraient suffire à son entreprise. Devez-vous vendre un bien au prix auquel vous pensez être capable de le vendre ou selon sa réelle valeur?

La façon dont on procède maintenant crée de nombreux problèmes. (...) De nos jours les gens paient 20 000, 30 000 et même 50 000 $ de plus que le prix demandé pour une maison et ce sont les familles qui écopent. 

Une citation de :Les Walker, entrepreneur du bâtiment

Autant d’éléments qui participent à l’inflation selon lui. Il se dit enthousiaste pour l’avenir et croit que les contacts pris aujourd’hui pourront porter leur fruit. C’est juste inspirant d’être ici avec des individus qui ont tous pour but d’offrir un toit à des gens.

Ranj Pillai, le ministre responsable de la société d'habitation du Yukon, a d'ores et déjà donné rendez-vous aux participants dans 6 mois pour dresser un premier bilan des effets de cette rencontre.

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