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Achetée et portée en ligne, la mode virtuelle explose

Quatre personnages de jeux vidéo portant des vêtements (skins) imaginés par Balenciaga.

Balenciaga a dévoilé en septembre une collection de vêtements virtuels dans le jeu «Fortnite».

Photo : Epic Games

Agence France-Presse

Un jour, tout le monde pourra choisir des vêtements dans des couleurs ou des designs impossibles en se promenant dans d'énormes entrepôts virtuels, selon les prédictions d’avant-gardistes de la mode numérique.

Tandis que les défilés physiques sont progressivement de retour dans les grandes capitales de la mode, des vêtements se portent déjà exclusivement sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo. Ce phénomène, porté par les confinements liés à la crise de la COVID-19, pourrait bouleverser l’industrie de la mode.

Il s'agit de vêtements futuristes, commandés à de très jeunes créateurs et créatrices. Les prix vont de quelques dizaines de dollars jusqu'à des milliers, si une exclusivité mondiale est demandée. Les transactions se font avec des NFT, des jetons non fongibles. Il existe aussi des vêtements appelés skin (peau) pour habiller des avatars virtuels.

Un métavers de la mode

La mode est avant tout une expérience. Nous n'avons pas forcément besoin de ressentir physiquement l'émotion de porter des vêtements fabuleux, estime Michaela Larosse, porte-parole de la jeune pousse néerlandaise The Fabricant.

Avec une vingtaine de graphistes et designers, The Fabricant a commencé à créer des vêtements numériques en 2018. Mais c'est avec la pandémie que son chiffre d'affaires a explosé, selon l’entreprise.

The Fabricant travaille avec Puma et Tommy Hilfiger pour concevoir des vêtements en 3D, ce qui permet de réduire les coûts de production.

Mais la proposition compte aller plus loin, pour passer dans une espèce de métavers. Munie de son identité virtuelle et de ses lunettes, une personne pourra être conseillée virtuellement pour acheter et revendre ses vêtements à d'autres.

Séduire les jeunes

Cette proposition a tout pour séduire les moins de 20 ans, qui ne se souviennent pas du monde non numérique, croit Michaela Larosse.

Cette année, Balenciaga a fait une incursion dans le populaire jeu vidéo Fortnite en proposant des vêtements et chaussures à plus de 250 millions de joueurs et joueuses.

Jean Paul Gaultier, qui a été pionnier dans plusieurs aspects de la mode, a indiqué à l'AFP que cet aspect émergent de l’industrie ne l'intéresse pas.

Je suis d'une autre époque et content avec mon aventure très tactile avec le vêtement réel.

Une citation de :Jean Paul Gaultier

Toutefois, pour l'historienne de l'art Miren Arzalluz, directrice du palais Galliera, musée de la mode de Paris, cette tendance est extraordinaire.

Le numérique offre une occasion magnifique d'imaginer la mode et de vivre un moment différemment, a-t-elle mentionné à l’AFP.

L'application DressX, fondée il y a un an à San Francisco, propose des centaines de robes, bijoux et œuvres d'art numérique, pour moins de dix dollars par mois.

C'est comme le début d'Internet : certaines marques hésitaient à mettre leurs produits en vente en ligne, se souvient la cofondatrice Daria Shapovalova. Mais plus tôt vous vous positionnez, mieux ce sera.

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