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Un circuit cérébral qui contrôle la peur révélé

Plan d'une jeune femme craintive piégée par la foule.

Environ 3 millions de Canadiens (11,6 %) âgés de 18 ans et plus sont atteints d'un trouble anxieux.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un mécanisme cérébral dont la modulation modifie les réactions de peur chez la souris a été révélé par les travaux de scientifiques britanniques.

Ce circuit se trouve dans le noyau géniculé latéral ventral du thalamus (vLGN), une structure du cerveau qui traite l'information visuelle provenant de la rétine.

La Pre Sonja Hofer et ses collègues de l’University College London ont constaté que lorsque l'activité de cette région du cerveau était supprimée, les rongeurs étaient plus enclins à fuir un danger perçu et à se mettre en sécurité. De l’autre côté, l'activation des neurones du vLGN supprimait complètement les réponses de fuite face à des menaces imminentes.

L’expérience de la peur

S'il est normal d'éprouver de la peur ou de l'anxiété dans certaines situations, nous pouvons adapter nos réactions en fonction de nos connaissances ou des circonstances, expliquent les chercheurs dans un communiqué publié par l’université.

Par exemple, si une personne est réveillée par de fortes détonations et des lumières vives, un sentiment de peur devrait s’emparer d’elle. Mais si elle a déjà fait l'expérience de feux d'artifice, ses souvenirs lui permettront probablement d'éviter de telles réactions et de retourner se coucher sans crainte.

En revanche, si cette personne se trouve dans une zone de guerre, sa réaction de peur devrait être fortement accrue.

Les scientifiques ont déjà associé certaines régions du cerveau au traitement du danger perçu et à la médiation des réactions de peur. Toutefois, les mécanismes de contrôle de ces réactions restaient mystérieux.

Repères

Le contrôle de la peur est un élément central en psychiatrie, parce que son altération peut conduire à des troubles anxieux tels que les phobies ou les troubles de stress post-traumatique (TSPT) dans lesquels les circuits cérébraux associés à la peur et à l'anxiété deviennent hyperactifs, entraînant une augmentation pathologique des réactions de peur.

Des souris et des hommes

Dans ses travaux, le groupe de recherche de la Pre Hofer a tiré parti d'un paradigme expérimental établi par lequel les souris s'échappent vers un abri dès qu’elles perçoivent une ombre noire s'étendant au-dessus d'elles. Ce stimulus simule un prédateur se déplaçant vers l'animal depuis le ciel.

Les chercheurs ont découvert que le vLGN pouvait contrôler le comportement de fuite en fonction des connaissances acquises par l'animal lors d'expériences précédentes et de son évaluation du risque dans son environnement actuel.

Lorsque les souris ne s'attendaient pas à une menace et se sentaient en sécurité, l'activité d'un sous-ensemble de neurones inhibiteurs dans le vLGN était élevée, ce qui pouvait inhiber les réactions de menace.

En revanche, lorsque les souris s'attendaient à un danger, l'activité de ces neurones était faible, ce qui rendait les animaux plus susceptibles de s'échapper et de chercher la sécurité.

Nous pensons que le vLGN peut agir comme une porte inhibitrice qui fixe un seuil de sensibilité à un stimulus potentiellement menaçant en fonction des connaissances de l'animal, affirme dans le communiqué Alex Fratzl, l’un des auteurs des travaux publiés dans la revue Neuron (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Les chercheurs veulent maintenant déterminer les autres régions du cerveau avec lesquelles le vLGN interagit pour contrôler les réactions défensives.

Ils ont déjà repéré l’une d’elles, le colliculus supérieur dans le mésencéphale. Selon eux, le vLGN inhibe spécifiquement les neurones du colliculus qui réagissent aux menaces visuelles. Il bloque ainsi spécifiquement la voie cérébrale qui régit les réactions à de telles menaces, soit quelque chose que l'animal voit et qui pourrait représenter un danger, comme l'approche d'un prédateur.

Le saviez-vous?

Environ 3 millions de Canadiens (11,6 %) âgés de 18 ans et plus ont déclaré être atteints d'un trouble anxieux ou de l'humeur en 2013.

Chez l’humain

De nos jours, l’humain n’a pas à s'inquiéter des prédateurs, mais il réagit quand même instinctivement à la peur dans certaines situations.

Les chercheurs veulent donc savoir s’il existe des circuits cérébraux similaires chez l’humain dans l’espoir de pouvoir créer des traitements contre le SSPT et les autres troubles liés à l'anxiété.

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