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Vaccin ou salaire : vives réactions dans les foyers, les écoles et les garderies

Des résidents d'un centre de soins de longue durée attendent dans leur fauteuil roulant.

D'ici le 19 novembre, les employés du gouvernement provincial, des sociétés de la Couronne, des foyers de soins et des garderies devront avoir reçu deux doses du vaccin contre la COVID-19.

Photo : CBC / Steve Bruce

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, des milliers de travailleurs non vaccinés devront remonter leur manche et accepter de recevoir deux doses de vaccins contre la COVID-19 d'ici le 19 novembre, sans quoi ils seront envoyés à la maison sans salaire. Cette décision fait réagir, notamment dans les écoles, les garderies et les foyers de soins, où on craint les impacts de cette mesure draconienne.

Tous les employés de la fonction publique provinciale, des sociétés de la Couronne, du système d’éducation et du système de santé devront obligatoirement être vaccinés d'ici six semaines. La mesure s’applique aussi aux établissements de soins de longue durée et aux garderies. Les bénévoles qui fréquentent ces lieux devront aussi fournir une preuve de vaccination.

De plus, avant le 19 novembre, les personnes qui ne sont pas pleinement vaccinées qui se révèlent être un contact d’un cas positif devront s’isoler pendant 14 jours et ne recevront pas de salaire pendant cette période.

« Ça va être un défi » dans les foyers de soins

Michael Keating interviewé.

Michael Keating, de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, croit que la priorité doit être la sécurité des résidents (archives).

Photo : Radio-Canada/Zoom

Ça va avoir un impact majeur, lance le président de l'Association francophone des établissements de soins spéciaux du Nouveau-Brunswick, Kevin Vienneau.

L'objectif de la vaccination obligatoire, selon le gouvernement, est d'arriver à vacciner le plus de gens possible. Kevin Vienneau estime toutefois que cela va plutôt entrainer la perte de précieux employés.

Sen Kevin Vienneau, qui gère environ 300 employés dans huit établissements du Nord, 3 à 5 % des employés ne se feront pas vacciner et devront quitter leur travail.

J'ai reçu beaucoup d'appels des autres opérateurs de la province, qui ont des supers bons employés, dévoués, mais qui décident de ne pas se faire vacciner. Ils vont perdre leur emploi. On est déjà dans une pénurie très difficile. Ça va créer un stress énorme sur les opérateurs de foyers de soins, car on ne peut pas remplacer les gens du jour au lendemain, dit-il.

Le directeur général par intérim de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Michael Keating, comprend pourquoi le gouvernement impose de telles mesures.

Étant donné les circonstances dans la province, nous sommes complètement d'accord avec le premier ministre. Nos résidents sont assez faibles, et nous devons les protéger autant que possible.

Il reconnait toutefois que cela va entrainer des défis dans le recrutement et la rétention des employés. Je suis pas mal sûr qu'on va perdre des employés, se désole-t-il.

« Nous autres on est au milieu d'une crise. On a perdu des résidents à Sackville, Grand-Sault, Perth-Andover. C'est une question de vie. Le problème de main-d'œuvre, je suis d'accord, mais on doit regarder nos priorités et là c'est nos résidents. »

— Une citation de  Michael Keating, directeur général par intérim de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick

L'association tente de mettre en place un plan pour pallier le manque de main-d'œuvre que pourrait engendrer la vaccination obligatoire. Michael Keating explique que des appels sont faits pour tenter de recruter des personnes à la retraite. Des discussions sont également en cours avec la Croix-Rouge.

Éducation : 12% des employés ne sont pas pleinement vaccinés

Pour la présidente de l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Nathalie Brideau, ces décisions ont un goût amer.

Selon elle, la très grande majorité des enseignants est vaccinée. Mme Brideau est toutefois préoccupée que des membres puissent être suspendus sans salaire.

« On pense que devoir forcer les gens à se faire vacciner sous peine de congédiement, ça demeure un constat d’échec des efforts de mobilisation du gouvernement. Si on est rendus là, c’est que ce qu’on a mis de l’avant auparavant n’a pas fonctionné. »

— Une citation de  Nathalie Brideau, présidente de l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick

Selon un porte-parole du ministère de l’Éducation, 88 % du personnel des écoles avaient reçu deux doses du vaccin en date du 4 octobre. Outre les enseignants, cela inclut le personnel administratif, d’entretien, les chauffeurs d’autobus et le personnel de soutien.

Des garderies craignent la pénurie de personnel

Une femme porte un masque à fenêtre et sourit. Elle est assise à une table avec une enfant et elles manipulent de petites figurines.

Des garderies craignent de manquer de personnel, en raison de la vaccination obligatoire contre la COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Si les garderies étaient jusqu’à maintenant écartées des exigences de vaccination ou de dépistage, elles devront maintenant se soumettre aux mêmes critères que les établissements d’enseignement.

La propriétaire de la garderie Gardérisson de Dieppe, Nadine Cormier, dit comprendre les motifs derrière cette mesure, puisque les enfants de moins de 12 ans ne peuvent toujours pas être vaccinés. Mais elle pense que certains établissements seront mis au pied du mur en raison de la pénurie de personnel.

« On est déjà en pénurie de main-d'œuvre. C’était difficile, même avant la COVID-19 de trouver des employés et c’est certain que cette loi-là ne va pas nous aider. »

— Une citation de  Nadine Cormier, propriétaire de garderie

Elle ajoute que tous ses employés sont vaccinés ou ont pris un rendez-vous pour recevoir le vaccin, mais elle craint que cela reste une embûche pour des embauches occasionnelles ou pour d’autres établissements.

C’est très inquiétant de savoir qu’on pourrait perdre notre licence si on n'est pas conformes. On a aussi un ratio à respecter avec les enfants. Si plein de nos employés ne peuvent pas entrer, comment on va rencontrer notre ratio? On ne peut pas envoyer les enfants à la maison quand les parents paient, ajoute-t-elle.

Mais d’autres appuient la mesure. Maxim Beauregard-Dionne est membre du conseil d’administration de la garderie l’Éveil située sur le campus de l’Université de Moncton. Il est heureux que pour une fois, les centres de la petite enfance soient sur un pied d’égalité avec les écoles. 

Au niveau sanitaire, pour protéger les enfants, c’était selon nous, la seule option d’un point de vue scientifique, pense-t-il.

D'ailleurs, La garderie l’Éveil imposait déjà la vaccination à ses employés avant l’obligation gouvernementale.

Le SCFP consulte des avocats

Le président du Syndicat canadien de la fonction publique au Nouveau-Brunswick, Stephen Drost, admet que ces nouvelles règles touchent une majorité des membres du syndicat. Si le Syndicat canadien de la fonction publique désire être responsable socialement, il doit aussi veiller à la protection de tous ses membres, rappelle-t-il.

Nous allons suivre leurs conventions collectives et s’il y a violation, nous prendrons les mesures nécessaires [...] pour que leurs droits soient respectés, a indiqué le président, qui ajoute être en discussion avec l’équipe légale du syndicat pour évaluer la portée de ces mesures.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue et de l'émission La matinale

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