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Inconduites sexuelles : les Forces armées renoncent à une nomination controversée

Peter Dawe parle à la presse devant des véhicules militaires.

Le major général Peter Dawe, le 25 avril 2018

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Radio-Canada

Les Forces armées canadiennes ont renoncé à affecter le major général Peter Dawe à la révision des recommandations d'enquêtes indépendantes sur les abus et les inconduites sexuelles dans ses rangs, cette nomination ayant suscité la grogne et l'incompréhension parmi des ex-soldats et victimes d'agressions sexuelles.

Les Forces armées canadiennes en ont fait l'annonce mardi soir, après que la presse – le quotidien Ottawa Citizen le premier – eut rapporté lundi que le major général Dawe était de retour d'un congé payé.

En mai dernier, il avait perdu son poste de commandant des Forces d'opérations spéciales canadiennes pour avoir soutenu un soldat reconnu coupable d'agression sexuelle en lui rédigeant une lettre de recommandation positive en 2017.

La nouvelle de la nomination du major général Dawe dans un poste-clé visant à mettre en œuvre un changement de culture dans l'armée, dont plusieurs hauts gradés ont été visés par des allégations d'inconduites sexuelles au cours des dernières années, a été vivement dénoncée mardi par des victimes d'agressions sexuelles et ex-soldats.

La nomination, sans déclaration publique de la part du major général Dawe ou de celle des Forces armées pour expliquer ce choix, a aussi causé de la division et de l'incompréhension dans les rangs de l'organisation.

Dans un communiqué publié vers 21 h 30 mardi soir, la vice-cheffe d'état-major de la Défense s'est excusée pour le traitement maladroit de cette affaire.

Beaucoup, y compris des membres des Forces armées canadiennes, des victimes, des survivants et des intervenants, ont été informés du retour du major général Dawe au travail par les médias, a noté la lieutenante générale Frances Allen.

Ce n'est pas conforme à notre engagement de transparence. Je le reconnais et m'excuse pour le mal que cela a pu causer. Nous aurions dû traiter la publication de cette nouvelle avec plus de soin et de considération.

La lieutenante générale Allen a aussi annoncé que le major général Dawe sera finalement affecté à d'autres tâches. Il tiendra plutôt des discussions avec des survivants d'inconduite sexuelle afin de déterminer la manière dont il peut lui-même contribuer au changement de culture dans l'armée, a-t-elle précisé.

Ils ne comprennent toujours pas, dit Trudeau

Cette affaire a donné de nouvelles munitions aux partis d'opposition à Ottawa, qui réclament la tête du ministre de la Défense Harjit Sajjan depuis déjà plusieurs mois. Le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique ont de nouveau interpellé Justin Trudeau, estimant qu'il doit nommer un nouveau ministre.

En conférence de presse mercredi pour établir les principes encadrant la vaccination obligatoire au pays, Justin Trudeau a réagi. Le premier ministre s'est dit stupéfait et déçu par les reportages révélant les nouvelles tâches que l'armée souhaitait assigner au major général Dawe.

Ça démontre, pour moi, que malgré les efforts – et il y en a eu au sein des Forces armées –, ils ne comprennent pas encore que ce sont les survivants et les survivantes qui doivent être au centre de toutes leurs actions, en termes de ressources, d’écoute, d’apprentissage.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau n'a toutefois pas voulu dire s'il prévoit nommer un autre ministre de la Défense au moment de dévoiler son nouveau Conseil des ministres, plus tard ce mois-ci. Je peux vous assurer que nous avons des réflexions sérieuses, a-t-il dit, en référence aux nominations dans chacun des ministères, et non seulement celui de la Défense.

Justin Trudeau était accompagné de la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, qui a elle aussi été invitée à réagir à cette affaire. Mme Freeland a commencé par souligner le travail ardu effectué par les militaires sur le terrain depuis le début de la pandémie, de même que celui à venir, notamment en Alberta, où déferle une vague sans précédent de COVID-19.

La vice-première ministre a par la suite affirmé qu'elle souhaitait que ce travail important ne soit pas jeté dans l'ombre. Vous avez dit en posant votre question qu'on dirait que le leadership militaire ne comprend tout simplement pas ce qui se passe, a-t-elle dit, s'adressant à une journaliste. Je pense que c'est vrai.

Les militaires n'arrivent pas à comprendre. [...] La réalité, c'est qu'il y a un problème systémique avec le traitement des femmes et la manière dont on répond aux allégations de harcèlement sexuel au sein des Forces armées. Il est clair qu'il y a une culture toxique.

Cela doit changer, et cela va changer, a promis Mme Freeland.

Avec les informations d'Ashley Burke, CBC News

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