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Le salaire des maires s’invite dans la campagne électorale municipale au Québec

Deux pancartes le long d'une rue

Des pancartes électorales de candidats aux élections municipales de Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada / Éric Langevin

Radio-Canada

Est-ce que les maires et mairesses sont trop payés? Devrait-on plafonner leurs revenus? Ces questions reviennent à chaque campagne électorale municipale, mais cette fois certains candidats se sont engagés à réduire leur salaire.

C'était l'un des premiers engagements de Catherine Fournier qui veut succéder à la mairesse de Longueuil, la mieux payée du Québec.

Tout le monde s'entend que ça n'a pas d'allure que le salaire du maire ou de la mairesse de Longueuil soit plus élevé que celui du premier ministre du Québec, souligne-t-elle.

À Laval, la question de la rémunération est également un enjeu électoral. Stéphane Boyer, qui aspire à succéder au maire Marc Demers, s’est engagé à réduire son salaire de 30 000 $ s’il est élu.

Je crois qu'en ce moment, on est en conflit d'intérêts d'avoir à choisir notre propre salaire, indique Stéphane Boyer.

Cependant, pour un certain nombre de maires, notamment ceux des grandes villes, le salaire ne constitue qu’une partie de leur rémunération.

En plus de la rémunération de la ville, il faut ajouter des primes et des allocations pour les différentes fonctions qu’ils occupent, comme siéger à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ou à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

À titre d’exemple, le revenu de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, passe de 108 000 $ à 195 000 $ au total.

Certains spécialistes de la politique municipale privilégient l’instauration d’un plafond. C’est l’idée que défend l’ancien ministre des Affaires municipales et professeur à l'École nationale d'administration publique (ENAP), Rémi Trudel.

Selon lui, les conseils municipaux doivent se prononcer et dire : le total du salaire de la municipalité et des primes, eh bien, ça doit fixer un plafond qui ne pourra être atteint et qui ne pourra être dépassé.

Les engagements pris jusqu'ici par des candidats concernent une baisse de salaire, mais pas d’un plafond de rémunération.

Rémi Trudel, en entrevue avec le journaliste Mathieu Prost

L'ancien ministre des Affaires municipales Rémi Trudel

Photo : Radio-Canada

Qui va décider?

Une autre question s’ajoute à ce débat : est-ce que le gouvernement du Québec devrait se mêler de la rémunération des maires après avoir donné plus d'autonomie aux villes en 2017?

Pour Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et ancienne présidente de l'Union des municipalités du Québec, c’est aux conseils municipaux de décider.

C'est un chantier qui vaut la peine d'être discuté avec les élus municipaux, mais surtout pas de demander à quelqu'un d'autre de prendre la décision, avance-t-elle.

En revanche, le candidat à la mairie de Laval, Stéphane Boyer, estime que le gouvernement Legault devrait encadrer les salaires.

M. Boyer demande à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, de légiférer afin de baliser le salaire des maires de façon à assurer une cohérence à l’échelle du Québec, selon le communiqué du Mouvement lavallois, publié mardi.

Mme Roy croit que la société québécoise est mûre pour ce débat-là à plus large échelle.

Ce n'est pas nécessairement une décision qui va être prise dans une ville X ou Y qui va faire la différence, dit-elle.

Avec les informations de Mathieu Prost et de Benoît Chapdelaine

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