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Une ado de 16 ans, prodige du bluegrass, met l’accent sur l’histoire africaine du banjo

Nora Brown joue du banjo sur scène.

Nora Brown, lors d'une prestation à New York en janvier 2021

Photo : YouTube / NPR Music

Agence France-Presse

Alors que plusieurs jeunes de son âge veulent briller sur TikTok, une New-Yorkaise de 16 ans, prodige du banjo, fait fièrement résonner cet instrument importé par des personnes originaires d'Afrique et réduites à l'esclavage aux États-Unis.

Nora Brown n'avait que 6 ans quand ses parents lui ont offert son premier ukulélé. Ils ne se doutaient pas qu'elle deviendrait en quelques années une virtuose du bluegrass et de la musique dite Old Time.

De ses 6 ans à ses 10 ans, cette fille de Brooklyn a appris le banjo avec le maître de cette musique, Shlomo Pestcoe, un multi-instrumentiste juif mort en 2015.

À l'époque, je ne me rendais absolument pas compte de la chance que j'avais d'apprendre ça, surtout à Brooklyn, confie l'adolescente à l'Agence France-Presse (AFP).

Loin d'être une blague, le banjo est le pilier d'un genre musical à l'histoire riche et complexe, d'après la jeune artiste.

Selon la tradition, l'instrument serait apparu aux Caraïbes au 17e siècle entre les mains de personnes déportées d'Afrique de l'Ouest vers les Amériques afin d'être soumises à l'esclavage.

Passé sur le continent nord-américain, le banjo a été repris par des populations blanches des Appalaches avant de devenir au 18e et au 19e siècle un instrument central de la musique folk.

Le banjo trouvait encore sa place dans les mouvements ragtime et jazz de la première moitié du 20e siècle.

Nora Brown n'a que 16 ans, mais elle est pleinement consciente de l'histoire particulièrement tumultueuse de l'Amérique dans laquelle le banjo s'est inscrit.

La musique enregistrée à l'époque et à laquelle on se réfère aujourd'hui a été composée dans un contexte historique extrêmement violent, reconnaît-elle. Même des chansons qui ne sont pas ouvertement racistes ou injurieuses peuvent contenir un sous-texte ou une histoire qu'on ne perçoit pas à la première écoute, analyse la musicienne.

Toutefois, en 2021, l'adolescente vante l'interconnexion culturelle, le cœur de la musique traditionnelle d'aujourd'hui, et s'inspire de musiciens et musiciennes bluegrass, comme Rhiannon Giddens, qui a mis l'accent sur l'histoire africaine du banjo.

Comme tous les jeunes de son âge, Nora Brown, même avec une telle maturité, n'est pas encore certaine du métier qu'elle souhaite exercer. Je veux à coup sûr continuer de jouer, mais je ne suis pas certaine de devenir une musicienne professionnelle.

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