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Éclosion : une résidence pour aînés au bout du rouleau en Beauce

Une résidence privée pour aînés.

La Seigneurie du Jasmin est aux prises avec une éclosion de COVID-19 depuis quelques semaines.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Aux prises avec l’une des plus importantes éclosions de COVID-19 au Québec, une résidence privée pour aînés (RPA) de Saint-Georges, en Beauce, ne suffit plus à la tâche, à tel point qu’elle a dû se résoudre à couper dans les soins et les services offerts à sa clientèle. La direction de l’établissement reproche aux autorités de santé publique de l’avoir abandonnée à son triste sort.

La Seigneurie du Jasmin dénombre actuellement plus de 25 cas actifs de coronavirus entre ses murs. Contrairement à la situation qui prévalait au début de la pandémie en cas d’éclosion, la résidence ne peut plus envoyer les malades dans un centre désigné pour traiter les personnes atteintes de la COVID.

Les gens qui étaient affectés à la COVID ont réintégré leur poste. Il n'y a plus personne d'affecté. Tout le soutien qu'on avait, on ne l'a plus [...] Là, on se fait dire que dans le fonds, c'est à nous de gérer ces cas-là parce que nos autres résidents sont adéquatement vaccinés, dénonce en entrevue à Radio-Canada la directrice générale de la Seigneurie du Jasmin, Catherine Paré.

« Ce que je déplore, c'est que le CISSS [de Chaudière-Appalaches] et la santé publique nous laissent avec le problème. »

— Une citation de  Catherine Paré, directrice générale, La Seigneurie du Jasmin
Catherine Paré accorde une entrevue à Radio-Canada à l'extérieur.

Catherine Paré affirme que La Seigneurie du Jasmin n'a pas les ressources nécessaires pour gérer une éclosion de cette ampleur.

Photo : Radio-Canada

Elle précise que son établissement ne dispose pas des ressources nécessaires pour offrir tous les soins que requièrent ses résidents atteints de la COVID. L’établissement compte une infirmière et des infirmières auxiliaires, mais aucun médecin.

Le personnel n’arrive tout simplement pas à répondre à la demande, une situation qui se répercute sur les soins et services offerts aux résidents.

On est obligé de réduire le temps qu'on a avec chaque résident et, malheureusement, de réduire certains soins et d'abandonner certaines choses parce qu'un moment donné, on n'a plus le choix, explique Mme Paré.

Lavés à la mitaine

À titre d’exemple, elle mentionne que les bains sont donnés moins régulièrement et que les résidents sont parfois lavés à la mitaine. De plus, des employés qui étaient affectés à la désinfection des corridors ont dû être rapatriés aux soins.

« Mes employés ne fournissent pas, ils sont épuisés et ils ne savent plus où donner de la tête. »

— Une citation de  Catherine Paré, directrice générale, La Seigneurie du Jasmin
Une enseigne du CISSS de Chaudière-Appalaches photographiée en contre-plongée.

Catherine Paré a l'impression d'avoir été abandonnée par le CISSS de Chaudière-Appalaches et la santé publique (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

La directrice générale reproche au Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches et à la santé publique de ne pas lui fournir assez rapidement les résultats des tests de dépistage auxquels se soumettent ses résidents.

Legault interpellé

On reçoit l’information au compte-gouttes [...] ils sont encore ici en train de dépister. Quand est-ce que je vais avoir les résultats de tout ça? Dans trois jours? Bien dans trois jours, le mal va être fait parce qu'il va y avoir des gens qui vont s'être promenés [parce que] je ne peux pas les [en] empêcher, souligne Catherine Paré.

Ne sachant plus vers quel saint se vouer, elle affirme avoir contacté l’entourage du premier ministre François Legault pour l’informer de la situation.

J’ai interpellé le cabinet du premier ministre, surtout pour leur dire que la santé publique ne fournit pas et que c’est nous, sur le terrain, qui sommes obligés de gérer ça, indique Mme Paré.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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