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Non, une politicienne australienne n’a pas démissionné parce que Pfizer la payait

La première ministre de l’État le plus peuplé d'Australie a récemment démissionné dans la foulée d'une enquête pour corruption, mais cela n’avait rien à voir avec de supposés pots-de-vin versés par des pharmaceutiques.

Une capture d'écran de la publication Facebook en question. Le mot FAUX est superposé à l'image.

Cette publication Facebook affirmant que la première ministre de la Nouvelle-Galles du Sud a été contrainte de démissionner parce qu'elle a reçu des millions de dollars de Pfizer a été partagée plus de 12 000 fois en 24 heures.

Photo :  Facebook

Des publications partagées des milliers de fois sur les réseaux sociaux affirment sans fondement que la première ministre de l'État de la Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a démissionné après qu’une enquête a révélé qu’elle et d’autres membres du gouvernement australien recevaient des dizaines de millions de dollars de la pharmaceutique Pfizer.

Dans les faits, c'est plutôt sa relation intime tenue secrète avec un ancien député et des subventions accordées à des organismes communautaires qui expliquent son départ.

Cette fausse nouvelle la liant à Pfizer court sur Facebook et Twitter depuis que Mme Berejiklian a annoncé sa démission le 1er octobre. Les Décrypteurs ont notamment pu répertorier des tweets en français, en anglais, en espagnol, en portugais, en allemand, en polonais, en italien et en grec sur le sujet.

Sur Facebook, la publication d’un internaute québécois accompagnée de la description quelle surprise avait été partagée plus de 12 000 fois en moins de 24 heures. J’ai hâte au Canada aussi et la peine de mort pour ses sales [sic], peut-on lire dans la section commentaires.

Capture d'écran d'une publication Facebook affirmant que la première ministre de la Nouvelle-Galles du Sud a été contrainte de démissionner parce qu'elle a reçu des millions de dollars de Pfizer.

La publication Facebook la plus populaire sur le sujet au Québec

Photo : Facebook

Celle-ci montre une capture d’écran d’un compte Twitter, qui semble lui-même citer un article du Figaro traitant de la démission de Mme Berejikliann. Or, lorsqu’on lit l’article en question (Nouvelle fenêtre), il n'y est nulle part question de pots-de-vin de Pfizer.

Des figures bien connues du mouvement contre les mesures sanitaires au Québec, dont André Pitre, ont également propagé la fausse nouvelle.

Capture d'écran d'un tweet d'André Pitre affirmant que Gladys Berejiklian a dû démissionner parce qu'elle avait reçu des dizaines de millions de dollars de Pfizer et d'AstraZeneca. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'influenceur contre les mesures sanitaires André Pitre a aussi partagé la fausse nouvelle sur Twitter.

Photo : Twitter

D’autres publications affirment faussement que Mme Berejiklian a reçu des dizaines de millions de dollars de la pharmaceutique AstraZeneca. Le montant de 65 millions $ revient parfois, mais encore là, il s’agit de fausses informations.

Il est difficile de savoir exactement d’où vient ce chiffre, mais au moins deux (Nouvelle fenêtre)tweets (Nouvelle fenêtre) publiés par des Australiens le 2 octobre semblent mal interpréter les informations véhiculées par un supposé lanceur d’alerte affirmant que le gouvernement australien a accordé 65 millions $ de subventions à des chercheurs en vaccinologie. Les tweets en question ont toutefois été peu partagés.

Sinon, l’homme d’affaires et ex-député d’extrême droite australien Clive Palmer, bien connu pour ses positions antivaccin (Nouvelle fenêtre) et sa tendance à propager de la désinformation au sujet de la COVID-19 (Nouvelle fenêtre), a publiquement accusé Gladys Berejiklian (Nouvelle fenêtre) de recevoir des dizaines de millions de dollars de Pfizer et d'AstraZeneca pour faire la promotion du vaccin en septembre. Ces accusations étaient infondées, mais cela n’a pas empêché certains internautes australiens (Nouvelle fenêtre) de faire un lien entre la démission de Mme Berejiklian et les déclarations de M. Palmer.

De quoi est accusée Gladys Berejiklian?

Aucune accusation n’a encore été portée contre la première ministre démissionnaire de la Nouvelle-Galles du Sud. L’enquête de la Commission indépendante contre la corruption (ICAC) qui la vise (Nouvelle fenêtre) cherche à déterminer si elle s’est placée en différentes situations de conflit d’intérêts entre 2012 et 2018.

L'ancienne première ministre de l'État de la Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, en conférence de presse.

Gladys Berejiklian a démissionné le 1er octobre.

Photo : Getty Images / Pool

La Commission veut notamment savoir si sa relation intime secrète avec le député Daryl Maguire, lui-même accusé de corruption (Nouvelle fenêtre), a constitué ou impliqué un abus de confiance du public [...] dans des circonstances où elle était en situation de conflit entre ses fonctions publiques et son intérêt privé en tant que personne entretenant une relation personnelle.

L’organisme allègue entre autres que Mme Berejiklian aurait favorisé M. Maguire dans l'attribution de plusieurs subventions. D’autres subventions sont également mentionnées dans le communiqué de l’ICAC (Nouvelle fenêtre).

La politicienne nie fermement les allégations. Je déclare catégoriquement que j'ai toujours agi avec le plus haut niveau d'intégrité, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse la semaine dernière (Nouvelle fenêtre).

Decrypteurs. Marie-Pier Élie, Jeff Yates, Nicholas De Rosa et Alexis De Lancer.

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