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Main-d’œuvre : repenser les conventions collectives pour les 60 ans et plus

La pénurie de main-d'œuvre n’est pas sur le point de s’estomper. Les plus importantes cohortes de naissances des baby-boomers sont à l’aube de la retraite.

Un homme d'une soixantaine d'années pose dans les allées d'un entrepôt, un casque sur la tête et une tablette dans les mains.

Le nombre de naissances de 1957 à 1962 a été le plus important du siècle dernier au Canada. Ces cohortes passeront le cap des 65 ans, l'âge de la retraite, à compter de 2022.

Photo : iStock

Le Québec semble parfois à court de solutions pour affronter la pénurie de main-d'œuvre. Le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal suggère aux employeurs et aux syndicats d’adapter les conventions collectives à la réalité du plein emploi pour les rendre plus flexibles.

Le taux d’emploi des 60 ans et plus au Québec est inférieur à celui de la moyenne canadienne.

Le simple fait de ramener le taux d’emploi de cette tranche de la population à celui de l’Ontario permettrait théoriquement de combler la moitié des postes vacants dans la province, selon le directeur du centre, Robert Gagné.

Dans un rapport à paraître mercredi, il postule que les natifs québécois de cette catégorie d’âge sont surreprésentés dans les milieux syndiqués et régis par une convention collective, y compris la fonction publique.

On entend souvent dire qu’à partir d’un certain âge, les gens travaillent pratiquement pour rien parce qu'ils pourraient avoir le même revenu net en prenant leur retraite, souligne M. Gagné au sujet de ces milieux.



Pas qu’une question d’argent

Seulement un peu plus de 10 % des conventions collectives analysées par le CPP comprennent des mesures destinées à inciter les gens à demeurer plus longtemps au travail. Souvent, les clauses portent sur la retraite progressive, qui soutient une sortie du marché de l’emploi plutôt que de favoriser la rétention.

Le rapport cite une série d’exemples observés au sein de différentes entreprises.

La coopérative Exceldor prévoit un partage des journées de travail entre deux salariés de 50 ans et plus ayant une certaine ancienneté. D’autres solutions, comme les vacances additionnelles, un allègement des tâches et une modulation des horaires, sont évoquées.

« Il faut des mesures plus actives pour encourager les gens à rester au travail, mais on a davantage trouvé le contraire avec des départs hâtifs. Ce sont des relents d’une autre époque. »

— Une citation de  Robert Gagné, directeur, Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal – Fondation Walter J. Somers

Robert Gagné invite le gouvernement du Québec, en tant que plus grand employeur de la province, à prêcher par l’exemple et à intégrer de telles mesures incitatives au maintien à l’emploi.

À ses yeux, les mesures fiscales pour les travailleurs expérimentés, dont le crédit d’impôt pour la prolongation de carrière plafonné à 1650 $, laissent supposer que la décision est financière, mais elle n’est pas que financière.

Quant au recours à davantage de travailleurs issus de l’immigration, comme le réclament les représentants patronaux, il serait surtout une solution à long terme.

Et l’automatisation?

Si la pression exercée par le vieillissement de la population n’est pas compensée d’une quelconque façon, le CPP calcule que le Québec devra augmenter sa productivité de 1,7 % par an d’ici 2029 pour maintenir la croissance de son niveau de vie. Ce serait deux fois plus rapide qu’au cours des 20 dernières années.

L’automatisation fait bien entendu partie des solutions. Robert Gagné n’y voit cependant pas quelque chose qui se fait rapidement.

Ça prend de la technologie et de l’expertise, dit-il, et j’ose espérer que les entreprises sautent dessus quand il y a des occasions.

La robotisation n’est pas non plus la panacée pour toutes les entreprises, notamment pour les PME.

Bien que frappé par la rareté de la main-d’œuvre, le fabricant de véhicules récréatifs Safari Condo, en Beauce, a renoncé à automatiser la production de certains composants pour des raisons de rentabilité. Seules deux machines de découpe numérique font partie de la chaîne d’assemblage.

Nous avons peu de volume et beaucoup de différenciation entre les produits, indique la présidente Dominique Nadeau. On a de l’intérêt pour automatiser nos processus, mais ce n’est pas facile.

Son entreprise a exploré l’automatisation pour la fabrication des portes de roulotte, mais le coût financier était trop important.

Une machine a aussi été achetée pour plier des tuyaux de propane. Elle a dû être remisée parce que le temps de programmation était plus long que la simple manipulation humaine.

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