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Un « ancêtre perdu » du Triceratops découvert au Nouveau-Mexique

Illustration artistique d'un Sierraceratops turneri dans son milieu naturel.

Le Sierraceratops turneri peuplait le territoire correspondant à l'actuel Nouveau-Mexique il y a environ 72 millions d'années.

Photo : New Mexico Museum of Natural History & Science

Radio-Canada

Les restes fossilisés d'un dinosaure à cornes mis au jour au Nouveau-Mexique il y a plus de 20 ans ont été associés à une espèce inconnue à ce jour.

Les ossements fossilisés d’un crâne et d’un squelette ont été découverts à la fin des années 1990 sur le ranch du fondateur de CNN, Ted Turner. Ces ossements avaient initialement été associés à ceux d'un Torosaurus.

Récemment, les paléontologues Sebastian Dalman (Musée d’histoire naturelle du Nouveau-Mexique) et Nick Longrich (Université de Bath) ont réexaminé ces fossiles pour déterminer qu’ils appartiennent à une nouvelle espèce de dinosaures à cornes (Ceratopsidae - cératopsidés) qui vivait il y a 72 millions d’années en Laramidia, une île-continent qui existait pendant l'époque du Crétacé supérieur, lorsqu’une voie maritime intérieure divisait l’ouest et l’est de l'Amérique du Nord.

Illustration montrant l'Amérique du Nord au Crétacé supérieur.

L'apparence de l'Amérique du Nord à l'époque du Crétacé supérieur

Photo : Wikipédia

L’espèce nommée Sierraceratops turneri est complètement distincte de celles découvertes à ce jour dans la partie nord de la Laramidia.

Elle a été nommée en référence au comté de Sierra, au Nouveau-Mexique, où le fossile a été découvert, et au groupe dont l'espèce fait partie, les Ceratopsidae. Le nom d'espèce turneri honore Ted Turner, qui a autorisé les excavations sur ses terres par des paléontologues et des bénévoles.

Les principales caractéristiques qui distinguent le Sierraceratops des autres dinosaures du même type sont ses cornes frontales courtes, mais massives, et l'anatomie des os de son jabot, expliquent les paléontologues dans un communiqué publié par l’Université de Bath.

Le Sierraceratops possédait un crâne d'environ 1,5 mètre de long, et la longueur totale de l’animal avoisinait les 5 mètres.

Comparaison de la taille d'un Sierraceratops turneri, d'un Tyrannosaurus et d'un Alamosaurus.

Comparaison de la taille d'un Sierraceratops turneri, d'un Tyrannosaurus et d'un Alamosaurus

Photo : Université de Bath/Nick Longrich

Selon les paléontologues, ces dinosaures à cornes herbivores ressemblaient aux rhinocéros actuels et vivaient probablement en groupes ou en troupeaux.

Précédant les Triceratops de quelque 6 millions d'années sur la surface terrestre, les Sierraceratops étaient fort probablement les proies des tyrannosaures.

L’Amérique du Nord au Crétacé supérieur

Cette découverte s’ajoute à d’autres, intervenues en Amérique du Nord ces dernières années, qui tendent à préciser nos connaissances sur la diversité de la faune qui peuplait le continent au Crétacé supérieur.  

Lorsque le Sierraceratops habitait le Sud-Ouest américain, le paysage de la région était fort différent. Contrairement aux plaines arides et au désert actuels, des rivières, des marécages et des plaines inondables bordaient les rives d'une immense mer intérieure.

Cette plaine côtière s'étendait jusqu'au Canada et abritait une faune de dinosaures très diversifiée.

En collectant de nouveaux squelettes et en réétudiant d'anciens fossiles, les paléontologues ont découvert que les mêmes espèces ne vivaient pas partout. [...] Au contraire, différents dinosaures à cornes ou à bec de canard, des tyrannosaures et des raptors vivaient dans différentes parties du continent, expliquent les auteurs de ces travaux dont le détail est publié dans la revue Cretaceous Research (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Le Sierraceratops était morphologiquement étroitement lié aux autres cératopsidés retrouvés au Texas et au nord du Mexique. Ils ne vivaient que dans le sud-ouest de l'Amérique du Nord et étaient distincts des cératopsidés qui vivaient au nord.

Selon les chercheurs, de nombreuses espèces distinctes de dinosaures endémiques ont donc pu habiter différentes parties de l'ouest de l'Amérique du Nord pendant la même période du Crétacé.

Ces découvertes laissent à penser que la diversité des dinosaures était plus importante qu'on le pensait et que de nombreuses espèces n'ont pas encore été découvertes, concluent les scientifiques.

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