•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

1000 griefs pour racisme systémique déposés au CIUSSS du Centre-Sud de Montréal

Une femme et deux hommes en conférence de presse.

De gauche à droite, Fo Niemi du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Alain Croteau du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal - CSN et Guerda Amazan de la Maison d'Haïti en conférence de presse à Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un syndicat affilié à la CSN a déposé, mardi, 1000 griefs alléguant que la surreprésentation de femmes noires parmi les préposées aux bénéficiaires à l’emploi du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal illustre que du racisme systémique est exercé. En réponse, le CIUSSS a répliqué que l'origine ethnique n'était pas un critère à l'embauche.

Le président du syndicat des travailleurs et des travailleuses de cet établissement, Alain Croteau, affirme que cette situation se retrouve dans tous les CIUSSS de la région de Montréal.

Le syndicat que représente Alain Croteau a choisi de procéder par dépôt de griefs plutôt que par des plaintes auprès de la Commission des droits de la personne, comme par le passé. La convention collective est soumise à la Charte des droits de la personne et on pense qu’un arbitre devra s’assurer que la convention collective respecte la charte, a-t-il expliqué.

Alain Croteau base son raisonnement sur le fait qu'un fort pourcentage de préposés aux bénéficiaires sont des femmes noires. Il voit là une preuve de racisme systémique, d'autant plus qu'il y a moins de femmes noires dans les postes mieux rémunérés au sein du CIUSSS, argue-t-il.

Le président du syndicat allègue aussi que le titre de préposé aux bénéficiaires est sous-payé parce que c'est un emploi à prédominance féminine.

Essentiellement, plus le job est difficile, moins il est payé, dit Alain Croteau. On remarque une plus forte représentation des personnes racisées. En revanche, on remarque que dans les catégories des emplois les mieux rémunérés du CIUSSS, il y a une sous-représentation des personnes racisées.

Est-ce qu'il y a un lien entre le salaire et la composition de la main-d'œuvre du CIUSSS; c'est un peu ça le fond de la question, a-t-il expliqué. Est-ce qu'il y a, comme dans le cas des femmes, un système qui accorde des emplois moins valorisés aux personnes racisées?

Souvent, ces travailleuses ont des conditions de travail plus lourdes, et plus difficiles; c'est le cas dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée, a ajouté M. Croteau.

À noter que les préposés aux bénéficiaires masculins gagnent le même salaire que leurs collègues féminines.

Au nombre des obstacles systémiques qui se dressent devant les femmes racisées à l’emploi du CIUSSS, Alain Croteau cite celui-ci : Quand une préposée aux bénéficiaires veut devenir éducatrice ou professionnelle ou infirmière, on va exiger qu’elle démissionne du CIUSSS pour réappliquer de l’externe.

Ce mode de fonctionnement n’est pas dirigé explicitement contre elles, nuance-t-il. Mais, comme elles représentent 80 à 90 % des travailleurs, on ne peut faire autrement [que penser] que c’est un obstacle à la promotion.

Le gouvernement a reconnu qu'il y avait de la discrimination systémique de nature salariale envers les femmes, poursuit Alain Croteau. Lorsqu'une forte proportion des travailleuses sont à la fois des femmes et à la fois racisées, c'est un indice d'un problème plus profond.

« Le but [...] est de faire réaliser à M. Legault que la discrimination existe, qu'elle soit consciente ou non. Une fois qu'on la constate, nous devons la corriger.  »

— Une citation de  Alain Croteau, président du syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal – CSN

Le CIUSSS se défend

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal a réagi à la sortie du syndicat des travailleurs de son établissement en insistant sur le fait que l'origine ethnique n'était pas un critère à l'embauche et que 20 % de ses gestionnaires étaient issus des minorités.

« Nous déplorons que le syndicat, avec qui nous avons des rencontres aux deux semaines, instrumentalise notre établissement dans le cadre de cette démarche médiatique. »

— Une citation de  Réaction du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal à La Presse canadienne

Le CIUSSS affirme ne disposer d'aucune donnée quant à l'origine ethnique de ses employés. Tous les candidats, assure-t-il, passent à travers le même processus d'embauche, peu importe leur origine ethnique.

Ajoutant qu'il collabore avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le CIUSSS affirme en outre s'être doté, cet été, d'une Charte d'engagement sur l'inclusion des personnes, de la diversité sexuelle et de genres.

Des appuis au syndicat local

Lors de la conférence de presse qui se tenait mardi au siège social de la CSN à Montréal, Alain Croteau était accompagné de Guerda Amazan, directrice générale adjointe de la Maison d’Haïti, et de Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).

C'est une cause noble et nécessaire dans notre société, a plaidé Mme Amazan. Dans un milieu de travail, dans un système étatique, les gens ont décidé de porter plainte.

Pour Fo Niemi, l’initiative que prend ainsi la CSN est historique. On sait que, malgré toutes les promesses, malgré toutes les lois, dont la Loi sur l’équité salariale, les femmes font encore face à plus d’obstacles et de barrières, d’exclusions et d’iniquités en milieu de travail.

À noter que ni la CSN ni la Fédération de la santé et des services sociaux, auxquelles le syndicat local est rattaché, n'assistaient à la conférence de presse.

Interrogée au sujet de son absence, la CSN a fait savoir que la sortie de ce matin provenait du STT [syndicat des travailleurs et travailleuses] du CIUSSS, associé à [son] conseil central de Montréal.

Ce n'était pas une sortie confédérale [de la Confédération des syndicats nationaux] et nos syndicats jouissent d'une pleine autonomie, a précisé la CSN.

Les membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) avaient adopté massivement, en août dernier, l'entente de principe conclue avec le gouvernement de François Legault.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !