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19,3 M$ pour prévenir l’exploitation sexuelle des mineurs

Un téléphone cellulaire sur le lit d'une jeune femme.

Une partie des sommes annoncées mardi ira à la prévention de l'exploitation sexuelle dans le cyberespace (archives).

Photo : Getty Images / sestovic

Le gouvernement Legault va investir près de 20 millions de dollars d’ici les 5 prochaines années dans la prévention de l’exploitation sexuelle des mineurs.

Tout en reconnaissant la nécessité de renforcer la lutte contre le proxénétisme, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, insiste sur l’importance d’agir en amont du problème et d’intervenir auprès des victimes actuelles et potentielles.

Comme dans plusieurs problèmes de sécurité, quand on arrive à la police et au reste, souvent, c'est parce qu'il y a des choses qui n'ont pas été faites avant. Donc, là, on est en plein dans la prévention, a-t-elle indiqué en conférence de presse.

Les sommes annoncées mardi serviront à la mise en œuvre de cinq mesures qui répondent à certaines des recommandations formulées  en décembre dernier par la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs (CSESM).

Geneviève Guilbault en conférence de presse.

Geneviève Guilbault est la ministre responsable de la mise en œuvre des recommandations formulées par la CSESM.

Photo : Radio-Canada

Sur les 19,3 millions $ alloués par Québec, 8,16 millions serviront à créer un nouveau programme qui vise à lutter plus efficacement et durablement contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Agir sur le terrain et dans le cyberespace

Le gouvernement souhaite également soutenir davantage les organismes communautaires dans leurs efforts de prévention et d'intervention auprès des jeunes. Un montant de six millions sera investi sur trois ans. Cet argent est principalement destiné aux intervenants qui travaillent sur le terrain.

Pour tenir compte de l’utilisation de plus en plus fréquente des réseaux sociaux par les proxénètes et autres abuseurs, Québec va soutenir le Projet intervention prostitution Québec (PIPQ) dans l’élaboration d’un programme pour joindre les victimes et les jeunes à risque dans le cyberespace, un milieu en constante évolution.

Le cyberespace a pris une place prépondérante dans les activités reliées à l’exploitation sexuelle et nous avons responsabilité d'adapter de manière continue nos pratiques , mentionne la directrice du PIPQ, Geneviève Quinty.

Geneviève Quinty accorde une entrevue à Radio-Canada à l'extérieur, lors d'une journée ensoleillée d'automne.

Selon la directrice du PIPQ, Geneviève Quinty, en optant pour un financement à la mission, le gouvernement reconnaît l'approche des organismes communautaires dans la lutte contre l'exploitation sexuelle.

Photo : Radio-Canada

Le modèle d’intervention du PIPQ, qui sera basé sur la pratique des travailleurs de rue, recevra un financement de 562 500 $ sur 4 ans.

Le gouvernement Legault veut également améliorer les échanges et la concertation à l’échelle municipale et régionale pour agir plus efficacement contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Il investira 4,03 millions sur 4 ans pour consolider les tables régionales de concertation existantes et en former de nouvelles.

500 000 $ dans la formation

Enfin, des enveloppes totalisant un demi-million de dollars serviront à former différents types de ressources qui participent à la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Un montant de 200 000 $ sur 4 ans a été mis de côté pour reconduire et actualiser la formation des intervenants spécialisés.

Quatre députés lors d'une conférence de presse.

La Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs au Québec, à laquelle ont participé des députés issus de chaque parti représenté à l'Assemblée nationale, a déposé son rapport en décembre dernier (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

De plus, une somme de 300 000 $ sur 2 ans sera consentie pour élaborer une formation de base destinée aux ressources non spécialisées.

La formation aura pour objectif de les sensibiliser à l'importance de signaler les situations d'exploitation sexuelle aux autorités compétentes et de diriger les victimes vers des services d'aide leur étant destinés .

Invitation à la vigilance

Clémentine, une victime d’exploitation sexuelle, était présente aux côtés de Geneviève Guilbault pour l’annonce de ces nouveaux investissements.

La jeune femme, qui tient à partager son expérience pour éviter à d’autres de tomber dans le même piège , croit notamment qu’il faut mieux sensibiliser les victimes potentielles aux techniques de recrutement utilisées par les proxénètes.

Une jeune femme en conférence de presse.

Clémentine, une victime d'exploitation sexuelle, tient à raconter son histoire afin d'inviter les jeunes et leurs proches à la vigilance.

Photo : Radio-Canada

Si on m'avait dit les patterns de ces gens-là, la manière dont ils fonctionnaient puis si on avait fait plus de prévention, je pense sincèrement que cette situation-là aurait pu être évitée , affirme Clémentine.

Elle invite les jeunes à demeurer vigilants et ne pas hésiter à demander de l’aide s’ils se sentent en danger.

En tant que victimes potentielles, on peut demander de l'aide et les parents, proches ou amis d'une personne à risque peuvent la diriger vers les bonnes ressources puis l'accompagner et l'aimer. C'est probablement la meilleure chose qu'ils peuvent faire , insiste Clémentine.

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