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En dernier recours, faites appel au privé, dit Québec aux écoles publiques

Une femme aidant un enfant à faire ses devoirs.

Des services complémentaires doivent être offerts par le privé en derniers recours, rappelle le ministère de l'Éducation.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les écoles publiques du Québec qui ne sont pas en mesure de fournir des services d’orthopédagogie, d’orthophonie ou de psychologie à des élèves qui en ont besoin doivent se tourner vers le secteur privé pour leur en fournir.

C’est ce que rappelle le ministère de l’Éducation dans une lettre envoyée aux directeurs généraux des centres de services scolaires dont Radio-Canada a obtenu copie. L’information a d’abord été dévoilée par Le Journal de Montréal.

S’il se voit dans l’impossibilité de fournir les services qu’il juge requis pour un enfant, l’organisme scolaire doit utiliser tous les leviers mis à sa disposition pour assurer cette offre de services, notamment le recours au secteur privé, peut-on y lire.

La directive concerne plus largement l’ensemble des services dits complémentaires, soit ceux qui ont pour but de favoriser la progression de l’élève dans ses différents apprentissages, comme l’indique le Régime pédagogique du réseau public.

Cette démarche exceptionnelle doit être utilisée en dernier recours, lorsqu’il n’y a pas de possibilités pour le réseau de l’éducation ou de la santé d’aider un élève envoyé expressément par une école, fait-on valoir au cabinet du ministre Roberge.

La directive n’est pas nouvelle en soi, mais elle est rappelée au bon souvenir des dirigeants du réseau dans la foulée de reportages du Journal de Montréal évoquant le cas d’une fillette fréquentant une maternelle 4 ans ayant des troubles du langage.

Malgré le diagnostic d’une orthophoniste, la mère de la fillette a dû se résoudre à recourir au privé, après que l’école l’eut informée qu’elle manquait de ressources et devait donc prioriser les enfants ayant de graves difficultés à partir de 5 ans. Québec a fait savoir depuis qu'elle serait remboursée.

L’affaire faisait mal paraître le gouvernement Legault, qui a justifié l’implantation du controversé programme de maternelle 4 ans en faisant valoir que cela faciliterait le dépistage précoce de troubles d'apprentissage.

C’est dans cette volonté d’agir tôt que le ministre de l’Éducation a récemment établi le nouveau programme de l’éducation préscolaire, lequel s’adresse aux enfants de 4 et 5 ans , rappelle d’ailleurs la missive envoyée aux directeurs des organismes scolaires. Lorsqu’une vulnérabilité est détectée chez un enfant, il importe d’intervenir rapidement en réponse de ses besoins.

Le cabinet du ministre dit être conscient qu'une pénurie de main-d'œuvre peut compliquer ce recours possible au secteur privé.

Il souligne cependant qu'à la faveur des derniers réinvestissements, le nombre de professionnels dans le réseau scolaire a augmenté de 37 % depuis 10 ans, alors que le nombre d’élèves a augmenté de seulement 4,6 %.

Un pis-aller, selon les professionnels de l'éducation

Le président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ), Jacques Landry, concède qu’il vaut mieux recourir au privé que d’abandonner des enfants en difficulté, mais soutient qu’il ne s’agit là que d’un pis-aller. Dans la situation dans laquelle on est, on n’a pas d’autre choix que de dire "on va y aller avec ça", a-t-il commenté dans une entrevue à Radio-Canada.

Mais […] pour le suivi au quotidien dans l’école, pour les rapports informels, pour les "écoute, ça va pas bien avec mon "p’tit pit" aujourd’hui, qu’est-ce que je peux faire?", les professionnels dans l’école sont autrement mieux placés et offrent un bien meilleur suivi que ceux qui sont à l’extérieur.

La semaine dernière, l'Association québécoise des orthophonistes et audiologistes (AQOA) avait souligné que le cas de la fillette de 4 ans était loin d'être un cas isolé et était même monnaie courante dans plusieurs régions du Québec pour les élèves de tous les niveaux.

Les ressources limitées en orthophonie et les disparités dans l’organisation des services d’une région à l’autre ont amené des choix déchirants, indiquait-elle.

Par conséquent, certains centres de services scolaires desservent seulement les élèves ayant des difficultés sévères, laissant de côté tous ceux qui présentent des difficultés légères à modérées, tandis que d’autres offrent un service universel, mais seulement au préscolaire et au 1er cycle du primaire, délaissant tous les élèves plus âgés.

Les délais d'attente pour des services d'orthophonie, déjà longs en raison d'un manque de ressources, ont été exacerbés par la pandémie, notamment en raison du délestage préconisé par Québec, faisait en outre valoir l'AQOA, ce qui a incité encore davantage les parents à se tourner vers le privé.

L'association professionnelle déplorait par la même occasion les conditions de travail de ses membres dans le réseau scolaire et le nombre insuffisant de postes offerts pour les maternelles 4 ans.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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