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L’Ontario utilisera des tests de dépistage rapide dans certaines écoles

La néo-démocrate Marit Stiles accuse le gouvernement Ford d'avoir tardé à agir

Arrêt sur image d'une vidéo explicative pour le nouveau test de dépistage gargarisant, où l'on voit un enfant cracher l'eau dans un tube.

L'Ontario utilisera des tests de dépistage rapide dans les écoles. Ici, un test de dépistage utilisant la salive. (Archives)

Photo : Autorité provinciale des services de santé (PHSA)

Radio-Canada

Alors qu'une école sur six en Ontario a un cas déclaré de COVID-19, la province annonce l'utilisation de tests antigéniques en milieu scolaire, mais seulement dans les régions où le risque de transmission est élevé.

Le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Kieran Moore, ajoute que ces tests seront offerts de façon facultative, et ce, uniquement aux élèves non vaccinés qui sont asymptomatiques.

Il reviendra à chaque bureau local de santé publique de décider d'utiliser des tests rapides ou non, et si oui, dans quelles écoles.

Le Dr Moore précise qu'une région sera considérée comme à risque élevé si le nombre de cas de COVID-19 y est d'au moins 1 infection par 100 000 habitants. Il ajoute toutefois que la santé publique évaluera d'autres facteurs comme le nombre de cas dans une école et le taux de vaccination local, pour déterminer si des tests rapides sont nécessaires.

C'est un outil de plus pour garder les écoles ouvertes.

Une citation de :Le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef de l'Ontario

Le dépistage ciblé de la maladie chez des personnes asymptomatiques permettra de déceler plus tôt les cas dans les écoles et de réduire le risque d’éclosions et de fermetures, notamment dans les communautés très vulnérables de la province qui présentent une prévalence élevée de cas actifs de COVID-19, affirme-t-il.

Les pressions de parents et d'experts s'étaient accentuées depuis la rentrée sur le gouvernement Ford pour qu'il mette en place un programme de dépistage dans les écoles étant donné à l'augmentation des infections.

À l'heure actuelle, 796 écoles ont un cas déclaré de coronavirus, soit 16,43 % des établissements élémentaires et secondaires de la province. Six écoles sont présentement fermées en raison d'éclosions.

  • Les tests antigéniques rapides seront offerts uniquement à des enfants asymptomatiques, non vaccinés et qui ne sont pas des contacts à haut risque. Les élèves symptomatiques ou à haut risque devraient continuer à subir un test traditionnel PCR dans un centre de dépistage, dit la province.
  • Chaque parent pourra décider s'il participe ou pas au programme de dépistage rapide, si l'initiative est offerte à l'école de son enfant.
  • Le test antigénique rapide sera fait à la maison.
  • Les enfants qui obtiennent un résultat positif après un test rapide devront ensuite subir un test PCR dans un centre de dépistage pour confirmer le diagnostic. Ils devront s'isoler à la maison en attendant d'avoir les résultats de ce deuxième test.

Le programme doit commencer la semaine prochaine, affirme le Dr Moore.

À Toronto, le bureau local de santé publique ne sait pas pour l'instant si des tests rapides seront offerts dans les écoles torontoises. Nous sommes en train d'examiner les détails de l'annonce, indique une porte-parole.

Volte-face de la province

Le Dr Moore s’était montré réticent jusqu'à maintenant à l'idée de recourir à des tests de dépistage rapide dans les écoles. Il a fait valoir par le passé que ces tests sont moins fiables que les tests à prélèvement nasopharyngé. Il a dit craindre que des faux positifs ne forcent des élèves qui ne sont pas réellement infectés à rester à la maison et à subir un test traditionnel dans un centre de dépistage, ce qui surchargerait les laboratoires.

La semaine dernière, la province a même bloqué l'initiative de parents qui voulaient utiliser des tests rapides pour faire du dépistage asymptomatique dans les écoles. Le Dr Moore a expliqué à l'époque qu'il était en train d'élaborer une stratégie à ce sujet.

Tout en se défendant d'avoir tardé à agir, le chef de la santé publique ontarienne a affirmé mardi que le taux de transmission très élevé du variant Delta l'avait incité à opter pour l'utilisation de tests rapides, mais de façon restreinte.

Le dépistage systématique par test antigénique rapide de la COVID-19 chez des personnes et des enfants entièrement vaccinés n’est pas recommandé à l’heure actuelle étant donné l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 ainsi que les risques de perturbation de l’apprentissage en raison de faux positifs, peut-on lire dans un communiqué de la province.

Les autorités insistent pour dire que le taux de transmission du coronavirus dans les écoles demeure faible, la plupart des élèves touchés ayant plutôt été infectés dans la communauté, selon la santé publique.

Lundi, le directeur scientifique d'un groupe d'experts indépendants qui conseille la province depuis le début de la pandémie a recommandé au gouvernement Ford d'utiliser des tests de dépistage rapide dans les écoles élémentaires de zones rouges, si le nombre de cas quotidiens de COVID-19 en Ontario franchit la barre des 1000.

En ce moment, nous ne sommes pas dans une situation où tout cela est nécessaire, a affirmé le Dr Peter Juni.

Présentement, l'Ontario recense en moyenne un peu moins de 600 nouvelles infections par jour.

Selon le gouvernement fédéral, qui a fourni des millions de tests de dépistage rapide aux provinces, l'Ontario a reçu 20 millions de ces tests, mais n'en a utilisé que 6 millions, principalement pour les PME.

Réactions

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, la néo-démocrate Marit Stiles, accuse le gouvernement Ford d'avoir tardé à agir.

Doug Ford aurait dû utiliser tous les outils à sa disposition pour s'assurer que les enfants soient en sécurité et pour garder les écoles ouvertes et sécuritaires. Il a plutôt attendu jusqu'à ce que des parents agissent de leur propre chef et a bloqué leurs efforts d'avoir des tests.

Une citation de :Marit Stiles, députée du NPD

Elle ajoute que les parents qui se battaient pour avoir du dépistage devront maintenant attendre anxieusement de savoir si l'école de leur enfant sera incluse dans le programme annoncé mardi.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, se dit soulagé de voir que le gouvernement met finalement en place un programme de dépistage rapide dans les écoles.

Mais selon lui, la province devrait aller encore plus loin. Le gouvernement devrait rétablir le programme de tests rapides offerts gratuitement dans les pharmacies pour les enfants d'âge scolaire qu'il a aboli au printemps, dit-il.

De son côté, le Québec a annoncé lundi que des tests de dépistage rapide seraient offerts à partir de la semaine prochaine dans les écoles de toutes les régions de la Belle Province.

La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, estime que les tests pour les élèves peuvent aider, mais se dit déçue que le gouvernement ait attendu que les choses s’aggravent pour les rendre disponibles.

Une femme pose pour la photo.

Anne Vinet-Roy rappelle que le gouvernement avait ouvert la porte aux tests de dépistage à l'école dès janvier 2021.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Il y a déjà des centaines de cas par jour dans les écoles, fait-elle remarquer. Et ça continue d’augmenter.

Lundi, 250 cas ont été signalés dans le cadre scolaire.

Mme Vinet-Roy s’insurge par ailleurs contre le fait que l’Ontario refuse d’adresser un des gros morceaux, qui est la taille des classes.

Nos salles de classe sont petites, il n’y a pas de distanciation de 2 m, le système de cohorte n’existe pas vraiment. Les élèves se mêlent à l’heure du dîner à la récréation, les autobus.

Une citation de :Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

Le Dr Lawrence Loh, médecin hygiéniste en chef de la région de Peel, affirme pour sa part que, dans certaines circonstances, les tests antigéniques rapides peuvent être utilisés pour détecter les cas asymptomatiques qui n'ont aucune exposition connue, suspectée ou signalée. [...] Le respect continu de toutes les autres mesures préventives dans les écoles reste également essentiel.

Puis, à Ottawa, la Dre Vera Etches, médecin chef en santé publique, explique que ces tests devraient être utilisés de manière ciblée.

Il est anticipé que les tests antigéniques rapides seront utilisés d’emblée dans des milieux à plus haut risque pour faire passer un test de dépistage aux élèves non vaccinés asymptomatiques. Quand il y a une inquiétude concernant une éclosion et que l’école entière nécessite de faire passer un test de dépistage de la COVID-19 dans le but d’enquêter la transmission intercohorte, des tests de dépistage PCR apportés à la maison se verront disponibles en raison de leur plus haute sensibilité à détecter la COVID-19, peut-on lire dans un courriel envoyé à Radio-Canada, mardi après-midi.

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