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Le Nobel de physique sacre deux experts du climat et un théoricien italien

Le comité siège devant un écran où apparaissent les portraits des trois lauréats.

Le comité Nobel de physique remet le prix de cette année à Syukuro Manabe, Klaus Hasselmann et Giorgio Parisi.

Photo : afp via getty images / Jonathan Nackstrand

Agence France-Presse

Le Nobel de physique 2021 a été attribué mardi à deux experts de la modélisation physique du réchauffement climatique, l'Américano-Japonais Syukuro Manabe et l'Allemand Klaus Hasselmann, ainsi qu'au théoricien italien Giorgio Parisi, spécialiste du désordre dans les systèmes complexes.

S'il s'agit d'une récompense scientifique, le prix intervient en pleine phase d'alarme sur le rythme du changement climatique et à un mois de la COP26, sommet mondial pour le climat organisé à Glasgow.

Les experts en météorologie Syukuro Manabe, né au Japon il y a 90 ans, mais vivant aux États-Unis, et Klaus Hasselmann, 89 ans, ont été primés pour une première moitié du prix pour la modélisation physique du climat de la Terre et pour en avoir quantifié la variabilité et prédit de façon fiable le réchauffement climatique, selon le jury.

Le comité Nobel récompense les travaux fondateurs de Manabe sur l'effet de serre dans les années 1960, par lesquels il a montré que les niveaux de CO2 dans l'atmosphère correspondaient à la hausse des températures terrestres.

Basé à Hambourg, Hasselman est, lui, primé pour être parvenu à établir des modèles climatiques fiables malgré les grandes variations météorologiques.

Parisi a été récompensé séparément pour la découverte de l'interaction du désordre et des fluctuations dans les systèmes physiques de l'échelle atomique à planétaire.

Ses travaux ardus ont été parmi les contributions les plus importantes à la théorie dite des systèmes complexes.

Je pense qu'il est très urgent que nous prenions des décisions très fortes [pour le climat]. Il est clair que nous devons agir très vite et sans délai en faveur des générations futures, a affirmé le lauréat italien lors d'une conférence de presse téléphonique avec la Fondation Nobel.

À Genève, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a salué une grande nouvelle. Cela démontre à nouveau que la science climatique est fortement valorisée et doit être fortement valorisée, a déclaré son secrétaire général Petteri Taalas.

Le prix de cette année récompense les nouvelles méthodes permettant de les décrire et de prévoir leur comportement à long terme, a souligné l'Académie suédoise des sciences.

À un mois de la COP26, sommet mondial pour le climat organisé à Glasgow, la récompense aux deux experts en météorologie et climatologie aura nécessairement un fort écho politique.

Les trois hommes se répartiront les 10 millions de couronnes suédoises (près de 1,5 million de dollars) de la récompense au prorata de leur part : 50 % pour M. Parisi, et 25 % pour les deux autres lauréats.

L'an passé, le prix avait récompensé le Britannique Roger Penrose, l'Allemand Reinhard Genzel et l'Américaine Andrea Ghez, trois pionniers de la recherche sur les trous noirs.

Des physiciens quantiques ainsi que Parisi faisaient office de favoris, selon les experts interrogés par l'AFP, même si des dizaines de chercheurs du monde étaient considérés comme nobélisables en physique.

Vers le très attendu Nobel de la paix

Conformément à l'ordre immuable d'attribution, la médecine a lancé le bal des Nobel 2021 lundi en sacrant les Américains David Julius et Ardem Patapoutian, dont les travaux sur le toucher et les récepteurs sensoriels ont ouvert des pistes pour combattre les douleurs chroniques.

La Hongroise Katalin Kariko et l'Américain Drew Weissman, pionniers des vaccins à ARN messager qui figuraient parmi les favoris en médecine, pourraient avoir une deuxième chance en chimie mercredi.

Pour les critiques interrogés par l'AFP, le prix de littérature annoncé jeudi par l'Académie suédoise pourrait aller à un non-Occidental, pour la première fois en neuf ans.

Quant au Nobel de la paix vendredi, le seul prix remis à Oslo, il est particulièrement ouvert cette année. Les experts évoquent notamment la liberté de la presse – avec Reporters sans frontières ou encore le Comité pour la protection des journalistes – ou l'opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa.

Crise sanitaire oblige, pour la deuxième année de suite, les lauréats recevront leur prix dans leur pays de résidence, même si un petit espoir demeure pour accueillir celui pour la paix en Norvège.

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