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Les élus de Saguenay rejettent le projet de bioparc à Laterrière

Des élus votent contre un projet.

Onze conseillers ont voté contre le projet de bioparc à Laterrière.

Photo : Capture d'écran

Un revirement de situation s'est produit, lundi soir, lors de la séance du conseil de Saguenay dans le dossier de l’implantation du projet de bioparc, alors que les multiples plaintes des Laterrois présents ont payé. Onze conseillers municipaux ont voté contre le projet de bioparc dans le secteur de Laterrière.

Après plus de 2 h 30 de consultation publique sur le projet lors de la séance tenue à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, l’acceptabilité sociale a brillé par son absence dans le dossier et les conseillers municipaux n’ont pas voulu imposer ce projet à Laterrière.

Alors que la mairesse de Saguenay, Josée Néron, allait procéder au vote, le conseiller municipal du secteur, Michel Potvin, a d'abord demandé de différer le vote en raison des réactions des Laterrois durant toute la séance du conseil municipal.

Il faut trouver un autre site, on le voit bien qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, on va toujours se battre, a-t-il mentionné. Je crois que ce dossier a été trop rapide.

Ce fut le début d'une prise de parole par une majorité d'élus, eux qui avaient écouté les citoyens depuis le début.

Après les débats, M. Pettersen a dit au début j’allais voter pour le bioparc, mais là je veux qu’on trouve un autre site.

Michel Tremblay a dit considérer que le projet était bon, mais lui non plus n’était pas d’accord avec le site choisi.

Je vais vous défendre, je vous ai entendus, a-t-il dit, sous les applaudissements de la foule.

Lorsqu'est venu le temps de voter pour différer le dossier, Michel Potvin est intervenu de nouveau pour retirer sa demande, pour ainsi voter directement contre le projet.

Après un court débat entre les élus, le point a été ramené à l'ordre du jour.

Lors du vote comme tel, il n'y a eu que quatre appuis, soit les deux conseillers de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), Brigitte Bergeron et Marc Bouchard, ainsi que Raynald Simard, de La Baie, et Jean-Marc Crevier, de Jonquière. Tous les autres ont voté contre, s'entendant de façon informelle pour ramener le dossier avec possiblement un meilleur site et une meilleure explication des coûts.

Josée Néron était visiblement déçue du résultat.

Lors de la séance précédente, une majorité d'élus avait voté en faveur de faire cheminer le dossier, avec une décision finale prévue lundi soir.

La prochaine séance du conseil aura lieu après les élections du 7 novembre.

Des affiches placées devant des sièges dans une salle presque remplie.

Des affiches s'opposant au projet de bioparc à Laterrière avaient été placées bien en évidence devant les sièges de la salle Pierrette-Gaudreault.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Une salle comble

La foule était nombreuse dès l'ouverture de la séance à 19 h. En grande majorité, les participants étaient présents pour afficher leur mécontentement dans le dossier du bioparc. 

La porte-parole des opposants au projet, Annie Truchon, avait tout de suite demandé au micro si le conseil municipal était au courant de la mise en demeure envoyée quelques heures avant la tenue du conseil.

Dans une lettre partagée à Radio-Canada lundi en fin d’après-midi, 329 opposants au projet réclamaient aux conseillers en faveur du projet et à la mairesse Josée Néron de ne pas adopter les deux projets de règlement visant à modifier le règlement de zonage du secteur.

Une femme parle à un micro dans une salle remplie.

La citoyenne de Laterrière Annie Truchon, à la tête du mouvement de contestation, a rapidement rappelé aux élus qu’un mise en demeure a été envoyée lundi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Dans le document, on pouvait lire que le projet de règlement modifiant le plan d'urbanisme prévoit des modifications aux dispositions qui, selon nous, outrepassent la nature d'un plan d'urbanisme. Ces ajouts au plan d'urbanisme semblent ne servir qu'à justifier la modification du règlement de zonage par concordance.[…] Ville de Saguenay semble utiliser ce procédé afin d'éviter d'avoir à obtenir l'approbation référendaire. 

Lors du conseil, la mairesse Josée Néron avait rapidement répondu que la Ville agissait en toute légalité. C’est tout à fait légitime, si pour vous il n’est pas légitime vous pourrez aller devant les tribunaux, avait indiqué la mairesse.

La greffière Caroline Dion avait expliqué que la modification au plan d’urbanisme n’était pas soumise  à l’approbation des personnes habiles à voter.

Les opposants étaient représentés par Me Éric Lebel. 

Le projet

Le projet de bioparc visait l'implantation d'un complexe de biométhanisation où des matières putrescibles, comme des résidus agricoles, pourraient être traitées dans un digesteur pour produire du gaz naturel renouvelable (GNR).

Celui-ci serait par la suite injecté dans le réseau de gaz naturel existant. C’est l’entreprise Agriméthane Saguenay qui s’y serait implanté. 

Le projet aurait également permis de capter les gaz à effet de serre (GES) qui se dégagent de l'ancien site d'enfouissement sanitaire de Laterrière.

Selon la mairesse de Saguenay, Josée Néron, le fait de lier les deux permettait à la Ville de réduire les coûts.

Le besoin de capter les gaz de l'ancien site demeurera, mais il ne sera plus lié à l'usine de biométhanisation.

Les Laterrois exigeaient un référendum

Plusieurs habitants du secteur avaient déploré l'absence de référendum pour ce projet. Ils avaient clamé d’une même voix que la consultation publique n’était pas représentative de l’avis des citoyens. Le bioparc n’a pas l’acceptabilité sociale des gens de Laterrière, avait lancé une habitante du rang Saint-Paul.

Annie Truchon avait même réclamé un référendum sous les applaudissements de l’assistance. Mme la mairesse, on veut un référendum pour le projet du bioparc! , avait-elle revendiqué.

Inquiétudes autour du projet

Trois intervenants étaient présents pour répondre aux questionnements des citoyens. Patrick Bérubé le directeur général de Promotion Saguenay, Marie-Christine Tremblay en tant que porte-parole de la division aménagement du territoire et de l’urbanisme ainsi que Benoit Paré, président et chef du Centre de traitement biomasse de la Montérégie.

Six personnes sont assises à deux tables.

Le directeur général de Promotion Saguenay, Patrick Bérubé, le président du Centre de traitement de la biomasse de la Montérégie, Benoit Paré, et la cheffe de division urbanisme et planification à la Ville de Saguenay, Marie-Christine Tremblay, étaient présents pour répondre aux questions des citoyens.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Les citoyens étaient inquiets en ce qui concerne le transport dans leur quartier, le bruit causé par ces camions lourds et l’odeur générée par le site. Mais, surtout ils en avaient contre le site choisi pour l’implantation du bioparc.

M. Paré prenait comme exemple le site de traitement de biomasse de sa région, indiquant qu'au début, il y avait des problèmes de voisinage avec le centre de Saint-Pie.

La dynamique du bruit et du transport peut être mal gérée, on a fait un comité des citoyens et on pouvait faire annuler des contrats. Quand on met les bonnes pratiques en place, ça peut marcher avec le voisinage. Il faut émettre de la discipline, ça dépend du transporteur, avait alors indiqué Benoit Paré.

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