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Les prix du pétrole atteignent un sommet en 7 ans

Des puits de pétrole.

L'OPEP+ a mis sur pied une stratégie de reprise lente de sa production de pétrole.

Photo : Getty/David Jones

Radio-Canada

Les prix du pétrole ont bondi lundi après que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés eurent décidé de maintenir leur stratégie visant à augmenter progressivement sa production d'or noir.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la Russie et leurs alliés ont décidé de limiter leur augmentation de productions à 400 000 barils de plus par jour en novembre.

Cette décision du cartel est conforme au plan qu’il avait déjà établi dont l’objectif était d’ajouter cette même quantité de barils chaque mois, jusqu’au retour au niveau de production avant les importantes réductions faites en 2020 pour soutenir les prix durant la pandémie.

Cette décision survient dans un contexte de reprise économique et alors que la demande pour les produits du pétrole comme l’essence et le kérosène est en hausse.

De plus, les prix anormalement élevés du gaz naturel poussent les producteurs d’électricité en Asie à se tourner vers des produits du pétrole, ce qui aide à en soutenir les prix.

Le prix du baril de pétrole brut a atteint 78,38 $ US, son plus haut niveau depuis 2014, avant de se contracter légèrement pour clôturer la séance à 77,87 $ US sur le New York Mercantile Exchange. Les cours du baril de Brent ont quant à eux atteint à 81,57 $ US, une augmentation d’environ 3 %.

Les pays producteurs et l’OPEP+ doivent être prudents et ne pas permettre aux prix de trop augmenter, sans quoi nous pourrions observer une réaction indésirable qui affecterait négativement la reprise économique post-pandémique, explique Bjornar Tonhaugen, chef des marchés pétroliers au cabinet d'études spécialisé Rystad.

Néanmoins, OPEP+ continuera certainement à surveiller les développements du marché et peut modifier ses politiques au besoin, ajoute-t-il.

Les membres de l’OPEP+ doivent se réunir à nouveau le 4 novembre.

Bonne nouvelle pour le Canada?

Cette augmentation des prix du pétrole pourrait engendrer des embauches dans les champs de pétrole canadiens, durement touchés par la chute des prix du brut au cours des sept dernières années.

Nous n’avons pas vu ces prix depuis 2014, dit l’analyste de la banque d'investissement Raymond James, Jeremy McCrea.

Il ajoute que les pétrolières profitent de cette rentrée d’argent pour améliorer leurs bilans financiers et rembourser leurs dettes.

Beaucoup des entreprises auxquelles nous avons parlé reconnaissent qu’elles ont peut-être mis à pied un peu trop de gens en 2020. Maintenant elles pensent à les réembaucher, explique-t-il.

Un autre avantage pour les producteurs canadiens est la réduction de l’écart de prix entre les références du brut américain et canadien, soit le West Texas Intermediate (WTI) et le Western Canadian Select (WCS). Cet écart est actuellement d'environ 10 à 12 $ du baril.

Les choses pourraient s’améliorer davantage grâce à l’annonce de la société Enbridge, la semaine dernière, de la mise en service de la canalisation 3 dès le 1 octobre.

Nous croyons que la mise en service de la ligne 3 d'Enbridge va éliminer les besoins de faire appel au transport par rail, ce qui devrait réduire encore plus l’écart entre le WTI et le WCS en raison de la diminution des coûts de transport, a déclaré le directeur général de la recherche sur les actions pétrolières et gazières de BMO Marchés des capitaux, Randy Ollenberger, dans une note de recherche envoyée à des clients.

Quel impact sur la reprise économique?

Bank of America a récemment averti que cet hiver les prix du pétrole pourraient atteindre 100 $ US du baril pour la première fois depuis des années.

Les Canadiens, qui ont fait face à une augmentation du prix de l’essence cet été, pourraient également faire face à une augmentation de leurs factures de chauffage cet hiver en raison de l’augmentation des prix du gaz naturel.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a fait part de ses inquiétudes concernant l’augmentation des prix du pétrole lors d’une rencontre avec l’Arabie Saoudite la semaine dernière.

Avec d’autres membres de sa délégation, il a réitéré l’importance de créer des conditions favorables à la reprise économique mondiale.

L’analyste en chef pour le secteur pétrolier de la firme IHS Markit, croit pour sa part qu’il faudrait un alignement parfait de tous les facteurs pour que le prix du baril atteigne 100 $ US d’ici Noël.

Les prix vont rester à ce niveau jusqu’à ce qu’il y ait des indications concernant une augmentation de l’approvisionnement, peut-être pas seulement en Amérique du Nord, mais à l’échelle mondiale, dit-il.

Avec les informations de Associated Press

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